Cérémonie d’installation des membres du Conseil supérieur des collectivités territoriales – l’intégralité de l’allocution du Président de la République

Dakarmidi – Honorables invités,
Mesdames, Messieurs,

J’ai initié la réforme de la Décentralisation dénommée acte III, qui incarne la refondation majeure de l’action territoriale de l’Etat, en vue d’organiser le Sénégal en territoires viables, compétitifs et porteurs de développement durable.
Des territoires organisés et responsabilisés qui planifient, bâtissent et construisent leur émergence.
Des territoires qui traduisent les politiques publiques décidées par l’Etat, en réalité.
Des territoires initiateurs d’actions économiques, créateurs d’emplois, d’avenir et vecteurs de solidarité.
Avec cette réforme, il s’agit de construire le Sénégal à partir de chaque territoire en privilégiant une participation de tous les acteurs territoriaux fondée sur la concertation, la coopération et la coproduction.

Mesdames, Messieurs
Cette grande réforme, exige la modernisation de la gestion publique territoriale, avec la promotion soutenue de la qualité des ressources humaines.
Elle exige, aussi, des acteurs socialement protégés, professionnellement respectés parce que bien formés, et responsabilisés parce que pleinement impliqués.
C’est dans cet esprit que le Gouvernement s’est engagé à rendre effective la fonction publique locale, à travers la signature des quatorze (14) décrets d’application de la loi relative au Statut général des Fonctionnaires des collectivités locales.
Cet engagement du Gouvernement traduit mon ambition d’offrir aux agents des collectivités territoriales un statut attrayant et sécurisant, répondant aux principes d’unité, de parité, de mobilité et de libre administration des collectivités locales.
Pour toutes ces raisons, je suis heureux de procéder, ce matin, à l’installation officielle du Conseil supérieur de la Fonction publique locale dont la création s’inscrit dans le renforcement de la démocratie territoriale, exigence de citoyenneté et levier de croissance.
Organe de dialogue, de régulation et de veille, le Conseil supérieur a pour mission principale de donner des avis et recommandations sur toutes les questions à caractère général intéressant les fonctionnaires des collectivités locales et la Fonction publique locale.
Cette instance devra insuffler une nouvelle dynamique à la réforme de la fonction publique locale, indispensable à une gestion efficiente des compétences transférées aux collectivités locales.

Cette plateforme de concertation nous permettra d’accroitre la représentation des travailleurs, de développer le dialogue social et de promouvoir les espaces de co-décision, gage d’une administration locale forte, structurée et intègre.
Elle témoigne, ainsi, de mon attachement particulier à une gestion inclusive, préventive et apaisée des compétences et des carrières des agents des collectivités territoriales.
Au-delà de l’amélioration de leurs conditions de travail, la fonction publique locale, devrait permettre aux collectivités territoriales de disposer de ressources humaines de qualité.

Mesdames, Messieurs,
L’absence d’un statut des fonctionnaires des collectivités territoriales est une limite dans notre organisation territoriale.
En effet, l’expérience du régime d’emploi local qui régit le personnel depuis notre indépendance n’est plus en conformité avec l’importance accrue et la complexité des missions dévolues aux collectivités territoriales n’est plus adaptée aux exigences de plus en plus fortes et variées des populations.
D’où l’intensification de la mise en place effective de la fonction publique locale, qui permettra dorénavant de recruter et de gérer le personnel, en tenant compte des ressources budgétaires et des spécificités de chaque collectivité locale.
Une gestion dans laquelle, le Conseil devra jouer un rôle fondamental en privilégiant une démarche fondée sur l’équité, la transparence et la compétence.
C’est pourquoi, le Gouvernement a veillé à ce que le Conseil soit composé de femmes et d’hommes compétents, dotée d’une expérience avérée dans tous les domaines permettant de garantir la prise en compte efficace des préoccupations des différentes parties prenantes.
Je note ainsi pour m’en réjouir, la mise en place au sein du Ministère chargé de la question d’une « Cellule de veille sur la fonction publique locale ».
Cette cellule, doit, dans un esprit proactif, servir de cadre de concertation et de préparation des sessions du Conseil, à travers le recensement, l’étude et l’instruction des dossiers à traiter.
De plus, le Ministre doit prendre les dispositions appropriées pour finaliser sans délai, les projets de décrets portant organigramme-type des collectivités territoriales.
Au demeurant, le Gouvernement veillera à la création diligente d’une structure dédiée à la gestion de la Fonction publique locale, apte à prendre en charge :
– le suivi de la gestion des effectifs, de la masse salariale et des carrières ainsi que la coordination du dispositif de mobilité du personnel;
– l’organisation des concours et examens dédiés au personnel ;
– la diffusion des offres et demandes d’emploi;
– la coordination de la formation continue des agents;
– et, enfin, la gestion et l’animation d’un observatoire de l’emploi, des métiers et des compétences de la Fonction publique locale.
Tout cela, bien entendu, sans remettre en cause le principe constitutionnel de la libre administration des collectivités territoriales.
Mesdames, Messieurs,
Il n’est point besoin de rappeler le rôle déterminant que les collectivités territoriales et leurs agents doivent jouer dans la réussite de cette réforme qui est, avant tout, la leur.
A ce titre, j’exhorte les maires, les présidents de conseil départemental ainsi que tous les élus à travailler étroitement avec le Ministre de la Gouvernance territoriale afin que nous puissions relever ensemble les défis inhérents à cette réforme majeure.
Il s’agira d’accorder une attention particulière à :
– la maitrise de l’évolution des effectifs ;
– l’attractivité et l’adaptabilité aux évolutions des missions des collectivités locales;
– la modernisation des services :
– et l’application stricte des textes régissant cette réforme.
J’invite, parallèlement, les maires et les présidents de conseil départemental à veiller à la prise en charge correcte des droits des leurs travailleurs, à savoir, entre autres, le mandatement à bonne date des salaires, le versement régulier des cotisations sociales, le paiement des indemnités de départ à la retraite et la prise en charge médicale.
Avant de terminer mon propos, je voudrais féliciter Monsieur Yaya Abdoul Kane, Ministre chargé de la Gouvernance territoriale pour le travail remarquable accompli au sein de son Département et pour la manière avec laquelle, il mène cette réforme.
J’associe à ces remerciements les autorités administratives, les maires, les travailleurs et tous les acteurs de la décentralisation pour les efforts consentis en faveur d’un développement territorial inclusif et durable.
Sur ce, je déclare officiellement installé le Conseil supérieur de la Fonction publique locale.

Je vous remercie de votre attention