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Accueil » Opinions » Serie de catastrophe au Sénégal : Malédiction ou fatalité (Par Bocar Sy)
Opinions

Serie de catastrophe au Sénégal : Malédiction ou fatalité (Par Bocar Sy)

PBy P15 mai 2017Aucun commentaire5 Mins Read
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Ni l’une ni l’autre ! Alors pourquoi ne  se passe-t-il pas un jour sans qu’une catastrophe ne vienne nous attrister au point que nous avons fini par être  indifférents à nos propres drames et si sensibles à celui des autres ? Il  n’y a que dans ce pays appelé Sénégal que les routes,  les incendies, les naufrages  de pirogues, les catastrophes font des dizaines et des dizaines de morts  sans que  la population (sauf les proches) et les autorités  politiques  et religieuse s’émeuvent. Aucun  responsable politique  ou  haut fonctionnaire qu’il soit premier ministre, ministre et même Préfet ou Gouverneur   ne  daignera entamer la réflexion avec les «voix autorisées» pour trouver  une solution et éviter ainsi la répétition. Nous sommes des êtres de l’instantané, passé le moment de l’émotion nos sentiments retombent dans les profondeurs de l’indifférence et  de l’oubli.

Les  dernières catastrophes celle du «Daca» et celle de  Betenti ont ému le Chef de l’état qui s’est rendu sur les lieux accompagné d’une cohorte de journalistes ceux-là même qui auraient dû le précéder sur les lieux et nous tenir informés au plus près des événements. Le Président Sall a octroyé des aides financières et élevé les orphelins au rang de pupilles de la nation. Voilà des gestes que nous pouvons que saluer. Mais outre ces péplums, aucune mesure préventive pour éviter de futures catastrophes. Aucune  action proactive. Nous ne pourrons jamais circonscrire ces catastrophes tant que des mesures radicales ne seront prises contre les attitudes criminelles des responsables du plus petit exécutant au responsable le plus élevé.

La fatalité est une chose mais des  responsabilités et des responsables il y en a : le piroguier qui surcharge sa barque au point que la proie de son embarcation  s’enfonce dangereusement dans les flots, le chauffard qui fait la course avec des passagers entassés dans sa guimbarde, celui qui remonte une rue en sens interdit, le Sénégalais inconscient qui érige un building de plusieurs étages sur un bâtiment destiné à m’en recevoir qu’un seul, les exemples sont nombreux. On pourrait les égrener à l’infini. Tout ceci ne relève que d’une chose : l’indiscipline doublée de l’inconscience. La fatalité en sus. Ils sont nombreux qui finissent par se sentir intouchables parce qu’aucune sanction véritable n’est à craindre. Rien !  Pourquoi pleurons nous les morts des autres et les nôtres … ?  Un mort est un mort certes  nous devons d’où qu’il soit  nous incliner devant sa dépouille.

Le Sénégal  a banalisé ses drames parce que notre quotidien en est tellement remplis. Il ne se passe pas un jour sans que  les journaux n’affichent en premier page une grande catastrophe  avec pour corolaire  des morts par dizaines et d’innombrable blessés.   Et encore mieux nous sommes devenus tellement inconscients de nos propres  turpitudes que nous finissons par incriminer le sort. Si ce n’est le sort qui s’acharne sur nous, c’est une malédiction qui nous tombe dessus. Pauvres de nous. Alors que les autorités décrètent un deuil passé toujours inaperçu, rares sont les organes de presse qui se penchent sérieusement sur le sujet pour nous éclairer. Pas de pages spéciales pour remonter aux origines du drame. Rien !  Quel  étrange pays que le nôtre ou plus rien ne nous émeut là où les Media d’autres pays auraient consacré des heures et des heures de traitements,  de reportages de pages spéciales aux événements nos médias évoquent à peine le sujet s’ils ne l’ignorent pas tout simplement.

Nos émotions se sont émoussées avec le temps et la succession ininterrompue des drames  nous a  immunisés.  Si ce n’est pas 15 morts dans un incendie, c’est 20 morts dans une pirogue ou 30 dans une collision.

C’est à se demander à quoi servent les sanctions. Retournons aux fondamentaux : à l’éducation,  à l’enseignement moral, aux devoirs  civiques, à l’information et la sensibilisation en amont sans oublier  bien entendu les sanctions en aval autrement le Sénégal  continuera à se mortifier devant les événements  dramatiques dont il pourrait faire l’économie. Incivisme, indiscipline, irresponsabilité  sont devenus les lots et  comportements quotidiens du Sénégalais. Triste exemple pour nos enfants qui eux même ont fini par adopter ces comportements comme normes. L’indifférence est devenue l’un de nos   comportements les plus courants.

Nous ne sommes plus concernés.  Nous n’apprenons pas non plus de nos malheurs. C’est bien chez nous que la plus grave catastrophe maritime du monde moderne  est survenue. Il y a à peine quelques années  la catastrophe du Diola  a fait des milliers de morts  reléguant celle  du Titanic au second rang dans le livre de records du Guiness book (pardon pour la comparaison).

