Mali : l’armée malienne au cœur du scandale des fosses communes

Face au tollé suscité par la découverte de fosses communes dans la région de Mopti, le ministre de la Défense et des anciens Combattants reconnait la découverte à Nantaka et Kobaka. En effet, dans un communiqué de presse, le ministre a porté à la connaissance de l’opinion nationale et internationale que la mission de vérification déployée sur le terrain a pu constater l’effectivité de l’existence des fosses communes et que des éléments des FAMAs sont impliqués.

A la suite du ministre de la Défense qui avait pourtant affirmé devant la presse internationale que « l’armée n’est pas impliquée dans ces événements, s’ils s’avèrent vrais », le président malien Ibrahim Boubacar Keïta déclare que les autorités sont prêtes à “assumer” les conséquences d’une enquête ouverte après la découverte de fosses communes dans le centre du pays.

Les corps de 25 personnes ont été retrouvés ces derniers jours dans la région de Mopti au centre du pays, une semaine après une série d’arrestations par l’armée malienne. Bamako se dit prêt à assumer les conséquences.

“Il y a quelques heures, nous avons été alertés et Mr le ministre de la Défense a dépêché immédiatement une mission sur le terrain. Il précisera également, « Comme suit, un groupe pluridisciplinaire conduit par le chef d’État-major général des Armées s’est rendu le 19 juin 2018 sur le terrain pour donner des orientations en vue de diligenter les procédures règlementaires »

Les résultats de cette enquête seront examinés avec toutes les conséquences que nous assumerons.” S’est exprimé Ibrahim Boubacar Keita, président malien. Car, dira-t-il, «Nous ne sommes pas en train de rebatir nos forces armées pour en faire une armée ignorante du droit humanitaire et de la guerre, du droit humanitaire des conflits. Ce serait un recul qu’à Dieux ne plaise. »

Une mission de vérification dépêchée sur le terrain par Tiéna Coulibaly, ministre de la Défense confirme l’existence de fosses communes impliquant certains personnels Fama, (Forces armées maliennes).

Une confirmation qui a poussé “le ministre à instruire au procureur militaire d’ouvrir une enquête judiciaire. Il réitère sa détermination et sa ferme volonté de lutter contre l’impunité et engage les Fama au strict respect des conventions des droits de l’homme et du droit international humanitaire dans la conduite des opérations”, a indiqué le ministre dans un communiqué.

Ces derniers mois, les annonces par l’armée de la “neutralisation de terroristes” dans le centre du pays ont souvent été contestées par les organisations de défense des droits de l’homme et par des habitants, qui dénoncent des exécutions extrajudiciaires.

Dans son dernier rapport trimestriel portant sur l‘état des lieux le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a souligné que l’armée malienne fait partie des principales victimes et est la plus touchée par les attaques jihadistes, en particulier dans la région de Mopti. La sécurité des civils continue à se dégrader dans cette région, avec notamment une “augmentation des conflits intercommunautaires”, conclut-il dans son rapport.