Exclusif – Quand Philippe Bohn imposait à Macky Sall l’acquisition de 2 ATR72 -600 à la place du Q400, Dakarmidi avait aussi alerté le Chef de l’Etat

Dakarmidi – Philippe Bohn, enfin la chute d’un ennemi du Sénégal. Le tapis rouge lui était dressé, le Président l’avait préféré à l’expertise locale, lui qui n’est pas d’ailleurs un professionnel de l’aéronautique. Philippe Bohn a abusé de la confiance de Macky Sall, fait perdre à l’état du Sénégal des millions d’euros et gagné sur son dos les mêmes montants, grâce à une ruse implacable qui a échappé à tout un dispositif de veille de notre République. Macky Sall, depuis le début de l’affaire, a été berné. Et pourtant depuis Septembre 2017, Dakarmidi, pris pour un site qui s’acharnait sur Bohn, n’a cessé d’alerter le Président de la République de la mauvaise direction que prenait la compagnie. D’abord le recrutement de Maillet comme second de Bohn fut le premier séisme de la compagnie, lui qui a fait couler Congo Airways et qui a même quitté le pays en catimini, cela ne présageait guère de bons signes. Ensuite le recrutement du camerounais Désiré Fouet, très proche de Maillet, ce dernier ne se déplace jamais sans le premier pour des raisons profondes qui les lient tous les deux. Ensuite la présence de Sophie Ipend dès le tout début, elle qui était dans la compagnie, très bien rémunérée et gérée à distance par les hommes du palais. Son profil n’a jamais collé à celui d’Air Sénégal. Pour le trio Bohn-Maillet-Ipend, le plus important était de s’enrichir et cela ils l’ont qu’en même bien réussi.

Philippe Bohn savait que ni la Ministre Maimouna Ndoye Seck, ni le Dg de la CDC Aliou Sall ne pouvaient être des freins au déroulement de son plan. Les deux personnalités précitées n’ont malheureusement pas les bagages techniques pour barrer la route à Bohn ni même la poigne de lui dire stop. Philippe Bohn est un bon orateur, un homme fin qui s’impose et qui a une facilité à convaincre n’importe qui.

C’est d’ailleurs la grande difficulté de Macky Sall, au moment du choix des appareils devant affréter les futurs passagers de Air Sénégal. Philippe Bohn s’était fixé à Airbus pour uniquement des raisons de commissions et non de qualité ni de performance. Le choix d’acheter deux ATR72 – 600 (Avion Franco Italien fabriqué par Airbus group) n’était pas fortuit, puisque Philippe était de la haute hiérarchie de cette compagnie et y a toujours ses entrées. Et pourtant, les grands experts de l’aéronautique sont unanimement d’accord que le Q400 (Avion Canadien fabriqué par Bombardier) a un meilleur profil comparé à l’ATR72. Il est équippé d’un APU (Auxiliary Power Unit : Groupe embarqué auxilaire) qui permet l’alimentation électrique de l’avion et sa climatisation lorsque les moteurs sont arrêtés, alors que l’ATR72-600 dans les mêmes conditions, nécessite le branchement d’un GPU (Ground Power Unit : Groupe électrogène) et d’un Groupe de climatisation externe. Sur les terrains non dotés de ces deux équipements, il faudra nécessairement maintenir un moteur (turbine) en fonctionnement pour pouvoir maintenir les passagers et l’équipage à bord pendant le temps d’escale.

Le business plan établi par Seabury group en Décembre 2016, détermine le coût d’acquisition de l’ATR72-600 à 22,7 Millions de $, soit environ 19 Millions € par avion. Il était donc budgétisé pour les deux avions à $45,4 millions soit €37,9 millions à l’époque.

En Juin 2017, soit 06 mois plus tard, Mme la Ministre du Tourisme et des Transports Aériens, Maïmouna Ndoye Seck accompagnée de Mr Mamadou Lamine Sow, alors DG de la compagnie, s’envolent pour le Salon aéronautique du Bourget pour signer la convention d’acquisition de ces appareils pour un montant total, tenez vous bien de €50 millions. La ruse de Bohn était bien en marche. Il était derrière tout ce scandale, poussant le régime de Macky Sall à commettre l’irréparable.

Stupéfaction et émoi d’ailleurs dans le milieu aéronautique international, la signature de cette convention fait les gorges chaudes au salon du Bourget ! Plus de €12millions de différence du coût d’acquisition entre Décembre 2016 et Juin 2017.
On a jamais enregistré une telle inflation des prix sur une si courte période dans tous les marchés de l’aéronautique!
31% d’augmentation du prix catalogue de l’avion en moins de six mois !!!
Il y’a forcément un « loup » quelque part qu’il faut débusquer! Ce sont, tout de même, près de fcfa 8 milliards dont-il est question.
Quand on sait que le Q400 Neuf, sorti d’usine coûte $32Millions pièce soit €26 millions, il y a de quoi se cogner la tête contre les murs. Philippe Bohn venait d’embarquer le Sénégal dans un décollage sur terre battue.

Si aujourd’hui il y a controverse autour du départ de Philippe Bohn, c’est parce ce dernier cherche à noyer la vérité et à sauver sa peau. Malheureusement en Afrique de l’Ouest, les hommes de « Françafrique » sont immunisés, rien ne peut leur arriver même s’ils commettent les plus grands crimes sur nos terres. Ils sont élevés au grand ordre avant même que ne leur soient confiées des missions. C’est le cas de Philippe Bohn, qui a obtenu le PEA pour la compagnie bien après les délais, nous laissant une ardoise de dette assez salée pour se confondre à un chiffre d’affaire imaginaire de 100 millions d’euros sur une base annuelle. Archi faux révèle un expert comptable qui débusque la faille de la gestion de Bohn en la comparant au business plan initial du groupe Seabury de Décembre 2016.

Maintenant que les carottes sont cuites, il faut trouver des professionnelles en la matière pour redresser la situation au plus vite.

La constitution du Sénégal donne à son Président de la République le droit de nommer à tous les postes, et quand il se trompe il se trompe tout seul malheureusement. Le cas de Bohn en est la preuve. Air Sénégal a vraiment coulé.

La rédaction