Pour éclairer le choix des électeurs au scrutin présidentiel du 24 février 2019

Dakarmidi – Le 24 février 2019, les 6 683 043 électeurs sénégalais devront se prononcer dans 15 397 bureaux de vote dont 746 à l’extérieur pour choisir leur président pour les 5 années à venir. Il me plaît de m’essayer à l’exercice qui consiste à faire un bilan succinct des actions du président sortant car il est impossible de tout dire ici. Il s’agit dans cette contribution de participer au débat de la campagne présidentielle 2019 pour éclairer le choix des électeurs à un moment important pour la Nation sénégalaise, avec des chiffres à l’appui, qui sont essentiellement tirés des instances gouvernementales (les ministères, l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, etc.), de la presse nationale et internationale, des institutions internationales comme le Fonds monétaire international, la banque mondiale, l’Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation, le Bureau international du travail, etc.

Après son élection à 65,80%, le président SALL a décliné sa vision dans le Plan Sénégal Emergent (PSE). Le PSE vise la transformation structurelle de l’économie, la lutte contre les injustices sociales et, enfin, la sécurité, la gouvernance, les droits et les libertés. Etant un libéral convaincu, il accorde tout de même une importance capitale à la politique sociale. La mise en œuvre de cette vision a permis d’engranger des résultats dont voici quelques-uns pour éclairer le choix des électeurs le 24 février 2019.

Gestion macro-économique du pays

Le taux de croissance du Sénégal est passé successivement de 2,1% en 2011 à 2,7% en 2012 ; à 3,5% en 2013 ; à 4,5% en 2014 avant d’atteindre 6,4% en 2015 ; 6,2% en 2016 ; 7,1% en 2017 et 6,8% en 2018, soit un taux de croissance de plus de 6% en 4 années consécutives. Les projections ont tablé sur 6,9% en 2019.

Le déficit budgétaire qui était de 6,7% du PIB en 2011 est ramené à 5,2% en 2014 puis 4% en 2015 avant de tomber à 3% en 2017 pour se situer à 3,5% du PIB en 2018. A ce niveau, la norme communautaire de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) est fixée à 3% du PIB.

Le taux d’endettement du Sénégal est passé de 40,7% en 2011 à 56,9% en 2015 puis à 59,1% du PIB en 2016 avant de chuter à 47,7% en 2017 puis remonter à 48,2% du PIB en 2018 contre une projection de 47,3% en 2019. Faudrait-il rappeler que le niveau communautaire exigé par l’UEMOA est de 70% du PIB.

En plus de cela, le taux d’inflation est passé de 3,4% en 2011 à 0,1% en 2015 puis à 0,8% en 2016 avant de plonger à -1% en juin 2018.

Selon le Bureau international du travail, le chômage concerne les personnes en âge de travailler (15 ans+) qui sont sans emploi et qui cherchent activement un emploi qu’elles sont prêtes à occuper dans les 15 jours. Mais, il faut dire qu’il y a un flou total autour des chiffres concernant le chômage. Selon les sources, les chiffres du chômage sont parfois élevés. Les données du recensement général de la population en 2013 indiquent un taux de chômage de 25,6% alors que l’Enquête nationale sur l’emploi au Sénégal mentionne un taux de 15,7% en 2015 pour les personnes âgées de 15 ans et plus. En revanche, le rapport sur la situation économique et sociale du Sénégal en 2016 a estimé le taux de chômage à 16,8%.

Sur un autre aspect, l’incidence de la pauvreté était à 46,7% en 2011. Selon les estimations, ce chiffre devrait se situer au plus à 40% depuis 2014.

