Portrait de Germaine Acogny: la prêtresse Béninoise

Dakarmidi – Germaine Acogny,  née en 1944 est une danseuse et chorégraphe Bénino-Sénégalaise.                En 1968, Germaine crée son studio de danse africaine à Dakar. Puis, elle devient membre actif dans le centre Mudra Afrique de 1977 à 1982. En s’installant à Bruxelles, elle concocte des spectacles mondiaux de danse africaine qui ont connu de grands triomphes. En 1995, elle monte un centre international de danses africaines. Entre 1997 et 2000, elle est directrice artistique de la danse et de la chorégraphie ‘d’Afrique en Création’ à Paris. En sus, elle a fondé l’association  »Jant-Bi, l’École des Sables » en 1998 à Toubab Dialo au Sénégal.

Elle est  également  une ambassadrice et véritable figure emblématique de la danse et culture africaine depuis plusieurs décennies. Il ’est important d’avoir des références d’artistes africaines pour pouvoir se construire et s’épanouir, telle que la Franco-Sénégalaise, Germaine Acogny. Si la plupart de ces danses ont conservé leur forme originale et leur place dans les sociétés traditionnelles, d’autres se sont développées, ou ont fusionné avec des danses dites modernes ou inspirées tout simplement de nouvelles expressions chorégraphiques. Beaucoup la surnomment «mère de la danse africaine contemporaine». Mais la Franco-Sénégalaise, Germaine Acogny, la soixantaine, affectionne plutôt d’être «la fille noire» de Maurice Béjart.

A l’«École des sables» son centre chorégraphique de Toubab Dialaw, à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de Dakar, la chorégraphe, assise sous un arbre, revisite ses souvenirs, arborant un crâne rasé, épuré, qui a remplacé ses longues tresses. C’est grâce au président Léopold Sédar Senghor qu’elle a été présentée en 1975 à Bruxelles à Maurice Béjart, où le Français, d’origine sénégalaise – arrière-petit-fils d’une famille de Saint-Louis du Sénégal – dirigeait «Mudra» une école de danse. Une «rencontre extraordinaire» pour Germaine, à l’époque, trentenaire, divorcée, qui n’avait, pour élever seule ses deux enfants, qu’un salaire de professeur d’éducation physique dans un lycée dakarois. Pour subvenir aux besoins de sa petite famille, elle a aménagé la cour de sa villa en espace de danse. C’était sa première école de danse, dans un quartier au centre-ville à Dakar.

Avec son nouveau solo, Songook Yaakaar, Germaine Acogny livre une parole sur l’Afrique, ses grandeurs et ses failles, sans détour ni violence, mais avec courage. Dans ce solo, dansé, parlé et engagé. Elle prouve qu’elle reste une aventurière prête au risque. Inspirée par la nature et le quotidien africains, la chorégraphe crée des mouvements permettant de retrouver le « corps oublié », le sol, la terre, le rythme, le battement du cœur et de redécouvrir un nouveaux flux d’énergie du corps. Son travail issu d’une synthèse de danses traditionnelles d’Afrique de l’Ouest et de danses contemporaines occidentales révèle une approche spécifique de l’individu et tend à l’universel.

La Rédaction.