Egypte: Hicham Geneina l’ex chef de l’anticorruption condamné à 5 ans de prison

Egyptian judge Hisham Geneina, the former head of Egypt's Central Auditing Authority, the country's anti-corruption agency, talks during an interview with AFP in Cairo on June 23, 2016. Geneina was fired by President Abdel Fattah el-Sisi and is to stand trial facing a charge of spreading false news and disturbing the peace that carries a potential one-year jail sentence. / AFP PHOTO / KHALED DESOUKI

Dakarmidi – Hicham Geneina, l’ex-président de l’Autorité égyptienne anticorruption, a été condamné mardi 24 avril 2018 à cinq ans de prison par un tribunal militaire pour avoir suggéré l’existence de documents secrets compromettants pour les dirigeants de l’Etat, a annoncé son avocat.

« Le verdict est de cinq ans et nous entamons les démarches d’appel maintenant », a dit à l’AFP l’avocat Ali Taha. M. Geneina avait été arrêté en février à la suite d’une interview dans le Huffpost Arabi, la version arabe du site américain d’informations, pour « diffusion d’informations visant à nuire à l’armée ». Son procès s’est tenu sous ce chef d’accusation, selon Me Taha.

Au moment des faits, Hicham Geneina, grand pourfendeur de la corruption, était l’un des principaux responsables de la campagne de Sami Anan, ancien chef d’état-major, lui aussi arrêté par l’armée après avoir annoncé sa candidature face au président Abdel Fattah Al-Sissi pour l’élection de mars.

M. Sissi a remporté ce scrutin présidentiel avec 97,08% des voix. Dans son interview, M. Geneina avait affirmé que les documents, que M. Anan aurait eu en sa possession, « tournent autour des événements politiques et crises traversés par la société égyptienne » depuis la révolte de janvier 2011 qui a provoqué la chute du président Hosni Moubarak.

Selon Tv5, il avait ajouté que ces documents se trouvaient « en lieu sûr » à l’étranger et pouvaient être publiés si on s’en prenait à M. Anan. Le journaliste qui a réalisé l’interview, Moataz Wadnan, a également été arrêté.

En 2016, M. Geneina, magistrat de formation, avait été démis de l’Autorité de contrôle des comptes publics par M. Sissi après avoir chiffré à 60 milliards d’euros le coût de la corruption publique entre 2012 et 2015. Il avait alors été accusé de « diffusion de fausses informations ».

La rédaction