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Accueil » Opinions » Fuites au BAC 2017 : Plutôt qu’une comédie, une tragédie (Par Adama Ndione)
Opinions

Fuites au BAC 2017 : Plutôt qu’une comédie, une tragédie (Par Adama Ndione)

PBy P10 juillet 2017Aucun commentaire9 Mins Read
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Dakarmidi – Les épreuves de rechange pour le Bac 2017 sont en cours depuis ce matin. Beaucoup de choses ont été dite depuis une semaine sur la question aussi. D’aucuns y voient déjà une floraison de critiques et trop de littérature dans les débats relatifs à la fuite en avant qui a accompagné les fuites dans les épreuves du Bac 2017. Cette question cruciale à mon avis mérite encore plus de dénonciations véhémentes que les Sénégalais n’en ont déjà fait, tellement l’affaire est sérieuse.

PLUTÔT QU’UNE COMÉDIE, UNE TRAGÉDIE :

Il est même surprenant que certains parmi les sénégalais, se soient permis d’en rigoler. C’est loin d’être une mince affaire, et certains ne semblent toujours pas mesurer à quel point cette affaire est sérieuse. Il y a cinq jours, le journal « Le Monde » titrait : « Au Sénégal, les corrigés du BAC étaient déjà disponibles sur whatsap avant l’examen ».

On ne se rend même pas compte à que point le Sénégal vient de donner un signal fortement négatif, quant aux futurs bacheliers de l’école sénégalaise à l’échelle internationale. Pour un pays qui a l’ambition d’émerger parmi les plus grands, tout en sachant que l’éducation est d’une importance capitale (le socle, la pierre angulaire même de cette émergence), il est inconcevable qu’on ne dénonce pas jusqu’à la dernière énergie, ce qui s’est passé.

LES PROFESSEURS DE PHILOSOPHIE AVAIENT SONNE L’ALERTE :

Déjà le fait de pourvoir une connotation aussi peu méliorative à notre BAC fait que ceci soit une sérieuse hypothèque pour nos futurs étudiants. Et c’est aussi le résultat d’un laxisme latent au fil des années et qui est devant patent seulement maintenant grâce, dit-on, aux réseaux sociaux.

Les professeurs de Philosophie semble-t-il avaient déjà donné le ton en montant au créneau. Mais des lobbies ont vite fait d’étouffer la grogne, dans l’œuf. Une meilleure prise en charge de ce spleen aurait peut-être évité ce qui s’est passé en début de semaine. Du coup, ce qui aurait pu et dû être un artefact de stimulation pour une meilleure prise de conscience des autorités de l’Office du Bac, n’a été réduit qu’à une simple affaire triviale, balayée d’un revers de main.

L’ANNULATION N’AURA PAS LIEU :

Le bien-fondé de la théorie de l’annulation de ce courant baccalauréat reposait sur quelques observations qui peuvent être faites faites.

D’abord, rien ni personne ne peut prouver que les matières poursuivies n’ont pas été affectées par des fraudes latentes, surtout du côté des séries dites scientifiques. Ensuite, le fait de colmater les brèches de gauche à droite ne garantit aucune consistance par rapport aux attentes vis-à-vis de cet examen. Aussi, le fait que l’examen soit si désarticulé fait que le format n’est pas celui qu’il devait être, car le format du Bac sénégalais a toujours été linéaire.

Autre chose, apparemment le gros souci est la grosse manne financière qui pourrait être inhérente à une annulation et un possible report de ce Bac. Cela allait être très onéreux d’annuler l’examen certes, mais les possibles conséquences de ce maintien peuvent être, à mon avis, assez sérieuse et plus dommageables pour les futurs diplômés, compte tenu de l’internationalisation de l’info sur les fraudes massives intervenues dans ce Bac Sénégalais 2017.

RÉACTIONS CORPORATISTES OU CONVICTION DE SABOTAGE ?

Parmi les enseignants (dont j’ai fait partie pendant 4 bonnes années) il y en a qui, par sursaut de corporatisme ou par sentiment de frustration et de dépit (c’est selon, et cela se comprend aussi), brandissent la thèse du sabotage concernant ces fuites tous azimuts.

