Parrainage par des élus pour 2019, un risque pour l’opposition de se ranger derrière le PDS

Dakarmidi – Le parrainage est au coeur du débat politique au Sénégal. C’est tout à fait normal. Nous avons tous tiré les leçons des élections législatives de juillet 2017. Et ce n’est pas tout. L’enjeu c’est aussi empêcher l’installation d’une « pensée unique », en faveur du pouvoir. La démocratie et la transparence électorale impliquent des mesures à l’aune des exigences de l’heure. Cela passe par un large consensus. Car en fin de compte, il y va de la crédibilité de la présidentielle de février 2019.

1- parrainage citoyen:
C’est un système, consistant à valider une candidature sur la base d’un certain nombre de signatures collectées, (une façon de donner la possibilité à des citoyens de promouvoir une candidature).10 000 signatures, c’est ce que l’on demande à un candidat indépendant à la présidentielle, depuis 1992. Ce point mérite toute notre. 10 000 signatures, équivalent à moins de 0,14% de l’électorat. Un taux relativement faible. Donc hausser la barre ne serait pas insensé. À 70 000 signatures, nous serions approximativement à 1% de 5 millions d’électeurs. Cela pourrait nous épargner des candidatures de « farce »…

2- Parrainage par des élus
Par là, nous entendons les grands électeurs: députés, conseillers municipaux entre autres. C’est une option très risquée pour la démocratie. Elle peut ouvrir une brèche à la corruption, et à la transhumance. Pis, ça peut réduire les chances d’une alternance politique. Il y a 55 ans, le Président Léopold Sédar Senghor a utilisé ce P.E comme une arme politique pour réduire la force de l’opposition lors de la présidentielle du 1e décembre 1963.
Il a profité de la crise de 62 pour non seulement régler écarter le Président Dia, mais aussi l’ensemble de ses potentiels adversaires politiques. En effet, quelques mois après l’adoption de la constitution du 7 mars, par référendum. Le code électoral d’alors disposa que tout candidat à la présidentielle doit bénéficier du soutien de 10 députés. C’est à dire, 10% des représentants du peuple. Une condition que ses adversaires ont peiné à remplir. Aucun député n’accepta de cautionner le bulletin de… malgré le bloc de l’opposition autour de « Démocratie et Unité Sénégalaise »
Bref, l’élection de 63 se déroula avec un seul candidat: le Président sortant. Naturellement, le Président Senghor l’emporte à 100%.

Une élection non sans conséquences. Des manifestations de contestations ont causé des dizaines de morts, des centaines d’individus furent arrêtés.
Tirer les leçons de l’histoire, nous impose et l’opposition avec à participer activement au dialogue politique. Car, une fois inscrit dans le code électoral, seuls le PDS et ses alliés seront aptes à avoir un candidat, grâce à leurs 19 députés, 20% de l’électorat. Avec l’arrivée des experts et observateurs européens, ce point sera au coeur des négociations, même si la plupart des pays occidentaux n’ont pas encore adopté le P.E.
Contrairement à la France qui l’applique depuis 1962. Mais cela ne signifie pas pour autant que le Sénégal doit forcément s’inspirer de la France et ou de Allemagne…Bien au contraire, la France a attendu 7 ans après que notre pays adopta la limitation du mandat présidentiel à 5 ans renouvelable une fois, par la constitution de 2001, pour faire pareil !

Mouhamadou Abib Seye

Journaliste, commentateur