Dans un contexte politique sénégalais marqué par les attentes fortes des populations, El Hadj Diaydi Bâ CISSÉ, membre des cadres patriotes républicains du parti KIIRAAY et responsable dans le département de Kanel, défend une lecture assumée de la nouvelle formation politique portée par le président Bassirou Diomaye Diakhar FAYE. Pour lui, il ne s’agit ni d’un simple effet d’annonce ni d’une recomposition de circonstance, mais d’une étape logique dans la consolidation d’un projet politique fondé sur l’État de droit, la confiance et le sens du service public.
Lors d’un entretien exclusif accordé conjointement à Dakarmedias, Dakamidi et TGV, M. El Hadj Diaydi Bâ CISSÉ revendique d’entrée la philosophie du nouveau parti comme un espace d’ouverture. « Le parti KIIRAAY est surtout un rassemblement, une ouverture et la confiance qui est donnée à tous les Sénégalais de venir participer à l’action publique », affirme-t-il. Cette formule résume l’ambition de la nouvelle formation : fédérer au-delà des appartenances partisanes et mettre l’accent sur la compétence plutôt que sur la seule loyauté politique. Dans sa lecture, le patriotisme n’entre pas en conflit avec la République ; au contraire, il la renforce lorsque l’intérêt national reste la boussole de l’action.
Interrogé sur la rupture entre SONKO et Diomaye, souvent présentés naguère comme un duo indissociable, CISSÉ refuse la lecture dramatique. Il estime qu’une fois investi, le président devient « le président de tous les Sénégalais », ce qui implique un changement de posture, de rythme et de responsabilité. « Le niveau de la responsabilité change, la dynamique change, le registre change », explique-t-il, en soulignant que la logique d’État ne peut être confondue avec la logique partisane. Pour lui, la création de KIIRAAY prolonge donc une nécessité institutionnelle : doter le chef de l’État d’un appareil politique capable d’accompagner son projet.
Mais c’est surtout sur la question des résultats que le responsable de Kanel veut être attendu. Il reconnaît sans détour l’impatience des Sénégalais face au coût de la vie, à la pression sociale et aux difficultés économiques. « On ne va pas être artificiels. Nous allons tous accepter que ce discours-là, aujourd’hui, n’a pas produit, en tout cas, les résultats attendus », dit-il à propos des promesses qui avaient accompagné l’ascension de PASTEF. À ses yeux, la valeur ajoutée des cadres patriotes républicains sera précisément de combler le fossé entre la vision et l’action. « Il y a un chêneau manquant. Et ce chêneau manquant, c’est les cadres », insiste-t-il, plaçant au centre de sa démonstration la compétence et la méthode.
Cette logique prend une dimension très concrète lorsqu’il évoque Kanel, son ancrage politique et territorial. Dans ce département de la région de Matam, qu’il décrit comme agro-silvopastoral, CISSÉ plaide pour une territorialisation des politiques publiques. Il cite les terres irrigables, le cheptel important, les potentialités agricoles et pastorales, mais aussi la nécessité de mieux valoriser les ressources locales. Son diagnostic est clair : sans maîtrise de l’eau, sans formation adaptée, sans capital humain structuré, il sera difficile de transformer le potentiel en richesse réelle. « Il faudrait que nous parvenions à territorialiser ces politiques publiques-là et les adapter aux réalités locales », résume-t-il.
Sur le plan politique, CISSÉ se montre également attentif aux tensions que peut provoquer la structuration d’un nouveau parti. Il estime qu’un engagement digne de ce nom ne doit pas être motivé par la seule recherche de postes. « Devrions-nous nous engager en politique pour un poste ou pour apporter nos compétences et servir l’État ? Je pense que la deuxième option est la meilleure », affirme-t-il. C’est là, selon lui, la meilleure façon d’éviter les frustrations internes et de préserver la cohésion du mouvement.
Au fond, son message est simple : KIIRAAY ne doit pas être un parti de slogans, mais un instrument de transformation. « Faire en sorte que la vision du président de la République soit transformée en résultats », dit-il, voilà l’objectif. Dans un Sénégal où les attentes sociales sont fortes et les marges de manœuvre étroites, cette promesse de méthode et de rigueur apparaît comme un test politique majeur pour la nouvelle formation. El Hadj Diaydi Bâ CISSÉ veut convaincre que le temps des discours doit céder la place au temps de l’action. Et c’est précisément là que KIIRAAY entend juger sa légitimité.
Nous vous invitons à découvrir, sur la vidéo ci-dessous, l’intégralité de l’entretien exclusif qu’El Hadj Diaydi Bâ CISSÉ a bien voulu nous accorder.
