Rufisque Offshore, 90% au groupe Total, 10% à l’Etat du Sénégal, ces accords qui sont à l’origine de la démission de Thierno Alassane Sall

Dakarmidi –  Le président de la République Macky Sall a quitté Dakar, très en colère, ont noté ses plus proches collaborateurs venus l’accompagner à l’aéroport de Dakar Yoff, alors qu’il était en partance pour Durban. Le cabinet du Président, sous la direction d’Omar Youm vit ses pires moments de cacophonie, une sorte de danse moderne qui rythme leurs pas sous une musique d’une autre époque, voilà le décor dans lequel est malheureusement plongée la bâtisse blanche située à l’avenue Léopold Sédar Senghor.

Thierno Alassane Sall, en se rendant hier matin au Palais, était prêt psychologiquement à affronter le Président Macky Sall pour l’histoire et pour la préservation de toute son intégrité morale et intellectuelle. Depuis quelques temps, exactement 67 jours, le nouveau « lion de Thiès » s’est préparé à quitter le navire, qui vogue en eau trouble, et à de nombreuses occasions, il s’est heurté aux manœuvres du Président, de tels agissements qu’il considère au détriment du peuple.

Alors que sur un tout autre tableau, le Dg de Total Patrick Pouyanné parrainé par l’Elysée, s’impatientait, car pour ce dernier, signer les accords qui tournent autour de la recherche et du partage de production d’hydrocarbures sur le bloc Rufisque Offshore Profond, d’une superficie de 10.357 km2 était une obligation pour l’Etat du Sénégal, pour confirmer les accords signés lors de la visite d’Etat en France de Macky Sall. Et c’est cela qui a emporté le Palais, quand son hôte de marque allait rentrer bredouille, du fait d’un « simple » ministre qui a décidé de ne pas marcher sous les ordres du grand « Manitou ».

Les termes de ce contrat (90% à Total, 10% au Sénégal) renvoient aux époques coloniales et à la France-Afrique. Comment un homme né après les indépendances peut accepter de tels accords et de tels compromis? C’est d’ailleurs, dans le Palais, à peine intronisé nouveau ministre des mines que le PM a signé tous les documents que Thierno Alassane Sall a catégoriquement refusé de signer.

Un ouf de soulagement pour le Dg de Total qui a laissé échapper cette phrase après la signature des accords : «ravi de pouvoir élargir la présence du groupe au Sénégal dans le secteur de l’Exploration-Production». Cosmos n’aura donc pas obtenu gain de cause, même si d’aucun avance que les relations entre cette multinationale et Thierno Alassane Sall doivent être élucidées. Le film du partenariat Total-Sénégal n’est qu’à sa première épisode, il risque d’être long, rempli de suspens et d’énigmes. Le pétrole et le gaz continuent de montrer leur puissance à diviser les hommes, à soulever des peuples, à ravager les cœurs et à embraser les pays.

La Rédaction