À l’amour, ce vent futé… (Par Sheikh Alassane Sène « Tarëe Yallah »)

Dakarmidi – Quand la nuit glisse ses pas pusillanimes vers l’aube magnanime, enchantée de voir ce regard câliner ce beau sourire sous les cieux de la terre, sous le vent de l’innocence, sous la robustesse de la fertilité

Quand il entend, émerveillé, le timbre de ta voix, quand il contemple les rives de ton regard, quand lui parle la douce soie qui provient du creux de ta main, il s’évanouit en silence, laissant son coeur vibrer sur ce parquet ciré au-delà de toute espérance

Il a envie de dévorer la nuit pour laisser pérégriner sa chair dans cette prairie d’amour, où de cette fine herbe suinte un parfum si doux, ce même parfum que Mumtâz Mahal avait transmis à Shâh Jahan

Il murmure dans ton oreille basanée cette science infuse qui parle d’amour et d’amitié

Il a vécu sa douleur dans le silence de ta souffrance, et de leur enchevêtrement est né l’amour sous ces pétales de jasmin qui annoncent le crépuscule des cœurs en chœur enchevêtrés

Il a vite compris que ton sourire allait l’affranchir et le guider vers les fraîcheurs de l’aube, cette douce aube qui câline ta pensée, extirpée de toute angoisse et de toute délicatesse

Silence! La nuit te berce. Crie fort! L’aube le perce, provocant cette belle rencontre, qui leur rappelle cet orphelin au bord du désespoir et qui a fini par croiser l’opulence loin de la déliquescence

C’est dans le glissement des vagues qu’il a vu naître le sentiment d’amour, orienté vers toi, comme un félin en pleine chaleur sous les vapeurs du cœur loin de toute laideur

Il a dessiné ton visage sur ce sable fin du midi, ce regard qui guide sa sérénité vers les terres où les pensées fertiles se bousculent. Il rit d’un sourire gai qu’il t’a emprunté une aube qui chuchotait à son oreille l’infinité de ton altruisme et l’humanité de ton stoïcisme

Il est ton preux chevalier, prêt à te couver, car telle est une de ses missions, qu’il voudrait éternelle, et à toi, ô Dieu, le Glorifié, il demande à ce qu’elle soit exaucée

Il a compris alors qu’il devait te parler pour donner un sens à sa marche vers l’aube cachetée et une essence à sa démarche vers les nuits codifiées

Il a rêvé de toi quand la lueur déchirait la nuit Tu as percé son sommeil pour lui glisser ton sublime regard, regard de princesse en plein désert de Kalahari Tu es devenue une reine intronisée dans son coeur, ce petit palais que ton beau sourire a agrandi sous les feux de l’espoir aux portes de la tendresse et de la finesse Il a senti ta solitude, même si tu souris de dents vernies,

il a senti ta souffrance, même si tu la caches sous les draps faits de broderie raffinée

Chaque fois qu’il te voit, il a l’impression de vivre un jour de rêve, et il n’a point envie de se réveiller, tellement être à tes côtés le renforce, le soulage et le ragaillardit

Il a marché pieds nus tout le long de cette terre en feu, il n’a point senti ses pieds brûler car de par ton amour ils sont immunisés à tout feu, aussi ardent soit-il.

Il ne te compare à personne, car pour lui tu es exceptionnelle à ses yeux, un son si doux qui régule les battements de son cœur perdu et qui régale son existence

Il veut te parler et entendre au retour le timbre de ta voix, mais il a envie de garder le silence préférant contempler ton visage dans ton silence de majesté engagée qu’il a du mal à reproduire

Il a écrit en ton honneur ce panégyrique pour soulager sa souffrance, il a écrit en ton honneur cette élégie pour honorer l’amour qui a décidé de le conduire au-delà de tes périphéries

Tu es la Joconde de ses rêves exaucés et tu demeureras à jamais un des plus beaux trésors qui lui soit parvenu du Seigneur, l’Exalté

Il n’a plus le cœur meurtri, car tu es devenu ce pansement qui a allégé ses douleurs et ses heurts

Il a laissé son cœur dire sa vérité, matrice de sa pensée colorée, l’amour qu’il te voue est fou et il est fou amoureux de toi

Les vents terrestres lui ont parlé de toi et les feux célestes ont réveillé son amour pour toi

Il a foulé ta demeure et a aussitôt senti ce tourbillon qui hante ta vie

L’amour qu’il te voue est plus puissant que les tonnerres capables de cristalliser les monts blindés

Il veut sauter du haut de cette falaise, il y parviendra sans dégât car ton cœur est son parachute sans lui il sera cet orphelin dans une garderie perdue

Il a déchiré ses habits pour s’écarter de la chaleur des frasques de l’amour Il ne cherche pas à t’embrasser car pour lui, te contempler est équivalent à mille baisers et à d’infinis câlins

Les prochains vers qu’il te dédie, seront faibles en teneur comparés à ceux qui les précédent

Il est le seul à te comprendre car tu es taillée à sa science et à sa conscience. Tu rythme sa vie, et la tienne est rythmée par l’amour que ses sens, à l’unanimité ont décidé de te décerner

Il ne cherche pas à te serrer dans ses bras car il est dissout dans ta chair et confondu dans tes artères. Il est un fou, oui! un fou d’amour, heureux d’être ce fou malmené par l’effusion du temps, mais amoureux de toi dans la rotation des airs, molesté par ce vent futé

Certes tu avais douté de lui, car le doute est l’homme mais aujourd’hui tes doutes se sont dissipés laissant place à l’amour pur que vous partagez comme un gâteau au chocolat fait à Venise

Lis-le et ne dévore pas ses vers, savoure-les car la place qu’il a décidé que tu occupes dans son cœur est un jardin au périmètre infini, fait de sublimes roses et de coussins brodés en fil d’or, perlés de diamants.

Il a récolté au passage une dose de bien-être, il te l’a servie avec spontanéité, rien que pour te montrer la place que tu occupes dans son palais, ce joyau architectural né de tes mains soyeuses

Laisse le entrer dans ta demeure et fais de lui naturellement son résident privilégié et permanent

Il ne souffrira guère de nul vacarme, car ce privilège que tu lui feras le suffira comme pansement à l’alerte de toute douleur qui osera taquiner sa quiétude

Les yeux fermés il t’a tendue la main, et il est persuadé que jamais, tu ne lui tourneras le dos, car tes aïeuls n’avaient jamais abandonné l’amour, quels que soient ses caprices.

Il n’a pas peur de te perdre, ô silhouette nocturne, car toutes ses peurs se sont évaporées à jamais dans les tréfonds de l’amour qu’il te voue

Ta conscience est ce vecteur qui endosse sa science

Il te promet de te garder précieusement dans le coffre de sa foi et quant à toi ô soleil, il n’attend aucune promesse de ta part, car tu l’as assez servi de ta majestueuse grâce

Les larmes offensent ses yeux et peignent ses joues, il n’ose pas dire que tu es un vent éphémère tout comme il ne saurait s’exprimer sur cet amour qu’il te voue qui l’a rendu si fragile mais si fort en même temps

Il a envie de te le dire mais il risque aussi de verser des larmes qui vont sûrement perturber ta sérénité et ton envie de rester un fidèle destrier

Vous n’avez pas le droit d’attendre l’avenir vous verser dans ses lois, imposez-lui les vôtres

Il t’appartient, le temps en est l’unique témoin Il veut faire de toi un maître heureux et qui n’aura rien à reprocher à l’humble disciple qu’il compte demeurer à tes côtés.