Depuis 2016, le budget du Sénégal a franchi, pour la première fois, la barre historique des quelques 3 000 milliards de francs CFA (3022,4 milliards francs CFA plus exactement, d’après la LFI de la même année). La loi de finances initiale 2017 a indiqué un budget de 3 360 milliards de francs CFA, avec un budget d’investissement de 1225,2 milliards de francs CFA, soit une hausse de 17% par rapport à 2016. Les 64% du budget d’investissement de 2017 sont mobilisés sur fonds propres du Sénégal contre 58% en 2016. C’est pour souligner l’importance de la conquête de la souveraineté budgétaire. La tendance haussière du budget d’investissement est confirmée par la chute de la part du budget de fonctionnement dans le budget global en passant de 12% à 8%. Rien d’étonnant puisque la politique de rationalisation des dépenses publiques a permis d’engranger des milliards dans plusieurs secteurs tels que l’électricité, l’eau, le téléphone, la fusion-suppression d’agences publiques, etc.

Les efforts du Sénégal en matière économique se sont traduits par le relèvement de sa note en avril 2017 par l’Agence de notation américaine Moody’s qui l’a faite passer de Ba3 à B1 (avec perspective stable). En effet, la forte croissance tirée par les investissements publics (infrastructures, transport, agriculture, etc.), les efforts pour améliorer la fiscalité et la baisse des importations de produits alimentaires de 21% entre 2013 et 2015 et une hausse des exportations pour la même période ont motivé cette note du Sénégal qui voit ainsi la vulnérabilité de son économie baissée grâce à un accès au marché financier international avec une baisse du coût d’emprunt et du risque de solvabilité. D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle le gouvernement a pu obtenir 14 milliards de dollars d’engagements pour le PSE2 (2019-2023), soit trois fois plus que l’objectif ciblé lors du Groupe consultatif de Paris en décembre 2018 ! Cette « bonne » tenue des indicateurs macro-économiques a, par ailleurs, positivement impacté l’afflux d’investissements directs étrangers vers le Sénégal qui est passé de 409 millions de dollars en 2015 à 472 millions de dollars en 2016 puis à 532 millions de dollars en 2017.

Distribution des fruits de la croissance

Lancé depuis octobre 2013, le Programme National de Bourses de Sécurité Familiale (PNBSF) « a pour objectifs de réduire la pauvreté extrême et de favoriser le développement du capital humain des ménages pauvres et vulnérables ». Il a permis d’allouer 20 milliards de francs CFA à 200 000 ménages en 2015. Ce budget a été porté à 32 milliards de francs CFA en 2016. Plus de 300 000 ménages ont pu bénéficier des bourses de sécurité familiale. Depuis son lancement, plus de 52 milliards de francs CFA sont transférés aux familles démunies. Il faut savoir aussi que cette bourse est octroyée sur des critères de pauvreté mais aussi sur la base d’obligations remplies par les bénéficiaires à savoir la scolarisation et la vaccination des enfants et leur inscription à l’état civil. Ce modèle de politique sociale a fait ses preuves dans les années 90 dans les pays comme le Brésil ou le Mexique à tel point que la Banque mondiale l’a théorisé en 2006 sous le concept de « Conditional Cash Transfer ». Il a permis de sortir des millions de personnes de la grande pauvreté !

Accès à la santé

Lancée en septembre 2013, la Couverture Maladie Universelle (CMU) est une autre politique sociale du Gouvernement SALL qui contribue amplement à démocratiser l’accès aux soins de santé surtout pour les couches sociales les plus défavorisées du pays en facilitant la mise en place d’un système efficace de financement de la santé. Les cotisations au niveau des mutuelles de santé sont subventionnées à hauteur de 50%. Le programme national de la CMU a ainsi porté le taux de couverture maladie (public et privé) qui était à 20% en 2013 à 46% en juillet 2015 puis à plus de 49% en 2017. Dans le cadre de cette politique de santé, la dialyse, la césarienne, les soins pour les enfants de moins de cinq ans sont devenus gratuits. En termes d’infrastructures sanitaires, 4 nouveaux hôpitaux, 8 nouveaux centres de dialyse, entre autres, ont été construits. De plus, le système sanitaire sénégalais a permis de faire face de manière efficace à la crise d’Ebola en 2014.

