Décès du photographe franco-iranien Abbas, figure de l’agence Magnum

(FILES) In this file photo taken on November 28, 2013 in Paris, Magnum photographer Abbas answers journalists' questions in front of some of his pictures, displayed at the Islamic Institute of Culture on its inauguration day. Abbas, Iranian photojournalist and Magnum photographer, died at the age of 74 in Paris. / AFP PHOTO / Eric Feferberg

Dakarmidi – Pendant près de 60 ans, il avait parcouru le monde entier pour couvrir les guerres et les révolutions. Le photographe franco-iranien Abbas est mort à Paris, mercredi 25 avril, à l’âge de 74 ans. C’est l’agence Magnum, pour laquelle il travaillait depuis 1981, qui a annoncé son décès.

Abbas avait immortalisé Mohammed Ali courant sur un ring pour s’entraîner avant le mythique match contre George Foreman, en 1974 à Kinshasa, suivi Jacques Chirac en Corrèze en 1982, et surtout couvert de nombreux conflits au cours de sa carrière, dont les guerres au Vietnam, au Biafra, au Bangladesh, en Irlande du Nord, ou encore l’apartheid en Afrique du Sud.

Né en 1944 en Iran, Abbas Attar avait logiquement photographié la Révolution islamique, de 1978 à 1980. Cette expérience puis la prise du pouvoir par les mollahs le marquent durablement. Il s’exile à Paris en 1980 et ne retournera en Iran que 17 ans plus tard.

Il consacre des séries de clichés à la place de la religion dans la société comme la montée de l’islamisme à travers le monde. Il publie Allah O Akbar : un voyage dans l’Islam militant. Mais il s’intéresse aussi à la chrétienté, l’animisme ou le bouddhisme.

Abbas, pilier de l’agence Magnum, intégré en 1981, se définissait comme un photoreporter. Mais c’était aussi – et peut-être surtout – un artiste qui disait : « Le photographe sera toujours celui qui écrit avec la lumière. »

La rédaction