Lettre ouverte à Alioune Badara Cissé (Par Bounama Sow)

Cher médiateur,

Macky Sall vous a présenté comme un homme pétri de qualités, affable, humble, courtois, intelligent et compatissant. Cet homme que nous avons finalement appris à côtoyer dans ses faits et gestes de tous les jours, ne peut pas et ne doit pas lâcher le peuple, en pleine souffrance. Vous ne pouvez pas, cher médiateur, accepter une autre main tendue qui n’est pas celle du peuple, abandonné, trahi, oublié et laissé en rade par un régime abonné aux fautes lourdes, aux dérives et aux complots. En définitive, vous cesserez d’être cet homme que nous respectons tant, le jour où vous accepterez d’être cet homme qu’il a cherché à dresser pendant 06 bonnes années passées au pouvoir.

Cher médiateur, franchissez la ligne de la vérité, vêtu de votre dignité, et rejoignez le peuple, qui a aussi besoin de vous voir sur la ligne de départ aux prochaines échéances électorales. Devez-vous laisser un homme, avec qui vous avez créé les conditions de la naissance du bébé APR, vous imposer son rythme et vous soumettre à sa volonté. Avez-vous oublié les feuilletons de Saint-Louis et celui du ministère des affaires étrangères, qui vous a conduit à revoir vos ambitions pour le Sénégal, simple constat!

Devez-vous hésiter à l’heure de prendre la plus grande décision de votre vie [politique], au-delà même, de votre existence, vous taire et rater le train de l’histoire? Ou avez-vous tout simplement peur de faire face à cet homme, pour qui, durant les années de braise vous avez écrasé le logiciel de peur qui sommeillait en lui.

Ou voulez-vous ôter de votre corps, votre dignité et simplifier la tâche à Macky Sall à l’heure où ses gourous vous placeront à coup sûr, sur la guillotine. Et même si vous devrez l’accepter, au moins partagez votre dernier repas avec le peuple, ne trahissez pas son espoir, ne soyez pas de ceux-là qui ont changé de veste en période de faiblesse et de terre trouble. Traduisez la vôtre en force, défiez-le et affrontez-le au nom du peuple. Le contraire ne serait que le trahir.

Bounama Sow