Il se pose un réel problème de ce point de vue, car s’il est compréhensible que les affinités que l’on a réussi à tisser avec certains responsables impliquées directement ou indirectement dans la gestion du Bac, ou en tout cas ceux-là qui sont mis en cause, il l’est un petit peu moins, du point de vue que l’on veuille faire croire vaille que vaille à l’opinion que les personnes incriminées et poussées à la démission (car leur responsabilité étant engagée au plus haut point) ne sont pas coupables (ou responsables, tout au moins), mais sont juste victimes de plans ourdis par des forces tapies dans l’ombre avec des agendas cachés. Cette thèse a vraiment du mal à passer.

Parce que dès lors qu’on est convaincu qu’il y a eu du sabotage, on devrait savoir a priori d’où est-ce qu’elle pourrait venir. Ou en tout cas donner des pistes concrètes aux enquêteurs pour ne serait-ce que leur faciliter la tâche. Et cela ne fait que justifier de la nécessité de changer le style d’administration de l’institution qu’est l’Office du Bac. On attend avec impatience les conclusions de l’enquête.

L’ORGANISATION DU BAC EST LÉGITIMEMENT MISE EN CAUSE :

Il est aussi des théories qui défendent l’idée selon laquelle le baccalauréat serait l’examen le mieux organisé au Sénégal, tandis que d’autres, qualifiant cette thèse de factice et risible, affirment que ces fraudes ne datent pas aujourd’hui, et que les réseaux sociaux ont accentué la médiatisation de la fraude ? Qui croire ? Qui récuser ? Qui a tort ? Qui a raison ? Nous savons tous qu’il y a une partie qui dit la vérité, et une autre qui ne la dit pas. A vous de juger.

Cependant ce que l’on sait, c’est qu’avant ces événements de mardi dernier, les anticipés de Philosophie avaient déjà suscité le spleen des professeurs de la discipline. Mais leurs complaintes n’ont (visiblement) pas trouvé une oreille attentive.

CHANGER ASSEZ SOUVENT DE DIRECTEUR, UNE SOLUTION MODERNE DE BONNE GOUVERNANCE :

De manière rationnelle et dans un souci de bonne gouvernance, on ne devrait pas occuper un poste aussi sensible et stratégique que l’Office du Bac pendant des décennies. Ceci n’est pas un jugement de valeur mais une observation empiriquement démontrée dans les pays développés et à démocratie exemplaire. Babou Diaham, professeur de Chimie à l’Ucad, était à l’Office du Bac depuis 2001, année où il avait remplacé Mamadou Faye.

Car le problème avec ces directeurs qui restent pendant longtemps à leur poste, c’est qu’il y a les risques d’affinités qui se tissent, les amitiés, les convivialités qui du font du long cheminement ensemble, se transforment à la longue, en une sorte de « laxisme » et de complaisance qui refuse au responsable toute mesure de coercition et de contrôle rigoureux. Une sorte de confiance « aveugle » qui est souvent très risqué, dans le domaine de l’administration.

Cette « confiance » naturelle et inconsciente qui se construit au fil des ans entre ce directeur et ses agents devient si conciliante et « normale » qu’elle phagocyte toutes mesures contraignantes entre le responsable et ses agents; ce qui peut conduire ces agents à profiter des brèches ouvertes par les affinités.

Ce qui peut conduire à ce que l’on sait, parce que la chaîne va se construire autour des intermédiaires, d’où les facilités de fraudes. Dans le système judiciaire sénégalais, rares sont les procureurs de la République qui font plus de cinq ans dans un même poste, pour les raisons évoquées ci-dessus. L’ancien ( ?) directeur de l’Office du Bac a certainement fait du bon travail à la tête de l’institution. Mais à force de durer à son poste, on finit par s’user et se fatiguer.

La responsabilité de Diaham était forcément engagée, malgré le travail colossal qu’il a abattu à la tête de l’institution. On ne peut pas être à la tête d’une structure et ne pas être garant de son bon fonctionnement, ou être responsable des failles qui s’y décèlent. On ne saurait s’absoudre de ces fuites du Bac par des fuites en avant ou en tout cas se dédouaner. Beaucoup se sont rejeté la responsabilité.