Actions en faveur des plus démunis

Le plan sésame destiné aux personnes du troisième âge est revalorisé en même temps que l’augmentation de 10% des pensions de retraite en 2012. Pour les travailleurs, une baisse de l’impôt sur les revenus en 2013 a permis d’injecter 44 milliards de francs CFA dans les ménages. Toujours, dans le sens de l’amélioration des conditions de vie, les députés ont voté la loi 2014/03 du 22 janvier 2014 pour faire baisser les loyers de 29% pour les plus démunis, de 14% pour les classes moyennes et de 4% pour les plus aisés et selon les types de logements occupés même s’il subsiste encore des insuffisances à corriger à ce niveau. De plus, dès les premiers mois de son entrée en fonction, le président SALL a mis en application la baisse du prix des denrées de premières nécessités depuis avril 2013 (riz, huile, sucre, farine, gaz, essence, etc.).

Par ailleurs, la mise en place de la carte d’égalité des chances pour les personnes vivant avec un handicap est à saluer car elle permet de donner plus de chances à cette catégorie de personnes souvent considérée comme des citoyens de seconde zone et oubliée des politiques sociales de l’Etat. Plus de 50 000 personnes ont pu en bénéficier, un peu plus que l’objectif de départ ! A cela, s’ajoute le fait que les bénéficiaires de la BSF sont désormais enrôlés dans la CMU où leurs soins sont gratuitement pris en charge par l’Etat.

Accès à l’eau et l’assainissement

Cette volonté de lutter contre les injustices sociales et de rétablir l’équité territoriale a conduit le Gouvernement SALL à lancer le Programme d’Urgence de Développement Communautaire (PUDC) en juillet 2015 pour résorber le plus rapidement possible les inégalités de développement humain entre le rural et l’urbain sénégalais. Sa première phase (2015-2016) a été entièrement financée sur fonds propres du Gouvernement du Sénégal à hauteur de plus de 113 milliards 339 millions de francs CFA. En termes de pistes de production, 4 000 km ont été construits. Grâce au volet hydraulique du PUDC, 229 forages ont été réalisés. Le taux d’accès à l’eau potable en milieu urbain est à plus de 98% contre plus de 91% en milieu rural en 2017. En milieu urbain, les deux projets phares en cours de réalisation (KMS3 et l’usine de dessalement de l’eau de mer) vont produire 300 000 mètres cubes d’eau potable par jour. L’assainissement n’est pas en reste. Le taux d’accès global à l’assainissement est à plus de 53% en 2017. Il est à plus de 67% en milieu urbain contre plus de 42% en milieu rural pour la même année. A cela, s’ajoute le programme PROMOVILLES qui constitue une solution pour accompagner la modernisation des villes secondaires du pays.

Accès à l’électricité

En matière d’accès à l’électricité, la politique du mix énergétique a fait porter la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité au Sénégal à 19%. Ce qui est très important, compte tenu de l’exigence et de l’urgence écologiques. Par ailleurs, le Sénégal est passé de 573 MW en 2011-2012 à 613 MW en 2016 puis à 1 141 MW en 2018, avec un objectif de 1 264 MW en 2019 en termes de puissance totale grâce à l’énergie solaire, éolienne, hydraulique, etc. Le coût de production de l’électricité est passé de 97 à 44 francs CFA le KWH et le nombre total d’heures de coupure a considérablement chuté de 950 heures en 2011 à 24 heures en 2018. La SENELEC est ainsi passée d’une situation déficitaire à une situation excédentaire et exportatrice d’électricité vers les pays voisins. Avec 2 329 villages électrifiés, 3 300 000 compatriotes ont pu accéder à l’électricité. Le taux global d’électrification du Sénégal est passé de 54 à 60%. En milieu rural, ce taux est passé de 27% en 2012 à 47% aujourd’hui. Ces performances dans le secteur de l’énergie ont permis d’alléger progressivement la subvention de l’électricité jusqu’en 2015 (105 milliards en 2012 ; 88 milliards en 2013 ; 79 milliards en 2014 et 7 milliards en 2015, soit 279 milliards de francs CFA au total de 2012 à 2015) et son abandon en 2016 et une baisse du prix de l’électricité en 2017.  En effet, le Gouvernement SALL a baissé de 10% le prix de l’électricité en 2017, soit 30 milliards de francs CFA injectés dans la poche des consommateurs. Il va sans dire que cette baisse du prix de l’électricité impactera positivement le pouvoir d’achat des ménages mais elle renforcera aussi la compétitivité des entreprises en baissant leur coût de production.

