Babacar Gaye dément Macky Sall : « la Tonne de ciment n’a jamais coûté 80.000 FCFA en 2011-2012 »

Le désormais ex porte-parole du Parti démocratique sénégalais (Pds), Babacar Gaye balaie d’un revers de main la déclaration du président Macky Sall selon laquelle « la tonne de ciment était à 80 mille frs CFA en 2011-2012 ». Recevant les cahiers de doléances des centrales syndicales à l’occasion du 1er mai 2019, le président Sall avait, en effet, souligné pour justifier la hausse du prix du ciment que : « en 2011-2012, la tonne de ciment était à 80.000 Fcfa, elle est aujourd’hui à 60.000 Fcfa. Donc, il y a des efforts que nous devons faire pour relancer l’habitat ».

« Les chiffres fournis par le Président Sall ne sont pas exacts », à en croire Babacar Gaye. Le responsable libéral d’indiquer que « la tonne de ciment n’a jamais coûté 80.000 FCFA en 2011-2012 », avant de rappeler qu’en « vérité, elle a coûté 72.800 FCFA en 2009, 72.480 FCFA en 2010, 72.560 FCFA en 2011 et 70.060 FCFA en 2012 ».

Mieux, fait constater Gaye, l’argument de la facilitation de l’accès du logement aux jeunes « est un faux alibi pour augmenter le prix du ciment ». « Aujourd’hui, son prix est maintenu à 60 000 FCFA en dépit de la taxe de 3000 FCFA/Tonne instaurée par la Loi de Finances Initiale de 2017 et qui est entrée en vigueur en janvier 2017. La Sococim a maintenu les prix pour accompagner « l’année sociale 2018 » décrétée par le Président Macky_Sall » souligne Babacar Gaye.

Paradoxalement, signale-t-il, « dans la même période, le prix du Baril de Pétrole BRENT a beaucoup évolué en hausse ainsi qu’il suit: 61$ en 2009, 78$ en 2010, 108$ en 2011 (avec des pics de 143$) et 110 $ en 2012 (avec des pics de 120$). En mai 2019, le prix du BRENT est à 65$ après une baisse constante sur tout le septennat (106$, 96$, 50$, 41$, 52$, 56$et 61$). Aucun effet sur les prix! »

Création d’un fonds d’appui au logement

Comme alternative, Babacar Gaye propose la création d’un « Fonds d’Appui au logement ». Pour financer ce fonds, l’ancienne porte-voix d’Abdoulaye Wade préconise « des économies sur les coûts de fonctionnement des institutions (Fonds politiques, Présidence de la République, Gouvernement, Assemblée, HCCT, CESE, etc); un impôt sur les grosses fortunes; un impôt supplémentaire appliqué aux bénéfices générés par les télécoms et les produits financiers spéculatifs ou encore une taxe sur les transactions immobilières et foncières ».