La chaîne est longue cependant, et est loin d’être réductible aux organisateurs du Bac. Les intermédiaires ont contribué à précariser la vie des plus pauvres et des plus faibles qui n’ont pas toujours les moyens de s’octroyer les passe-droits des riches. Au sein même du système de l’enseignement, nombreuses sont les affectations qui ne se sont pas faites dans les règles de l’art.

TROUVER DES ALTERNATIVES, ET VITE :

Des solutions alternatives sont bien possibles. Que l’ancien Directeur de l’Office du Bac ait démissionné ou qu’il ait été contraint à le faire importe peu. Toujours est-il que dans un pays à démocratie en bonne santé, la culture de la démission est ancrée dans la mentalité des citoyens, de sorte que dès qu’on échoue on part dans la foulée. Avec dignité et honneurs.

Ne pas être dans la critique facile est aussi important. Aujourd’hui il est beaucoup question des TIC et de leur contribution à la bonne gouvernance. Il serait judicieux de les utiliser à bon escient, afin de mieux sécuriser cet examen.

MODUS OPERANDI

Pour ce baccalauréat courant, le mal est déjà fait, et apparemment il sera maintenu malgré les fraudes massives. Mais quelles solutions apporter maintenant ? Il faut numériser le processus, et impliquer la Gendarmerie Nationale. Qu’elle ne joue plus seulement le rôle d’acheminement des épreuves vers les gouvernances régionales.

Ce faisant, partant du fait que tous les présidents de jury sont dotés de clés USB et d’ordinateurs, il faudra y inclure le volet sécurité informatique. Car il y a des solutions informatiques capables de faire l’affaire. Nous avons des développeurs qui peuvent concevoir des systèmes de codes généraux, qui seront envoyés à l’ensemble des présidents de jury sur le territoire national, à seulement 10 minutes du début des épreuves. Ainsi, grâce à cette méthode, chaque président de jury recevra l’alerte du code secret de sa boîte d’épreuves en même temps, afin d’ouvrir ses épreuves devant les élèves et les professeurs et surveillants.

Au préalable, la Gendarmerie Nationale (GIGN ou Gendarmerie Territorial etc. – je ne sais pas trop –) aura déjà assuré la protection stricte de la chaîne de reproduction, réduite à 5 personnes au grand maximum. Dans ce casting la confiance et l’intégrité des membres sera de rigueur. Il ne s’agira pas d’avoir cheminé avec Babou Diaham pendant 15 ans pour y figurer. Il faudra vraiment être un agent digne de confiance, d’intégrité morale, et de probité candide pour y être.

Un Sénégal émergent, pays de droit, d’équité et d’égalité est bien possible. Mais pour cela, il faut que chacun, que chaque sénégalais et chaque sénégalaise, fasse de ce projet de société une affaire personnelle, et y apporte sa contribution, aussi minime soit-elle.

