Grèce : violences entre migrants et policiers, 4 000 personnes bloquées à la frontière avec la Turquie

Dakarmidi – Le porte-parole du gouvernement grec a déclaré samedi que la Grèce avait empêché 4 000 migrants venant de Turquie d’entrer « illégalement » sur son territoire. Des échauffourées ont lieu depuis vendredi entre migrants et police grecque, depuis que la Turquie a annoncé laisser les frontières de l’Europe ouverte aux migrants.

Après des échauffourées entre la police grecque et des migrants au poste-frontière turc de Pazarkule (Kastanies, côté grec), la Grèce a annoncé, samedi 29 février, avoir empêché 4 000 migrants venant de Turquie d’entrer « illégalement » sur son territoire.

La déclaration a été faite par le porte-parole du gouvernement, Stelios Petsas, après une réunion d’urgence avec le Premier ministre, Kyriakos Mitsotakis.

« Nous avons protégé nos frontières et celles de l’Europe »

« La Grèce a été confrontée, hier (vendredi), à une tentative organisée, de masse et illégale de violation de nos frontières et l’a surmontée », a-t-il affirmé. « Nous avons protégé nos frontières et celles de l’Europe. Nous avons empêché plus de 4 000 tentatives d’entrées illégales à l’intérieur de nos frontières », a-t-il affirmé.

Samedi encore, la police grecque s’efforçait de repousser avec des grenades lacrymogènes des milliers de migrants dont certains jetaient des pierres en direction des forces de l’ordre, ont constaté des journalistes de l’AFP.

« Je veux être clair : aucune entrée illégale ne sera tolérée », a écrit Kyriakos Mitsotakis sur Twitter, vendredi, soulignant que « la Grèce avait renforcé la sécurité de ses frontières » avec la Turquie.

Cette annonce faisait suite à des échouffourées au poste-frontière après que la Turquie a annoncé, vendredi, qu’elle n’empêcherait plus les migrants de se rendre en Europe. Des milliers de migrants ont alors passé la nuit à la frontière, se regroupant autour de braseros.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a de nouveau menacé, samedi, de laisser les portes de l’Europe ouvertes aux migrants. Un moyen pour lui de faire pression sur l’Europe, alors qu’il cherche un soutien occidental contre le régime syrien auquel il a promis de « faire payer le prix » de ses attaques militaires contre Ankara.

« Le chantage Erdogan ne marchera pas »

Selon Stelios Petsas, 66 arrestations ont été effectuées à la frontière terrestre de la région d’Evros, où des milliers de migrants, encouragés par l’annonce du gouvernement turc, se sont rendus pour tenter d’entrer sur le sol hellénique. Samedi matin, quelque 4 000 migrants et réfugiés demeuraient devant le poste frontière de Kastanies, contre 1 200 la veille, selon une source policière grecque.

« Le chantage [du président turc Erdogan] ne marchera pas », a réagi Miltiadis Varvitsiotis, vice-ministre des Affaires étrangères. « Nous ne tolérerons aucune entrée illégale », a-t-il ajouté sur la chaîne privée grecque, Skai TV.

Sur cette même chaîne, le ministre de la Défense a quant à lui estimé que les frontières grecques étaient « protégées », admettant qu’il était « plus difficile » de surveiller les frontières maritimes vers les îles grecques de la mer Égée.
Selon les garde-côtes grecs, quelque 180 migrants ont atteint les îles égéennes de Lesbos et Samos entre vendredi matin et samedi matin.

Avec AFP