Et la vie continue tranquillement rythmée par nos perpétuels gémissements et complaintes jusqu’à la prochaine grosse catastrophe. Parce que quoi que l’on dise notre ignorance et notre indiscipline sont à l’origine de tous nos maux. Il n’est pas question de dédouaner l’Etat non plus,  il ne se passe un jour sans son lot d’images horribles de corps mutilés, de pleurs et de complaintes de familles entières  dont un membre  n’a pu avoir accès à des soins élémentaires dans nos hôpitaux faute d’appareils en état  de fonctionner.  Dieu que le Sénégalais est devenu insensible à ses propres souffrances.  Malédiction ou coup du sort. Dieu que la fatalité est  devenue son lot de consolation. Dans ce petit pays fière de sa démocratie et de ses pauvres acquis sociaux,  prompt à s’enflammer  (au propre comme au figuré) pour affirmer son  indépendance,  plus personne ne s’indigne, plus personne n’est responsable,  encore moins coupable. Advienne que pourra ! Rassuré par nos propres convictions tout nous paraît inévitable. Réfugiés derrière notre fatalisme  nous en arrivons même à nous absoudre de nos propres turpitudes. Nous sommes devenus aphones,  aveugles, sourds et impuissants devant nos malheurs.

Bocar Sy

Expert en communication

incendie Sénégal
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Il a su lier la rigueur de la loi religieuse visible (la charia, la Sunna) aux profondeurs de la mystique soufie. Ce qui avait étonné le colon chez Maodo, c’était cette forme d’éducation mystique religieuse qu’il avait fait essaimer dans les quatre coins du pays. Alors qu’au même moment, les peuples de l’Occident étaient agités, l’église érigée en contrepouvoir, fragilisée. La France n’a pas succombé à cela, naturellement, mais elle a cédé beaucoup plus de droits à ses citoyens au-delà des exigences de la 3e République, loin de la survivance des lois monarchiques. Maodo Malick a créé un espace religieux qui a permis de regrouper tous les hommes qui étaient à la recherche d’énergie en Dieu le Glorifié. Il était un miroir par lequel le visage de Cheikhou Tijan (ra) s’affichait clairement. Dans sa démarche ésotérique (les profondeurs de la mystique soufie – Tassawouf), d’où sa puissance de mystique avérée, étoffée par une science exotérique, il avait fait de ses enseignements des levains immuables pour accéder au Divin, l’Ineffable. Le soufisme prôné par Maodo s’est incarné dans le corps culturel de notre pays, une évidence supralogique au-delà du corps transparent de l’homme et à l’hypertrophie du droit colonial évincé par la quête de Dieu sur nos terres. Il s’était installé à Tivaouane jadis envahie par les vices et les laudateurs païens. Mais par sa haute stratégie, il réussit à transporter tout ce monde dans un voyage vers Dieu à travers les symboles de la philosophie de Cheikh Tidjan. Et cela rappelle le Hijaz du 7e siècle, le Prophète Muhammad (psl) avait un devoir de réorganiser les consciences et de transposer chez chaque être Dieu avec un entendement progressif du Livre Saint. Il a réussi à calibrer les hommes, de sorte qu’ils n’oublient point les faits inhérents à leur foi, à leur amour, à leur tolérance et à être les disciples d’un homme autre que lui, dont lui-même est tombé amoureux, Aboul Abass (ra). Il avait d’ailleurs fini par avoir accès à son intimité mystique. Il a restauré le pacte initial du Prophète sur cette terre devenue sainte (Tivaouane) grâce à lui, se présentant comme la synthèse de deux hommes, avec l’intériorisation d’un message sous sa forme la plus pure loin de toute distanciation à opérer, et uniquement à se focaliser sur le message de Cheikh Tidjan Cherif (ra) qui parle de métaphysique (Dieu en tout) et de cosmophysique (la nature en son Prophète). Maodo a su apprendre à ses disciples avec élégance comment percer les voiles de la science extérieure de l’unicité de Dieu et comment pénétrer l’état intérieur de cette unicité en passant par les canaux de la Tarikha Tijan. D’où ce nœud fécond qui lie l’ésotérisme (quand l’initié est sur le point de manier ce qu’il ressent) et l’exotérisme (quand il s’applique dans sa démarche initiatique soufie). Maodo fut par excellence l’archétype du savant soufi. Avec une haute discrétion, il avait réglé les crises spirituelles de beaucoup d’hommes agités, qui cherchaient Dieu sans réellement avoir en main la bonne posologie des secrets qu’ils détenaient. Il avait fini par se saisir des mystères du Cosmos et des essences de la lumière Muhammadienne, qu’il a diffusées avec une science raffinée partout dans le pays sous l’œil impuissant du colon. À travers l’épistémologie soufie, il enseigna la gustation complète de la Salatul Fatihi à tout homme cherchant à assainir son paysage et ensuite la dégustation mystique des résultantes de la première étape. 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