L’invariant problème de la bourse des étudiants et son variable corollaire en perte de vie humaine

J’avais pensé ne plus vivre l’époque sombre de 2001 lorsque tombait, devant nos yeux, au « front », notre regretté camarade Balla Gaye alors que nous ne fîmes que réclamer nos bourses. Blessé, j’ai été acheminé au service de santé du COUD et puis cueilli par la DIC pour les besoins de l’enquête. En 2018, 16 ans après sous l’ère des ambitions pour « l’émergence », nous vivons encore cette énième perte du jeune étudiant Mouhamadou Fallou Sene qui était l’espoir d’une famille et de toute une nation et qui ne faisait que réclamer sa bourse, comme nous, à l’époque. Donc, depuis le problème est resté entier et ambivalent avec des conséquences fatales encore que nous n’avions pas encore fini de faire le deuil de la mort de Bassirou Faye dont on nous avait promis de faire toute la lumière. La suite on l’a tous vu : Que nenni !

Il me semble, aujourd’hui, que le laxisme, la médiocrité, l’incompétence et la légèreté dans la gestion des affaires publiques s’érigent en règles dans le pays de la gouvernance vertueuse et sobre. J’étais convaincu par les réformes chantées et chantonnées (mesures de bancarisation des bourses, orientations des bacheliers dans le privé…) mais je suis resté sur ma faim en constatant malencontreusement que des réformes précipitées qui ont fini de montrer leur limite.

Hélas oui, je suis meurtri de relever que cette sombre époque n’était pas révolue alors qu’on continue de nous psalmodier d’utopiques améliorations des conditions de vie et d’études des étudiants au même moment où il est déplorable de constater la violation de la loi sur les franchises universitaires. Les forces de l’ordre ne devraient-elles pas être les premières à se conformer à cette loi ?

En tant que citoyen conscient du niveau d’exigence et de responsabilité qui sied et les conséquences des manquements dans l’exercice des fonctions et des responsabilités publiques, je réclame la démission des autorités incriminées pour faute grave à défaut leur limogeage car aspirer à l’émergence commence par cultiver en soi le sens de savoir rendre le tablier pour l’honneur et la fierté patriotique.

Thierno THIOUNE

Maître de Conférences Titulaire en Sciences Economiques

Directeur des Etudes du CREFDES

UCAD