Dans la galaxie politique sénégalaise, certains brillent par le bruit. D’autres, comme Seydou Gueye, s’imposent par la constance, la mesure et la profondeur. Ministre Secrétaire Général du Gouvernement sous le président Macky Sall, il fut longtemps la voix posée au milieu des tempêtes, et l’un des cadres les plus respectés de l’APR.
Né à la Rue 9×6 à Médina, quartier cœur de Dakar, Seydou Gueye a grandi dans cet environnement Lébou où la solidarité et le débat d’idées forgent les caractères. Footballeur à l’ASC Kussum, élève à Clémenceau puis au lycée Blaise Diagne, il a poursuivi jusqu’à une licence en Droit des affaires à l’Université de Dakar.
Très tôt engagé, dans les années 70 au lycée, il se réclamait d’une gauche exigeante, marquée par le marxisme pour la rigueur de l’analyse sociale. Des années plus tard, il retrouvera cette même exigence dans ce qu’il appelle la social-démocratie ou le libéralisme social du président Macky Sall : le penser clair, le parler vrai, l’agir concret.
Son engagement, dit-il, est une obligation d’être toujours à côté des plus pauvres, des plus faibles et des plus précarisés. Cette boussole ne l’a jamais quitté.
Avant la fonction, il y avait la réflexion. Seydou Gueye s’est fait connaître dans les cercles de débat comme un intellectuel capable de vulgariser le complexe. Triple compétence : analyse, pédagogie, communication.
En 2015, Macky Sall l’appelle au gouvernement comme ministre auprès du Premier ministre, porte-parole du gouvernement. Là, il impose un style sobre et pédagogique. Plus de posture, plus d’effets. De la clarté. Il professionnalise la communication gouvernementale et devient l’interface crédible entre l’exécutif et les Sénégalais.
S’il est connu du grand public comme porte-parole de l’APR, c’est dans l’ombre que son empreinte est la plus profonde.
Nommé Secrétaire Général du Gouvernement le 6 février 2024, en remplacement d’Abdou Latif Coulibaly, il hérite du poste névralgique de l’administration. Coordination interministérielle, suivi des décisions, cohérence des politiques publiques : le SG est le métronome de l’État. Un rôle stratégique, discret, mais sans lequel rien ne tient.
C’est ce bourlingueur discret qui a assuré la continuité, même dans les séquences les plus sensibles.
Au sein de l’Alliance pour la République, Seydou Gueye incarne une certaine idée du militantisme : ni tapage, ni calcul. De la loyauté et du travail.
Sa particularité, c’est de ne ramer jamais à contre courant et être à tous moments, fidèle à ses convictions. Redoutable dialecticien, Seydou Gueye se positionne comme un homme de culture, de fidélité et de loyauté.
Comme porte-parole du parti, il a souvent eu à recadrer, à expliquer, à défendre la ligne. Mais toujours avec des arguments, jamais avec l’invective. Intellectuel intégral et homme de terrain, il fait le pont entre la doctrine du parti et les réalités des quartiers.
Dans un monde politique parfois bruyant, il rappelle que la politique peut aussi être une affaire de rigueur, de culture et de responsabilité collective.
Seydou Gueye n’est pas l’homme des slogans. C’est l’homme des dossiers. Médinois d’origine, intellectuel de formation, serviteur de l’État par conviction, cadre de l’APR par fidélité.
Il représente cette génération qui croit que gouverner, c’est d’abord expliquer, coordonner, et ne jamais perdre de vue les plus vulnérables. Une figure d’équilibre dans un Sénégal en mouvement.
Doyen Majib Sène
