Il est sorti de l’ombre après huit longues années. Mardi soir, René Capain Bassène, la voix encore grave par l’émotion, a livré son premier message en tant qu’homme libre. Libéré grâce à une grâce présidentielle de Diomaye Faye, le journaliste écrivain, dernière figure encore incarcérée du drame de Boffa Bayotte, n’a pas choisi la colère. Il a choisi le pardon.
«J’ai été injustement arrêté et condamné, mais je pardonne parce qu’il faut vraiment pardonner», a-t-il soufflé face aux journalistes. Pourtant, le poids de huit ans de réclusion criminelle à perpétuité pour le massacre de 14 coupeurs de bois (janvier 2018) ne s’efface pas d’un claquement de doigts. L’homme, qui n’a cessé de crier son innocence, a d’abord remercié le président et tous ses soutiens. Mais très vite, sa pensée a dérivé vers les victimes et la vérité absente.
«Je ne suis pas le malfaiteur que les gens croient», a-t-il martelé, rejetant une étiquette qui lui colle à la peau. Désormais libre, il ne souhaite qu’une chose : que la lumière éclate sur ce massacre qui a endeuillé la Casamance. «Je prierai toujours pour que la vérité éclate», a-t-il conclu. Un chapitre judiciaire se tourne. Pour lui, la quête de réhabilitation ne fait que commencer.
