Dakarmidi – Entre héritage spirituel et ambition municipale, le fils de Seydi Moustapha Sy Djamil veut écrire la suite à Fass.
À Fass, chaque nom dit quelque chose de la ville. Celui de Cheikhou Oumar Sy Djamil en dit deux. Le premier est celui de son père, Seydi Moustapha Sy Djamil, grand pilier de la Tidjaniya au Sénégal. Une référence.
Dans le cadre que voilà, on ne peut taire sa mémoire. Seydi Moustapha Sy Djamil a transmis à sa fratrie l’exigence du travail, du savoir et du caractère. Homme de droiture, de noblesse et d’humanisme, il reste vivant dans le souvenir de ses compatriotes.
Le second est le sien, forgé loin du bruit, dans le travail. On le découvre d’abord dans les livres. Avec « À l’ombre du Benténier », il a choisi de fixer la mémoire. Pas pour faire œuvre de panégyrique, mais pour retenir ce que le temps efface : les gestes des maîtres, la voix des anciens, le sens d’un ancrage. L’ouvrage révèle un esprit en quête, à la fois ancré et ouvert.
Ceux qui le fréquentent le décrivent autrement que par ses écrits. « D’un commerce facile, d’une incandescence intellectuelle et spirituelle et d’une générosité discrète, il chemine droit avec un cœur qui bat toujours à gauche fatalement comme un lit d’espérance. »
Le « commerce facile », c’est cette capacité à parler à tous. Aux jeunes, aux notables, aux femmes du marché. L’ »incandescence », c’est cette exigence de relier la foi aux urgences du quotidien. La « générosité discrète », ce sont ces aides qu’on ne voit pas, mais qui circulent.
C’est fort de ce capital humain qu’il nourrit aujourd’hui une ambition politique : être maire de Fass, sa commune de naissance. Dans une ville où le spirituel pèse sur le municipal, le défi est double. Il faudra gérer les canaux et les écoles autant que les dahiras et les familles.
L’auteur a planté. L’héritier tient. Le candidat, peut-être, arrive. À Fass, on l’observe. On lit d’abord l’homme avant de cocher le nom.
Doyen Majib Sène
