Rex Tillerson en Afrique : « Une tournée d’excuses… et rien d’autre »

U.S. Secretary of State Rex Tillerson bids farewell to support staff as he boards his plane to depart Jomo Kenyatta International Airport in Nairobi, Kenya, Monday, March 12, 2018. (Jonathan Ernst/Pool Photo via AP)

Dakarmidi -Faute de propositions concrètes, le voyage du chef de la diplomatie de Donald Trump tourne à vide, selon l’ancien ambassadeur américain en République.

 Après l’Ethiopie, Djibouti, le Kenya, où il a annulé samedi un certain nombre de rencontres suite à un malaise, le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson poursuit, lundi 12 mars, sa première visite en Afrique par le Tchad et le Nigeria. Voyage qui doit finalement être écourté d’une journée.

Même avant son départ, sa tournée en Afrique s’annonçait peu propice à une nette amélioration des relations entre Washington et ses partenaires africains. Plus d’un an après les élections aux Etats-Unis, le locataire de la Maison Blanche ne se penchait que rarement sur les questions africaines. Le président Donald Trump n’a eu qu’une seule réunion multilatérale avec des chefs d’Etats africains, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre 2017. Quant à son chef de la diplomatie, lui aussi n’avait organisé qu’une seule rencontre avec des Africains deux mois après. Ni l’un ni l’autre n’envisageait de faire de déplacement sur le continent. L’intérêt de l’administration Trump était clairement ailleurs.

De l’indifférence aux insultes

Et puis, au mois de janvier, on est passé d’une approche d’indifférence quasi totale vis-à-vis de l’Afrique à des insultes émanant directement du leader des Etats-Unis. Dans une conférence avec des membres du Congrès sur l’immigration, le président Trump a traité de « pays de merde » des partenaires africains d’où partaient des migrants pour les Etats-Unis et l’Europe. Il va de soi que ces propos ont été très mal reçus.

Il fallait donc faire quelque chose. Le président Trump avait beau ignorer l’Afrique, les enjeux pour les Etats-Unis y sont très importants, de la lutte contre le terrorisme à l’exploitation des riches ressources sous le sol africain. M. Trump a donc décidé d’envoyer son ministre en tournée d’excuses.

Le Monde.fr