Les vraies raisons de la crise universitaire au Sénégal

Dakarmidi – Les événements de Sanar ne sont qu’une partie visible d’un iceberg immergé dans le large d’un océan d’incompétence.

Si tu voyais comment les étudiants passent la nuit aux portes de l’une des banques de la place… J’en connais certains qui sont restés un an sans pouvoir disposer de leur carte bancaire; ce qui leur sert notamment de sésame pour toucher leur maigre bourse de subsistance.

En tant qu’ancien étudiant du département d’anglais de l’Université Cheikh Anta Diop, originaire de la même ville que le fameux étudiant Balla Gaye, tristement célèbre pour avoir été assassiné dans les mêmes conditions, je suis bien placé pour témoigner de ce que représente une bourse, une bourse sociale et une aide pour ces braves jeunes de la nation, plus particulièrement ceux qui habitent les régions.

J’étale ici, pour ceux qui ne le savent pas et pour rappel au président de la république qui a pourtant vécu les mêmes conditions, les différentes pensions octroyées aux étudiants nationaux: Il y’a l’aide scolaire, la demi-bourse et la bourse entière. Leurs montants par ordre d’importance et chronologique sont de 60000 francs CFA/une seule fois dans l’année; 18000francs CFA/mois et de 36000 francs CFA/mois, et elles sont perçues par ceux qui passent directement aux examens de juillet (11% du nombre global de la population estudiantine); quelques cas sociaux repartis entre les différentes facultés (0,8% LOL) et quelques étudiants qui obtiennent le bac avec une mention et de très bonnes notes au lycée (0,003%); ce qui fait au maximum, moins de 15%. Tout le reste bénéficie des aides de 60000 francs CFA; Une politique initiées par le président Abdoulaye Wade. Cette élite estudiantine qui réussit à l’obtenir, est perçue par leurs pairs, les dizaines de milliers qui ne l’ont pas, comme les plus nantis d’une jungle d’intellectuels.

Le stress dans les 5 campus sociaux du pays attestent des conditions de précarité que vivent cette crème de la jeunesse sénégalaise.

Celui-ci est perçu jusqu’aux files d’attente kilométriques de 7h du matin, 11h du matin et 19h au niveau des portes des restaurants Self, Argentin, Médical, Ensut etc. Les connaisseurs des trois repas des universités connaissent! LOL. Après plusieurs nuits de veillées devant les différents centres de paie, le trésor fait enfin sourire ces gens visiblement délivrés du joug de la faim et de la puanteur, faute de savon pour se décrasser.

Certains « nantis » temporaires peuvent enfin s’offrir du bon Thiébou Dieune bou fatt tarathie de luxe à midi, au restaurant le Guet Ndar chez Mère Coumba à 500 francs CFA! Ndeysane!

Le reste, aux calculs hésitants, vont suivre une autre file d’attente aussi longue que Safa et Marwa pour s’approvisionner en tickets de restauration dont les prix du petit déjeuner est de 75francs CFA et celui du déjeuner, 150 francs CFA. Le montant global des tickets du mois qui s’élève à 11250 francs CFA est retenu par la mémoire sélective de tous ceux qui en usent, comme leur première table ne multiplication.

Pour un demi-boursier, les 6750 francs CFA restants de la bourse du mois servent à jongler entre les frais de billets des cars ndiaga ndiaye, cars rapides et bus pour les week-ends, les effets de toilette, le thé et les seddo crédit pour appeler la famille au village. Ces calculs mentaux ne leur suggèrent point d’achat d’habits, de fascicules vendues à la sauvette encore moins de sortie du campus social.

Et pourtant, leurs familles, l’état et les citoyens en global, pensent qu’ils ont des salaires.

C’est aussi inadmissible que le montant du per diem de la population carcérale, récemment revu à la hausse (1000 francs CFA/jour, soit 30000francs CFA) soit supérieur aux demi-bourses (18000F/mois) et presque égal aux bourses-entières (36000 francs/mois).

Et cela étonne encore que des intellectuels se transforment en voleurs de deniers publics… Mon vieux!!! comme dirait mon père.

Rest in peace brother Mohamed Fallou Sène

Doudou Aïdara

#JePiétineL_APR #DoudouAidara
Responsable Com’ Rewmi Tivaouane