La démocratie ne doit s’arrêter nulle part et surtout pas au seuil de la prison (Par Dr papa Ndongo Dieng)

Parlons un peu des laissés pour compte !
Le ministre de la justice a suspendu toutes les audiences. Des mesures doivent être prises car il y va de la santé de tous, des clients en passant par les avocats ainsi que toutes les composantes de la famille judiciaire.

Il ne faudrait pas aussi qu’un détenu se présente à une audience et risque de contaminer les autres en prison. Mais qu’en est-il des prévenus? Ceux qui sont en garde à vue dans les commissariats? En espérant qu’il y ait une main courante pour diligenter les affaires en cours d’instruction.
Mais serait-il prudent d’incarcérer ? Nul besoin d’être virologue pour comprendre que le monde carcéral, milieu de confinement par excellence, constitue un des secteurs les plus vulnérables face aux virus et épidémies.

Quand il y a concentration de personnes (confinement) il y a propagation de maladies à cela s’ajoute-le manque de soin même de premières nécessités. C’est pourquoi, les médecins constatent souvent la propagation des maladies contagieuses comme la tuberculose, la gale et même le VIH dans ces lieux de privation de liberté. Les causes de ses innombrables difficultés sont connues et des mesures correctives doivent y être apportées.
Malheureusement renforcer l’isolement, arrêter toutes activités, interdire les visites sont la réponse aux crises. Les prisonniers et leur famille font face à ces mesures de confinement et d’isolement. Augmentant ainsi l’exclusion qui mène le plus souvent à des révoltes au sein des prisons.

Il faudrait dans ce cas, prendre des mesures idoines : la diminution radicale du nombre des détenus, la libération des détenus en préventive, s’ils ne constituent pas un danger pour autrui. Ainsi que les détenu(e)s âgé(e)s, fragiles ou malades sans danger pour la société. Renforcer également les soins en qualité dans les prisons.

N’est il pas temps d’utiliser les bracelets électroniques ?
Cette pandémie du covid19 au-delà du problème de santé publique qu’il revêt, nous oblige à réfléchir sur l’organisation de notre société et de ses composantes dans toute sa réalité.

Dr Pape Ndongo Dieng
Directeur de l’école du parti URV