Adama Ndione Bac 2017 Dakarmidi
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Il a su lier la rigueur de la loi religieuse visible (la charia, la Sunna) aux profondeurs de la mystique soufie. Ce qui avait étonné le colon chez Maodo, c’était cette forme d’éducation mystique religieuse qu’il avait fait essaimer dans les quatre coins du pays. Alors qu’au même moment, les peuples de l’Occident étaient agités, l’église érigée en contrepouvoir, fragilisée. La France n’a pas succombé à cela, naturellement, mais elle a cédé beaucoup plus de droits à ses citoyens au-delà des exigences de la 3e République, loin de la survivance des lois monarchiques. Maodo Malick a créé un espace religieux qui a permis de regrouper tous les hommes qui étaient à la recherche d’énergie en Dieu le Glorifié. Il était un miroir par lequel le visage de Cheikhou Tijan (ra) s’affichait clairement. Dans sa démarche ésotérique (les profondeurs de la mystique soufie – Tassawouf), d’où sa puissance de mystique avérée, étoffée par une science exotérique, il avait fait de ses enseignements des levains immuables pour accéder au Divin, l’Ineffable. Le soufisme prôné par Maodo s’est incarné dans le corps culturel de notre pays, une évidence supralogique au-delà du corps transparent de l’homme et à l’hypertrophie du droit colonial évincé par la quête de Dieu sur nos terres. Il s’était installé à Tivaouane jadis envahie par les vices et les laudateurs païens. Mais par sa haute stratégie, il réussit à transporter tout ce monde dans un voyage vers Dieu à travers les symboles de la philosophie de Cheikh Tidjan. Et cela rappelle le Hijaz du 7e siècle, le Prophète Muhammad (psl) avait un devoir de réorganiser les consciences et de transposer chez chaque être Dieu avec un entendement progressif du Livre Saint. Il a réussi à calibrer les hommes, de sorte qu’ils n’oublient point les faits inhérents à leur foi, à leur amour, à leur tolérance et à être les disciples d’un homme autre que lui, dont lui-même est tombé amoureux, Aboul Abass (ra). Il avait d’ailleurs fini par avoir accès à son intimité mystique. Il a restauré le pacte initial du Prophète sur cette terre devenue sainte (Tivaouane) grâce à lui, se présentant comme la synthèse de deux hommes, avec l’intériorisation d’un message sous sa forme la plus pure loin de toute distanciation à opérer, et uniquement à se focaliser sur le message de Cheikh Tidjan Cherif (ra) qui parle de métaphysique (Dieu en tout) et de cosmophysique (la nature en son Prophète). Maodo a su apprendre à ses disciples avec élégance comment percer les voiles de la science extérieure de l’unicité de Dieu et comment pénétrer l’état intérieur de cette unicité en passant par les canaux de la Tarikha Tijan. D’où ce nœud fécond qui lie l’ésotérisme (quand l’initié est sur le point de manier ce qu’il ressent) et l’exotérisme (quand il s’applique dans sa démarche initiatique soufie). Maodo fut par excellence l’archétype du savant soufi. Avec une haute discrétion, il avait réglé les crises spirituelles de beaucoup d’hommes agités, qui cherchaient Dieu sans réellement avoir en main la bonne posologie des secrets qu’ils détenaient. Il avait fini par se saisir des mystères du Cosmos et des essences de la lumière Muhammadienne, qu’il a diffusées avec une science raffinée partout dans le pays sous l’œil impuissant du colon. À travers l’épistémologie soufie, il enseigna la gustation complète de la Salatul Fatihi à tout homme cherchant à assainir son paysage et ensuite la dégustation mystique des résultantes de la première étape. Et quand un disciple finit cette initiation, il ne peut qu’être calme, serein et humble, mais aussi et surtout doté d’inspiration (Ilhâm) et de dévoilement spirituel (Kashf). Et Maodo l’avait réussi chez chaque aspirant dans cette voie éclairée à haute tension, qu’il a su réguler avec une ingéniosité hors norme. La purification et le dépouillement qui proviennent de cette riche école des consciences qu’il a instaurée ont conféré à ce même aspirant une nouvelle chair, comme le serpent qui se départit de son exuvie. Maodo n’était en concurrence avec personne. Bien au contraire, il était au service de tous les hommes de sa génération dont l’unique oxygène était la Sunna. Les faits de la métahistoire prouvent cela à suffisance. Quand on aime Dieu, on se suffit de Lui ; quand on Le redoute, on devient compatissant avec les autres et quand on sent Sa présence à nos côtés, on ne peut avoir un autre ami que Lui. C’est grâce à ces outils très sélects qu’il a instauré ses Zawiyas dans les coins les plus stratégiques du pays. Le colon l’avait suivi dans sa démarche qui reposait sur un principe philosophique limpide et cohérent. L’extraordinaire profondeur de sa pensée et son aptitude à accompagner chaque âme dans sa quête d’agrément du Seigneur (Dawamou Choukri) ont capté l’attention des érudits sur sa grande dimension d’émérite enseignant. Lui qui s’est complètement abandonné à Cheikh Ahmed Tijan (ra) pour qui, par Dieu et pour Dieu, il avait une tout particulière adoration. Un éminent homme avec des titres et grades aussi élevés, conférés par Dieu, estampillés par Cheikh Ahmed Tidjan (ra) et son Illustre grand-père (psl), mérite de la part de chacun affection, respect et considération ! Sheikh Alassane Sène « Tarëe Yallah » Disciple du Prophète Muhammad (psl)

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