Dakarmidi – Tu connais cette période de l’année où toute la maison retient son souffle ?
Au Sénégal, dès que les examens finissent, commence le vrai marathon : celui de l’attente. Et bizarrement, ce sont souvent les parents qui courent le plus.
Dans les salons, on ne parle plus que de ça. « Tu as eu des nouvelles ? » « Le fils de untel a déjà son résultat. » Le téléphone devient une bombe. Chaque sonnerie fait lever la tête. On prie, on fait des vœux, on promet même des moutons au cas où.
Et au milieu de tout ça, il y a l’enfant.
Lui, il a déjà composé. Il ne peut plus rien changer. Mais il doit maintenant gérer notre stress à nous. « Déçois pas la famille hein. » « Faut que ça passe du premier coup. » Même quand on dit ça avec amour, l’enfant entend : « Si tu rates, tu vaux moins. »
Résultat : des nuits blanches, des maux de ventre, des enfants qui ne mangent plus, qui s’énervent pour rien. Certains révisent encore, comme si ça pouvait changer la copie. D’autres se ferment. Ils ont juste peur du regard des gens le jour des résultats.
Cette année à Ourossogui, au nord du Sénégal, une jeune fille a perdu la vie après son ajournement au baccalauréat. Étouffée par les critiques et le regard des autres, elle a cru que sa vie s’arrêtait là. Elle s’est trompée. Et nous aussi, si on laisse la pression tuer nos enfants.
Ce drame nous rappelle une vérité dure : quand on transforme un examen en verdict sur toute une vie, les conséquences peuvent être irréparables. Aucun résultat ne vaut une vie. Aucune remarque ne vaut le cœur d’un enfant.
Le problème c’est qu’on fait de l’examen un jugement sur toute une vie. Comme si rater le BFEM ou le BAC, c’était rater sa vie. Alors que non. C’est juste un examen. Un parmi d’autres.
Et si on essayait autre chose cette année ? Moins de pression, plus de « je suis fier de toi peu importe ». Moins de « qu’est-ce que les gens vont dire », plus de « on gère ensemble ».
Au final, les examens passent. Les résultats s’affichent, on crie de joie ou on essuie une larme, et la vie reprend.
Mais ce qui reste, ce n’est pas la note sur le bulletin. C’est le souvenir que l’enfant garde de nous pendant l’attente. Est-ce qu’il se souviendra d’une maison tendue ? Ou d’une famille qui lui a dit : « On est avec toi, échoué ou admis » ?
Nos enfants n’ont pas besoin de parents parfaits le jour des résultats. Ils ont besoin de parents présents tous les autres jours.
Parce qu’un diplôme ouvre des portes, c’est vrai. Mais un enfant qui se sent aimé, lui, peut ouvrir toutes les portes tout seul.
Doyen Majib Sène

Un commentaire
start entrepreneur online start business startentrepreneureonline start business start entrepreneur online startbusiness start business startbusiness start business