Rentrée citoyenne, audiences au Palais, itv avec le Président, quand la République « gâte » Amy Sarr Fall

Dakarmidi – Décidément au Sénégal, la promotion passe souvent par des rondelettes et des jetons indescriptibles. Le Président de la République himself, après avoir reçu plusieurs fois la fondatrice de «Intelligence magazine», Amy Sarr Fall, après lui avoir accordée une interview exclusive à quelle fin d’ailleurs, a tenu à rehausser de sa présence la rentrée citoyenne, devenue un grand événement par la force des lobbys circonstanciés, empreints d’efforts plus ou moins soutenus.

Lors de cette cérémonie, marquée par la présence d’étudiants, de parents, d’amis, et de la crème de la République, Macky Sall, en « maître de conférence » pour une occasion, a tenu en haleine l’auguste assembl1ée pendant plus d’une demi-heure pour donner des leçons de morale à la jeunesse de son pays, dont il veut être le vrai modèle. Khalil Gebran disait, à propos de la morale, « ô vent, je n’aimerais pas te faire confidence de mes péchés, je n’aimerais pas non plus que tu me fasses étalage des péchés que j’ai commis, garde-toi de prendre en charge cette odeur nauséabonde que tu me fais inhaler sans que je ne le veuille, et qui coule dans tes airs, si cela n’est pas un péché, alors qu’est-ce qu’un péché, aussi véniel soit-il? »

Le Sénégal traverse un moment difficile, car l’Etat est aujourd’hui assujetti à une sorte de clientélisme et de camaraderie. À Wack Ngouna (Kaolack), une brave dame s’est organisée depuis une décennie, avec ses maigres ressources, à prendre en charge une centaine d’enfants pour qu’ils aillent à l’école dans des conditions acceptables. À Soumoundou (Casamance) une autre dame s’est érigée en mère de dizaine d’enfants, suivant leur cursus scolaire sans répit et avec ses maigres ressources, leur procure des fournitures scolaires à chaque début d’année académique. À Médina Yoro Foula dans le Foulado, une autre dame s’est battue corps et âme, dans un esprit altruiste, pour arriver à faire éradiquer les mutilations génitales, sauvant de fait plus de 500 jeunes filles de cette indignité.

Ailleurs, dans les profondeurs du pays, de vaillantes femmes se sont organisées en association, pour piler chaque matin le mil à l’aide de leur force et de leur dignité, qu’elles revendent pour faire vivre des dizaines de personnes. Ces dames n’ont point besoin de chaussures en talon haut pour s’élever ou être élevées. Ces modèles de bravoure légendaire foisonnent dans le pays, sans bruit et à l’insu du grand public, délaissés par l’Etat, qui préfère accorder ses faveurs à ses « amis », ces derniers, baignant très souvent dans le fainéantise et la duplicité, comme si, tout cela était lié à une forme d’iniquité, éloignée de la morale, le pauvre se voit moraliser par la crème d’en haut, elle, sans défaut, immunisée et immaculée, qui peut tout se permettre sans ne jamais être inquiètée.

Macky Sall parlera aussi, lors de ce speech, de destin, de musique, d’affaires, d’intégrité, dans un discours sous fond ironique, passionnelle et sensationnelle dans la forme. Mais il aura oublié d’indexer le « coup de pouce », qui se trouve être le sel de tout avenir sur orbite. Dans la foulée, le défilé des « amis » reprend de plus belle, ceux aux talons longs et aigus, la marche vers le palais se fait en accéléré, en l’absence de la reine, c’est ce que disait un disciple de Marx face à la rébellion de la conscience.

Le discours tenu par le Président, aura certainement des conséquences dans l’esprit perceptuel de ceux qui oeuvrent pour leur pays sans jamais bénéficier de la reconnaissance de celui-ci. Quand la République gâte une minorité de manière flagrante et délaisse une bonne partie de ses fils, les faits deviennent difformes, amorphes et immoraux. Et cette exaspération à géométrie variable, pousse le peuple tôt ou tard à l’indignation, loin de l’esquisse de la morale « sur mesure », ample sur tout corps de pécheur, dans la prise responsable de son destin et mis à part de toute œuvre discriminatoire….

La Rédaction