Infrastructures de mobilité et désenclavement

En termes d’infrastructures de mobilité, le réseau autoroutier est passé de 32 km en 2011 à 221 km aujourd’hui. Les travaux de l’autoroute Mbour-Fatick-Kaolack viennent d’être lancés. En fin janvier, « le pont de la sénégambie » a été inauguré sans oublier la construction de 13 ponts à travers le pays. Le pont de Farafégny, une vieille doléance depuis le gouvernement socialiste, contribue à désenclaver la Casamance, une région économique très importante pour le Sénégal. Il a été inauguré en janvier 2019. Le Train Express Régional (TER) de 55 km pour transporter 115 000 passagers par jour relie Dakar au nouvel aéroport international Blaise Diagne. Lequel aéroport a été exécuté à 67% et finalisé par le Gouvernement SALL. En perspectives, il faudrait ajouter le Bus Rapid Transit (BRT) qui assurera la liaison sud-nord de Dakar a une capacité de 300 000 voyageurs par jour. Les entreprises de transport artisanales sont déjà dotées de plus de 2 500 minibus à travers le pays. La société de transport urbain Dakar Dem Dikk a pu mettre en place des lignes de bus pour le transport interurbain. Dans ce cadre, le Programme d’Urgence de Modernisation des Axes et territoires frontaliers (PUMA) a contribué au désenclavement des zones frontalières et à l’accès des infrastructures socio-économiques de base.

Politique fiscale

Dans le cadre de la 12e Législature, les députés ont voté, en plus des lois concernant la CMU, la Bourse familiale, entre autres, un nouveau Code général des impôts (loi n°2012/31 du 31 décembre 2012) qui a permis de baisser l’impôt sur les revenus de 15% (pour les plus riches) à 100% (pour les plus démunis). Ce qui a permis d’injecter environ 44 milliards francs CFA dans la poche des consommateurs. Si le taux de l’impôt sur les sociétés est passé de 25 à 30%, la fiscalité sur les biens immobiliers a chuté de 15 à 10%.

Gouvernance locale et ressources minières

Dans le domaine de la gouvernance locale, l’Acte 3 de la décentralisation (loi 2013/10 du 28 décembre 2013 portant Code général des Collectivités locales) a été voté par les députés pour créer des territoires viables, compétitifs et porteurs de développement durable par l’entremise de la territorialisation des politiques publiques. Ainsi, la communalisation intégrale et la création de Conseils départementaux (par la suppression de la région en tant que collectivité) permettent d’ouvrir des perspectives de développement local au sein des territoires. Cette nouvelle approche est d’autant plus nécessaire que le Sénégal vient de faire d’importantes découvertes de réserves de gaz et de pétrole.

Sur le plan des ressources minières, le nouveau Code minier (loi n°2016/32 du 08 novembre 2016) voté par l’Assemblée nationale a intégré la protection de l’environnement et établi une nouvelle grille de répartition des revenus miniers dont 60% des taxes reviennent à l’Etat central, 20% pour l’administration des mines et 20% pour les collectivités territoriales. Ces dernières reçoivent en plus 0,5% du chiffre d’affaires annuel hors taxe des sociétés minières. Etant donné que le Sénégal a adhéré en octobre 2013 à l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) qui est une norme internationale pour la transparence dans la gestion des revenus miniers, gaziers et pétroliers, tous les contrats et revenus miniers des acteurs sont désormais, obligatoirement, publiés. La presse dont le nouveau Code a été voté le 20 juin 2017 (loi n°14/2017) pourra grandement participer à ce jeu de transparence grâce à un professionnalisme plus poussé, dans des conditions meilleures, des entreprises de presse (audiovisuelle, écrite et en ligne).

