Parrainage citoyen: le filtre de Macky Sall

Le parrainage citoyen est devenu l’une des conditions de recevabilité des candidatures à la présidentielle – L’un des arguments avancés par le régime en place est d’éviter un désordre institutionnel consécutif à une organisation chaotique d’élection

Le parrainage citoyen est devenu l’une des conditions de recevabilité des candidatures à l’élection présidentielle. Si ses pourfendeurs, surtout de l’opposition, le considèrent comme un moyen de barrer la route à d’éventuels candidats, ses souteneurs de la mouvance présidentielle y voient un levier démocratique pour plus de justice dans la vie politique, car étendu qu’il est à tous les candidats, aussi bien investis par les formations politiques qu’aux candidats indépendants. Ledit système de filtre permet au peuple de cautionner ou pas, et ce en amont, les candidatures de ceux qui prétendent présider à ses destinées. L’un des arguments avancés par le régime en place est d’éviter un désordre institutionnel consécutif à une organisation chaotique d’élection.

Pour la présidentielle, les candidats indépendants, comme ceux présentés par des partis ou coalitions de partis sont alors obligés de recueillir des signatures d’au moins 0,8%, soit en valeur absolue 53.000, et d’au maximum 1%, soit en valeur absolue 67.000 électeurs inscrits sur le fichier électoral. Ces électeurs doivent être domiciliés dans au moins 7 régions, à raison de 2000 électeurs au moins par région. Un électeur ne peut, cependant, parrainer qu’un seul candidat. Il lui sera demandé son prénom, nom, circonscription électorale d’inscription, numéro de Carte d’électeur, ainsi que sa signature. Il lui sera aussi demandé un autre élément d’identification, appelé discriminant.

Si un électeur appose sa signature sur plus d’une liste, sa signature n’est validée que pour le candidat qui aura déposé le premier son dossier de candidature au Greffe du Conseil constitutionnel. S’il est avéré que la présence d’un parrain sur plus d’une liste relève d’une volonté de fraude, le parrain fautif encourt une peine d’emprisonnement de 1 mois à 1 an et d’une amende de 10.000 à 100.000 Fcfa.

A noter aussi qu’il est formellement interdit d’organiser une collecte de parrainage dans les cantonnements militaires ou paramilitaires, ou encore les services militaires et paramilitaires, ainsi que  les établissements de santé.

La Rédaction