Contribution : Qu’inspire le décès de Déguène Chimère Babou à Marième Faye Sall ? (Par Doudou Bitèye)

Dakarmidi – La mort a bravé tous les rideaux de nos espérances pour emporter Adja Deguene Chimère à sa 50ème bougie. Elle était attachée aux bonnes oeuvres et au bonheur des autres. Elle ne l’avait pas vu venir, cet ultime voyage, comme aussi, ceux ou celles qui la fréquentaient, n’auraient jamais imaginé qu’une si belle rose se fanerait aussi subitement, elle qui naquit des mains de Ya Khadija. Mais le Seigneur, ineffable dans son exaltation, a un programme dont l’irrefragabilité est sans conteste.
Ainsi, il avait décidé de nous enlever Déguène, cet équilibriste qui pansait nos plaies, nos douleurs, nos souffrances sans jamais en retour nous juger, quel que soit le degré de nos fautes, n’est-ce pas là, cette qualité, un héritage de Taha (psl)!
La première dame a présenté ses condoléances à la famille éplorée, dans un passage éclair empreint d’émotion, avec des larmes qui séjournaient aux contours de ses yeux.

Est-ce la déception d’avoir perdu un être si cher ou est-ce un sentiment de détresse, ou est-ce encore le fait de ne pas saisir la perche de l’amitié que Déguène, de manière généreuse lui avait tendue, avec comme socle et garant, Dieu, l’Exalté et son Prophète (psl)?

Qu’est-ce qui avait empêché à la première dame de regarder si longtemps et à l’aise Ya Khadija, cette brave dame, au silence endurant et redoutable?

Les amies de Marième Faye Sall souffrent du type d’amitié qu’elle leur offre, tantôt elle les couve, tantôt elle les lâche comme si elle ne les avait jamais connues. Et Dieu dans tout ça, nous a-t-il instruit de « jouer » avec ceux-là qui nous aiment, même si de temps à autre, ils déraillent, exagèrent ou même s’illustrent par des propos ou sentiments qui frisent la vacuité spirituelle et l’indignité morale?
Et le Prophète Muhammad (psl) dans tout ça, n’était-il pas le guérisseur de nos maux, le régulateur social le meilleur de tous les temps, qui connaissait parfaitement ce que nos cœurs mijotaient avant même qu’ils ne soient traduits en actions?
La première dame a une identité que lui reconnaissent les sénégalais en général, elle aime Dieu, l’Exalté, elle vit pour le Prophète Muhammad (psl), c’est un constat que les religieux les plus avertis ont fait ; elle est attachée à Abbul Abbass, c’est un fait inhérent à la foi estampillé par les « inspecteurs » de la Tariha Tijaniya. Et naturellement, il est clair que sa vie tourne autour de ce triptyque, ses faits et gestes aussi.
Mais est-elle capable, à la hauteur des grandes personnalités à la fine sagesse, de soigner les maux de celles ou de ceux qui la fréquentent? À chaque fois qu’elle découvre que tel ou tel a dérapé dans son comportement, elle donne l’impression de le rejeter comme si elle avait oublié que derrière toute amitié qui lie deux êtres, il y a les parents, les enfants, le mari, les amis et même les ennemis qui s’y immiscent.
Au bout du compte, quel est l’intérêt de fréquenter quelqu’un sur qui, on fonde un espoir et qui est incapable d’éclairer notre chemin et y enlever les embûches?

Deguene Chimère tenait à ce que le Président Macky Sall ait un second mandat en 2019, elle tenait aussi à ce qu’il ait une majorité écrasante à l’Assemblée nationale en 2017. Elle avait décidé de réunir toutes les personnes qui la soutenaient et qui l’aimaient puissamment autour d’elle pour accompagner le maître du Palais de la République, car disait-elle: « le voyage que j’ai effectué avec le couple présidentiel à la Mecque et au Mausolée du Prophète (psl) m’a parlée de la plus belle des manières ». À méditer !

Ses sentiments étaient purs, elle était sincère avec tout le monde, elle tenait à ses amis, elle éteignait des feux ardents dans des foyers de tension, en fait, Ta Deguene était incontestablement « Mère Thérèsa » sans le savoir et sans avoir la prétention de devenir cette figure emblématique. Ceux ou celles qui la connaissaient bien, lui vouaient respect et admiration, car elle n’avait rien de faux en elle, elle savait aussi que son regard sur les autres ne devait pas être un sentiment de rejet, mais de protection, d’accueil, de confort et de réconfort.

Une mère ne doit pas choisir dans ses enfants, qui faut-il allaiter ? Bien au contraire, elle a le devoir moral de tendre son sein à tous ses enfants, sans exception, au-delà de tout ressentiment. C’est une injonction divine à ne point confondre avec cette kyrielle de présomptions qui découle de nos pensées, infondées dans leur substance, sans valeur en toute circonstance.
Deguene mérite votre « respect », de grâce Mme la première dame, elle a le nôtre, elle a celui de tous les sénégalais, même Youssou Ndour a demandé aux employés de la Tfm de faire de Deguene leur modèle, ailleurs, près de sa fraîche demeure éternelle, un autre homme, qui la connaît mieux que quiconque, s’est illustré en lui rendant tous les honneurs dus à son noble rang de femme dévouée à son foyer, il est allé même jusqu’à lui dire « à bientôt Adja Deguene », n’est-ce pas fort comme message? Ainsi parlait Me Babou pour ne pas le nommer!

C’est cela qui fut l’existence de Ma Deguene sur terre, qui aura marqué d’une empreinte indélébile la vie du pauvre, du riche, du moins riche, des premières dames, des grandes dames, des « petites » dames, des orphelins, des opprimés, des hommes de Dieu. Somme toute, Adja Deguene était une grâce divine qui n’était là avec nous que pour un tout bref séjour!