Education nationale

Dans le domaine de l’éducation nationale, des progrès importants sont accomplis. En effet, 10 000 salles de classe, 340 écoles, 203 collèges, 36 lycées, 185 écoles coraniques modernes, 20 blocs scientifiques et technologiques ont été construits. Les investissements dans l’éducation sont passés de 310 milliards en 2011 à 477 milliards de francs CFA en budget pour 2019. Le taux d’abris provisoires est passé de 18% en 2011 à 11% en 2015.

Enseignement supérieur

L’université est le lieu par excellence de la révolution des mentalités, de la construction et de la naissance d’un Nouveau Type Sénégalais (NTS), comme la société civile se plaît à le dire. Créer les conditions de développement revient à réformer l’enseignement supérieur. La loi cadre sur les universités publiques du 26 décembre 2014 permet de renouveler la gouvernance des universités à travers la composition du conseil d’administration dans le but d’établir un pont entre le monde du travail et celui de l’université en alignant les formations sur les besoins du monde des entreprises. Afin d’accroître le taux d’employabilité des étudiants qui sortent diplômés mais qui ne trouvent pas de travail, la nouvelle politique consiste à réorienter l’enseignement supérieur vers les filières scientifiques et techniques. Dans cette même logique, l’enseignement technique et professionnel est porté par la création d’un réseau d’Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (ISEP) dans les métiers de l’agriculture, de l’industrie, de l’artisanat, etc.

Mais, la réforme universitaire laisse au Conseil académique son autonomie pour les questions scientifique, pédagogique, académique et de recherches. Le Recteur est désormais nommé par le président de la République après un appel à candidatures, contrairement à ce qui se faisait avant c’est-à-dire après proposition du ministre de l’enseignement supérieur. Par ailleurs, le Gouvernement SALL a mobilisé 130 milliards de francs CFA pour construire deux nouvelles universités, avec une capacité d’accueil de 30 000 étudiants chacune pour démarrer. L’une est spécialisée dans l’agriculture et ses métiers connexes dans le Sine-Saloum, l’autre, à Diamniadio, est spécialisée dans les nouvelles technologies. Ainsi, la carte universitaire touche à 12/14 régions du Sénégal.

Ces infrastructures universitaires devraient permettre de mieux accueillir les nouveaux bacheliers dont plus de 70% sont des littéraires. Le doublement de la capacité d’hébergement des étudiants à l’UCAD, la revalorisation des bourses et la baisse du prix de la restauration sont des mesures qui améliorent les conditions d’études. En plus, pour encourager les sciences, les techniques et les mathématiques, le Gouvernement a décidé d’attribuer automatiquement une bourse entière à tous les bacheliers des disciplines scientifiques. Le Gouvernement a commencé par faire auditer d’abord le fichier des étudiants boursiers pour partir sur de bonnes bases dans un souci de transparence et d’équité. Ce travail d’audit a révélé que plus de 35 000 bénéficiaires percevaient indument des allocations d’études. Le préjudice est évalué à plus de 10 milliards de francs CFA par an !

Concernant les conditions des étudiants, les bourses entières sont passées de 36 000 à 40 000 francs CFA pendant que les demi-bourses sont passées de 18 000 à 20 000 francs CFA. Les bourses d’excellence sont majorées à 60 000 F CFA tandis que celles attribuées à des étudiants en partance pour l’étranger sont majorées à 426 372 francs CFA par mois. La bourse doctorale d’alternance est de 600 000 francs CFA par mois pendant le temps passé à l’étranger, 60 000 francs CFA par mois au Sénégal et un billet d’avion Aller/Retour par an durant les 3 années de thèse. Un dispositif de bourse de mobilité est mis en place pour encourager les échanges inter-universitaires.

