Menaces de radiation et sanction pénale pour désertion: les choses se corsent pour le capitaine Diéye

Dakarmidi – Comme on s’y attendait tous, la grande muette a finalement brisé le silence dans l’affaire du Capitaine Mamadou Dièye, mis aux arrêts vendredi dernier. L’Etat-major des Armées veut rétablir la vérité, car il estime qu’il y a une atteinte à leur crédibilité et à leur image, suite aux informations publiées dans les réseaux sociaux et les médias relativement à cette affaire. Dans le communiqué parvenu à EnQuête, la Direction de l’information et des relations publiques des Armées tient à démentir le sieur Dièye, en le considérant comme un déserteur et non un démissionnaire.

A cet effet, le Colonel Abdoul Ndiaye explique dans le document que le Capitaine Dièye a formulé une demande de disponibilité le 09 février 2017, alors qu’il servait au 25ème Bataillon de reconnaissance et d’appui basé à Bignona en Casamance. Il indique que la demande a été reçue à son corps et transmise par voie hiérarchique à l’Etat-major des Armées. Cependant, dénonce le Colonel, ‘’sans attendre l’aboutissement du traitement de sa requête, le capitaine Dièye a délibérément choisi d’abandonner son unité à Bignona pour se rendre sur la petite Côte à Mbour, pour y travailler au profit d’une société privée’’. Selon la même source, signalé comme manquant, le mis en cause a rejoint son unité après sommation. Toutefois, il s’est absenté à nouveau.

Ainsi, après six jours d’absence, il a été porté déserteur et à ramener au corps le 17 avril 2017 conformément à l’article 107 du code de justice militaire. Ces précisions faites, le patron de la Dirpa rappelle que ‘’conformément à l’article 17 de la loi n°62-37PR/MFA du 18 mai 1962 fixant le statut général des officiers d’active des Forces armées, la disponibilité, tout comme la démission, n’a d’effet que si elle est acceptée par l’autorité investie du pouvoir de nomination, en l’occurrence, le président de la République, Chef suprême des Armées’’.

Poursuivant ses explications, la Dirpa renseigne que c’est compte tenu de la nature et de la gravité des fautes commises que le Capitaine Dièye fait l’objet de sanctions disciplinaires. Pis, ceci, n’exclut pas l’application de sanctions statutaires, notamment la traduction devant un conseil d’enquête en vue de sa radiation. Le comble, il risque également une sanction pénale. Car, cumulativement aux sanctions précitées, le Capitaine Dièye sera traduit, comme tout déserteur, devant les juridictions ordinaires à formation spéciale pour désertion à l’intérieur en temps de paix. Outre la désertion, la Grande muette reproche au mis en cause d’avoir fait fi du devoir de réserve inhérent à son statut d’officier d’active. Capitaine Dièye est également coupable aux yeux de ses frères d’armes, d’avoir failli aux dispositions de la loi 71-0024 du 6 mars 1971 relative à l’exercice des droits civiques et des libertés publiques par les militaires des Forces armées et les assujettis au service de la défense et au service civique.

En d’autres termes, il est reproché au militaire de ‘’s’être engagé dans une campagne de dénigrement des Armées marquée par la tenue de propos séditieux à travers les réseaux’’.

La Rédaction