Un oeil sur la campagne : Pour que vive la République ! (Par El hadji Abdoulaye Thiam)

Législatives 2017, Dakarmidi

Dakarmidi – L’avertissement fait par le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) demandant aux responsables politiques et autres compatriotes de ne pas émettre de messages en référence à l’appartenance religieuse, ethnique, régionale, etc. est à encourager. Le Sénégal, petit par sa taille mais grand par ses ressources humaines ne mérite pas de tomber dans ces considérations qui divisent.

Eh oui, cela fait plus d’un siècle que l’on vote au Sénégal. D’éminentes personnalités politiques, religieuses voire connues dans le monde économique ont écrit les plus belles pages de ce pays et même de l’Afrique. Mieux, le Sénégal est, jusqu’ici, le seul pays africain respecté, dans le monde, pour n’avoir pas connu de coup d’État militaire. L’armée républicaine a fait ses preuves ici et à travers des missions des Nations Unies. Les exemples sont nombreux.

Malgré certaines craintes au sortir d’élections marquées par une activité économique au ralenti, le Sénégal est resté debout à la face du monde. Nous sommes fiers d’être Sénégalais, car lorsque nous nous déplaçons à travers le monde, notre démocratie et notre « Téranga » (hospitalité) sont citées et continuent d’être citées en exemple. De grandes figures ont marqué ce pays et continuent de le marquer pour avoir bâti des Institutions solides qui nous valent d’être un des pays modèles dans le monde.

Dans la décennie 90, au moment où plusieurs pays d’Afrique organisaient des Conférences nationales pour remettre sur pied leurs institutions pour s’ouvrir à la démocratie, le Sénégal était déjà en avance avec la suppression de la limitation des partis sous Abdou Diouf en 1981. Avant cette date, l’Assemblée nationale du Sénégal avait déjà accueilli des groupes parlementaires avec des députés de l’opposition et même certaines collectivités locales avaient échappé au parti au pouvoir. C’est au Sénégal qu’un gouvernement de majorité présidentielle élargi a été installé alors qu’aujourd’hui, des pays aux ressources économiques énormes n’ont pas encore la possibilité de se stabiliser. Cet héritage que nous avons reçu des anciens, depuis la période coloniale, est quelque chose à consolider pour que la République reste debout et encore plus forte.

Notre Constitution sur laquelle repose notre Nation interdit, en ses articles 4 et 5, aux partis politiques et coalitions de partis politiques de s’identifier à une race, à une ethnie, à un sexe, à une religion, à une secte, à une langue ou à une région.

L’article 5 de ce livre qui nous appartient à tous le confirme à nouveau car « tout acte de discrimination raciale, ethnique ou religieuse, de même que toute propagande régionaliste pouvant porter atteinte à la sécurité intérieure de l’État ou à l’intégrité du territoire de la République sont punis par la loi ».

En toute logique, tout leader qui se respecte doit appliquer, sans état d’âme, ce que dit cette règle, en livrant à nos compatriotes des messages clairs. Il y va de la consolidation de notre démocratie.