Je me nomme Marième Ndoye, femme transformatrice évoluant dans le secteur de la pêche depuis 2010, à la suite du rappel à Dieu de ma mère, Sokhna Kiné Guèye.
Étudiante à l’UCAD, où j’ai obtenu ma licence puis ma maîtrise, j’avais de grandes ambitions pour poursuivre mes études. Mais après le décès de ma mère, confrontée à des difficultés financières et laissée à la charge de mes deux sœurs, j’ai dû interrompre mon parcours universitaire pour intégrer le secteur de la pêche comme femme transformatrice au marché central aux poissons de Pikine.
Depuis, je me lève chaque matin à 4H30mn pour aller travailler. Je vends du poisson non pas pour tendre la main, mais pour gagner dignement ma vie et subvenir aux besoins de ma famille. Je suis connue dans mon lieu de travail et, lors des différentes visites officielles, il m’arrive régulièrement d’être sollicitée pour assurer la traduction et faciliter les échanges avec les acteurs du secteur.
C’est donc avec cette expérience de terrain et avec beaucoup de respect pour notre secteur que je m’adresse à vous, Madame la Ministre.
Le secteur de la pêche mérite mieux. Beaucoup mieux.
Nous ne sommes ni des ignorants ni des spectateurs de notre propre destin. Nous sommes des professionnels, des femmes et des hommes qui connaissent les réalités du secteur, ses difficultés, ses potentialités et surtout les sacrifices consentis quotidiennement par des milliers de Sénégalais.
Depuis votre arrivée à la tête du département, plusieurs décisions, prises de parole et choix managériaux suscitent incompréhension et inquiétude au sein des acteurs.
Le problème n’est pas une question de personne : il s’agit de la capacité à conduire efficacement un secteur aussi stratégique que celui de la pêche.
Votre entourage administratif et technique mérite également d’être interrogé. Le rôle d’un Directeur de cabinet est notamment d’accompagner et de conseiller le ministre afin d’éviter certaines erreurs de communication ou de procédure. Dès lors, lorsqu’une difficulté survient publiquement, notamment lors d’une intervention officielle, il est légitime de se demander si les conseils nécessaires ont été apportés en amont.
Il en va de même pour certains choix concernant votre cabinet et votre environnement de travail. Les fonctions exercées au sein d’un ministère stratégique doivent répondre avant tout à des critères de compétence, d’expérience, de professionnalisme et d’éthique, et non à des considérations personnelles.
Les agents du ministère comme les acteurs de la pêche doivent pouvoir évoluer dans un environnement respectueux, professionnel et à la hauteur des responsabilités de l’État.
Madame la Ministre, le moment est venu d’entendre la colère, les interrogations et les attentes du secteur.
J’en appelle donc solennellement au Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, pour qu’il examine, dans les meilleurs délais, la situation du département de la Pêche et envisage de confier sa direction à un profil disposant de l’expertise, de l’expérience et de l’autorité nécessaires pour relever les immenses défis auxquels notre secteur est confronté.
La pêche sénégalaise mérite un véritable projet.
Elle mérite une vision.
Elle mérite des compétences.
Elle mérite surtout un leadership capable de rassembler les professionnels autour de l’essentiel.
Madame la Ministre, il est temps de rendre le tablier.
Car au-delà des personnes et des fonctions, c’est l’avenir de milliers de pêcheurs, de mareyeurs, de transformatrices, de travailleurs des quais et de leurs familles qui est en jeu.
Le Sénégal et son secteur de la pêche méritent mieux.
Marième Ndoye
Femme transformatrice

Un commentaire
Your writing has a way of resonating with me on a deep level. I appreciate the honesty and authenticity you bring to every post. Thank you for sharing your journey with us.