La traversée d’«As-Sirât» !

La traversée d’«As-Sirât» !

Dakarmidi – Garder un équilibre certain pour l’adoration d’Allah (soubhanou wa ta’ala) dans ce bas-monde, est non seulement une preuve de notre foi, mais aussi une manière de traverser le pont « As-Sirât » avec le moins de péripéties.
Après la reddition des comptes et la pesée des œuvres, chaque personne aura la lourde tâche de traverser le pont jeté sur l’Enfer « As-Sirât ».

« As-Sirât » est un pont étroit construit au-dessus de la Géhenne et qui constitue un obstacle ultime pour ceux qui se dirigent vers la Demeure de la Paix. Personne ne sera épargné par sa traversée: les Prophètes, les véridiques, les croyants et les incroyants.
Cependant, cette traversée ne sera pas avec la même endurance selon notre maintien dans la voie d’Allah (soubhanou wa ta’ala) . Certains traversent le Sirat tel un éclair alors que d’autres le traversent en rampant sur leurs mains et pieds. Certains échouent en tombant dans la Géhenne, demeure du malheur, de l’humiliation et de la perte.
L’une de ses extrémités se trouve sur la terre changée, l’autre extrémité sur un endroit situé du côté du Paradis et par-delà l’enfer. Il faut savoir que la terre sur laquelle nous vivons actuellement sera détruite. Il y aura à la place une nouvelle terre qui sera blanche et nivelée (aplanie), c’est-à-dire sans montagnes, ni grottes, ni vallées. On l’appelle la terre changée (al-‘ardou l-moubaddalah).

Un grand nombre de personnes chuteront de ce pont et en particulier les mécréants. Les musulmans finiront tous par franchir le pont, mais certains subiront un châtiment au préalable, soit sur le pont, soit en enfer.
Effectivement, certains musulmans vont glisser et tomber du pont. Une partie de ceux qui glisseront du pont sera rattrapée par des crochets, puis sera remise sur le pont afin de poursuivre son chemin. Tandis que les autres qui auront également glissé du pont chuteront en enfer. Il s’agit de certains musulmans grands pécheurs, morts sans s’être repentis. Ils subiront un châtiment en enfer durant une période, puis ils en sortiront pour vivre au Paradis éternellement.
Certains musulmans ne fouleront pas du tout le pont. Ils franchiront le pont par la voie des airs sans même y poser les pieds. C’est le cas des Prophètes et de certains musulmans qui ont atteint un très haut degré de piété.

Le Messager d’Allah (sallAllahou ‘alayhi wa salam) décrit le «Sirat» alors qu’il parlait de la grande intercession et du poste glorieux qu’Allah lui promit en lui disant:
« Et de la nuit consacre une partie [avant l’aube] pour des Ṣalāt surérogatoires: afin que ton Seigneur te ressuscite en une position de gloire. » (Coran 17/79).

« Il n’y a personne parmi vous qui ne passera pas par [L’Enfer]: Car [il s’agit là] pour ton Seigneur d’une sentence irrévocable. Ensuite, Nous délivrerons ceux qui étaient pieux et Nous y laisserons les injustes agenouillés. » (Coran 19 / 71 et 72).

« Le jour où tu verras les croyants et les croyantes, leur lumière courant devant eux et à leur droite; (on leur dira) : « Voici une bonne nouvelle pour vous aujourd’hui : des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux pour y demeurer éternellement ». Tel est l’énorme succès. » (Coran 57/12).

De longs passages sont accordés au récit du pont de l’Enfer, et ceux dans de nombreux hadiths:
« Des gens ont dit au Prophète : « Ô Envoyé de Dieu ! Verrons-nous Notre Seigneur le Jour de la résurrection ? » Il répondit : « Avez-vous quelque difficulté à voir la pleine lune quand aucun nuage ne la cache ? » Non ! Ô Envoyé de Dieu ! « Eh bien ! Vous le verrez comme vous voyez la pleine lune. Dieu rassemblera, le Jour de la résurrection, les gens et leur dira : « Que celui qui adorait une chose la suive ». Certains suivront le soleil, d’autres la lune, d’autres les fausses divinités « Taghût ». Ne resteront que les croyants de cette communauté auxquels seront encore mélangés les hypocrites. Se présentant à eux sous une forme qu’ils ne Lui connaissent pas, Dieu leur dira : « Je suis votre Seigneur ». Ils rétorqueront : « Nous demandons la protection de Dieu contre toi ». Nous ne bougerons pas tant que Notre Seigneur ne viendra pas à Nous. A sa vue, nous Le reconnaîtrions, Dieu Exalté soit-il se montrera alors à eux sous la forme qu’ils connaissent et dira : « Je suis Votre Seigneur ». Ils diront : « Certes oui, Tu es Notre Seigneur ». Et ils le suivront. Puis on jette le pont sur l’Enfer. Nous serons moi et ma communauté, les premiers à le traverser. Ce jour-là, ne prendront la parole que les Messagers. Ils ne cesseront de dire : « Ô Seigneur Dieu sauve ! sauve ! ». Sur le pont, se trouveront des crochets semblables aux épines du chardon. Avez-vous déjà vu un chardon ? Les gens dirent : « Oui Ô Messager de Dieu ». Il dit : « Eh bien ! Ces crochets ressemblent aux épines du chardon, sauf que Seul Dieu en connaît les dimensions. Ils happent les gens selon leurs œuvres. Les croyants seront, du fait de leur labeur, saufs. D’autres seront frappés, jusqu’à ce que Dieu les sauve ».
(D’après Abou Hurayra, rapporté par Al-Boukhari et Mouslim).

As-Souddî a rapporté d’après Mourra qu’Ibn Mas’oûd (Qu’Allah soit satisfait de lui) a dit :
« Les gens arriveront au Pont, ils se tiendront devant, puis commenceront à y passer chacun selon la qualité de ses œuvres. Certains passeront tel un éclair, d’autres comme le vent, d’autres comme un oiseau, d’autres passeront à la vitesse du cheval le plus rapide, d’autres à la vitesse de la course d’un homme, et le dernier sera un homme dont la lumière, qui lui éclairera le passage, sera sur son gros orteil ! Le Pont est glissant et couvert de chardons, comme les épines de l’astragale, et il est installé dans l’obscurité totale, au-dessus de l’Enfer ; des Anges se tiennent sur ses deux côtés, avec des pinces de feu avec lesquelles ils attrapent les gens ! A cause des horreurs de ce jour, les croyants diront : « Seigneur ! Sauve ! Sauve ! » (Rapporté par Ibn Hâtim et Ibn Jarîr. Il est confirmé par d’autres hadîth rapportés par al-Boukhârî et Mouslim et autres, selon Anas, Aboû Sa’îd, Aboû Hourayra et Jâbi).

La hawla wa la qouwata illa billah (Il n’y a de force ni de puissance qu’en Allah).