Erdogan menace de laisser passer les migrants vers l’Europe

Dakarmidi – Ankara n’aura pas tardé à répondre au vote du Parlement européen demandant le gel des négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé vendredi d’ouvrir les frontières pour laisser passer les migrants voulant se rendre en Europe. L’Allemagne a immédiatement répliqué, affirmant que « menacer » le pacte UE-Turquie sur les migrants « n’avance à rien ».

« Si vous allez plus loin, ces frontières s’ouvriront »

« Lorsque 50.000 migrants se sont amassés au poste-frontière de Kapikule (à la frontière turco-bulgare), vous avez crié à l’aide. Vous avez commencé à vous demander : + Que ferons-nous si la Turquie ouvre ses frontières ? + », a déclaré Erdogan. « Ecoutez-moi bien. Si vous allez plus loin, ces frontières s’ouvriront, mettez-vous ça dans la tête », a déclaré Erdogan lors d’un discours à Istanbul.

L’accord controversé sur les migrants entre la Turquie est l’UE, dont Angela Merkel a été la principale instigatrice, a permis de considérablement réduire l’afflux migratoire qui a conduit à l’arrivée en Allemagne de près de 900.000 demandeurs d’asile. La réouverture des frontières turques pourrait provoquer une nouvelle crise alors que l’Europe reste très divisée sur l’accueil à réserver aux migrants fuyant notamment l’Irak, la Syrie et l’Afghanistan.

Des menaces qui « n’avancent à rien »

Dans une résolution non contraignante adoptée à une très large majorité à Strasbourg, les eurodéputés ont appelé jeudi à « un gel temporaire » du processus d’adhésion entamé en 2005 en raison de la répression « disproportionnée » en cours depuis le coup d’Etat avorté de juillet.

« Menacer » l’accord entre l’UE et la Turquie sur les migrants « n’avance à rien », a répondu ce même jour la porte-parole de la chancelière Angela Merkel.

« Nous considérons l’accord entre la Turquie et l’Union européenne comme un succès commun et la poursuite de cet accord est dans l’intérêt de tous les acteurs (…). Des menaces des deux côtés n’avancent à rien », a déclaré Ulrike Demmer.

Une relation difficile

Les relations entre l’UE et la Turquie se sont dégradées depuis le coup d’État avorté de juillet, qui a été suivi de purges d’une ampleur inédite qui ont notamment visé des opposants politiques kurdes et des médias critiques.