Dakarmidi – Le destin a ses détours cruels. Il éprouve, il use, il tente de plier les hommes jusqu’à ce que toute résistance semble puérile. Farba Ngom, député-maire des Agnam, vient de traverser l’un de ces tunnels où la nuit ne promet plus d’aube.
Il en ressort debout. Par sa sagacité, par sa capacité de résilience, mais aussi par sa probité morale, il a fini par briser l’étau et humer à pleins poumons l’air frais de la liberté. Son honneur, sa dignité et son prestige personnel, longtemps soumis à de rudes épreuves, sont aujourd’hui lavés à grande eau, même si, juridiquement parlant, le dossier n’est pas définitivement clos.
Dans l’intervalle, une autre vérité s’est imposée : celle d’un territoire fidèle. Les Agnam n’ont pas transigé. Entre les murs du silence et les cris de la rumeur, ils ont choisi la patience et la prière. C’est peut-être cela, la politique véritable : un pacte qui résiste aux intempéries.
Libre, Farba Ngom retrouve l’urgence du réel. L’eau, l’école, la route. Des chantiers qui n’attendent pas la fin des procédures. L’épreuve ne l’a pas abîmé ; elle l’a recentré. Elle rappelle qu’on peut contraindre un corps, rarement une légitimité enracinée.
Le feuilleton judiciaire suivra son cours, avec ses pièces, ses dates, ses plaidoiries. Mais aux Agnan, une page s’est tournée. Le maire est rentré chez lui. Et avec lui, une certaine idée de la constance.
Doyen Majib Sène
