Dialogue politique au Sénégal, un labyrinthe à mille façades

Dakarmidi – « Je veux dialoguer, moi non plus !  » Tel semble être l’échange établi entre les hauts responsables politiques de ce pays qui prétendent pourtant à un dialogue sincère. Macky Sall a tendu la main à l’opposition et à la société civile pour un dialogue, sans vraiment de manière transparente, en définir les contours et surtout le contenu. En clair, il ne les met pas dans les conditions, de faire valoir , une fois sur la table des négociations, leurs idées pour espérer qu’elles aient en retour, des incidences sur la vie politique nationale. Et cette attitude tout de même déplorable du Président Macky Sall sème le doute, chez certains ténors de l’opposition comme Abdoulaye Wade. Fort de son expérience acquise, pour avoir traversé le désert politique sénégalais, et déjoué moult pièges, le Pape du Sopi évite de tomber, dans ce qui pourrait bien être un traquenard, habilement posé par le Président de la république. Ainsi il a refusé d’aller à la table du dialogue. Et si rien ne vient infléchir la position de Wade père, toute chance de dialogue et de rapprochement entre deux camps catégoriquement opposés sur tout, sera annihilée.

Ils continueront alors à se regarder en chien de faïence, pour longtemps encore. Le Pape du Sopi ne voudra jamais entamer des échanges avec Macky Sall, sans qu’au préalable des gages clairs lui soient donnés, notamment sur le retour de son fils. Or le patron de l’Apr, même s’il est disposé à céder devant toutes les exigences, y compris les plus « risqués » du vieux Wade, ne bénirait pas un retour au bercail de Karim Wade. Cela pourrait gripper la machine déjà lancée pour sa réélection en 2019. La même fin de non recevoir sera opposée au camp de Khalifa Sall qui fait de sa libération, un préalable à sa participation au dialogue national. Entre donc le marteau du Pds et l’enclume du camp du maire de Dakar, le Chef de l’Etat n’aura pas les coudées franches, pour détendre l’atmosphère politique lourde d’angoisse et calmer les nerfs des uns et des autres. Gages d’une bonne rentrée gouvernementale. Pour dire vrai, le Président Macky Sall est dans des incertitudes. Et visiblement il a manqué d’entregent pour maintenir intacte la stabilité du pays, à quelques encablures seulement de l’élection présidentielle de 2019. Et Wade en bon politicien et orfèvre de la manœuvre, a saisi l’occasion pour sortir de ses gonds. Et pour remettre en selle, la candidature de Karim Wade, qui dit-on participera au congrès du Pds prévu en juin 2018. Dès lors, se pose la question de savoir ce qu’il en sera de l’accalmie qui règne encore dans le champ politique. Quoi qu’il en soit, il appartient au Président Macky Sall et à lui seul de donner les garanties d’un climat politique apaisé. De donner les clefs pour sortir de ce qui ressemble fort à un labyrinthe à mille façades. S’il ne s’investit pas dans ce sens, gare aux conséquences !

La rédaction