Agriculture

Sur un autre plan, au Sénégal, une bonne politique de développement inclusif ne saurait faire abstraction du monde rural et agricole. C’est pourquoi le Gouvernement SALL accorde plus d’importance au secteur agricole qui emploie plus de 60% de la population active. Cela justifie d’ailleurs amplement la revalorisation du prix de l’arachide à 190 francs CFA le kg dès sa première année de gouvernance puis à 200 francs CFA de 2014 à 2016 et enfin à 210 francs CFA le kg de 2016 à 2018. Ce qui veut dire que, le Gouvernement a subventionné l’arachide car le prix à l’international s’est toujours situé en dessous du prix plancher qu’il a fixé.

Le capital semencier de l’arachide est passé de 6 000 tonnes en 2013 à 25 000 tonnes de semences certifiées en 2015. La quantité de semence de riz est passée de 1 290 tonnes en 2011 à 6 000 tonnes en 2015. La politique de reconstitution du capital semencier coûte 5 milliards de francs CFA par an à l’Etat. A cela, s’ajoute la subvention des semences à hauteur de 41%, de l’engrais à hauteur de 50 à 55% sans oublier que l’engrais pour le riz a été subventionné à 100% en 2015. Parallèlement, il y a une politique de mécanisation de l’agriculture qui se manifeste par une exonération fiscale des matériels agricoles dont la subvention varie de 60% pour les matériels motorisés (2 000 tracteurs en 2015) à 70% pour les matériels attelés (38 000 unités en 2016). Ce qui a fait grimper la facture de subvention des facteurs de production à 40 milliards de francs CFA par an. Cette politique de soutien s’est traduite par une augmentation du taux de mise en valeur des terres au Sénégal. Lequel taux est passé de 34% en 2014 à 59% en 2015. La même tendance est observée dans la Vallée du fleuve Sénégal, dans le bassin de l’Anambé et dans d’autres zones du pays qui ont vu l’expansion de la riziculture dans les plateaux, les mangroves et les bas-fonds grâce à de nouvelles variétés de semences mises au point par la recherche (Nérica 1, 4, 5, 6, L et S44).

Cette politique volontariste a permis d’avoir des résultats probants. En effet, grâce au Programme National d’Autosuffisance en Riz (PNAR) qui vise la production de 1 600 000 tonnes de riz paddy, le Sénégal a enregistré une production qui est passée de 469 649 tonnes en 2012 à 906 348 tonnes en 2015 puis à 950 779 tonnes en 2016 avant d’atteindre 1 132 795 tonnes en 2018, soit une hausse de 47% par rapport à la moyenne des 5 dernières années.

A la date du 7 novembre 2018, la production des céréales est évaluée à 2 732 109 tonnes, celle de l’arachide à 1 432 086 tonnes. La production horticole est estimée à 1 423 250 tonnes. L’oignon et la pomme de terre ont respectivement connu une hausse de leur production avec 428 615 tonnes et 140 000 tonnes. Toutes ces spéculations ont enregistré une hausse de 23 à 49% voire plus de 116% pour la pomme de terre par rapport à la moyenne des 5 dernières années ! Parallèlement à ces productions records, les exportations des produits horticoles ont pu atteindre 106 200 tonnes en 2016-2017, soit 8% de plus.

En perspectives, 3 nouveaux programmes sectoriels devront être déroulés : les programmes « zéro bidonville », « zéro déchets » et « villes créatives ». Ces programmes s’inscriront dans 5 grandes initiatives nationales à savoir : PSE : Jeunesse 2035 ; PSE : Economie sociale et solidaire ; PSE : Société numérique inclusive ; le PSE vert ou la reforestation durable du territoire national ; le PSE : Cap sur l’industrialisation. En somme, il s’agit de dérouler le PSE 2 pour l’avenir.

Dr Sidy Tounkara