Brouille entre Me Abdoulaye Wade et Madické Niang : les vérités de Pape Samba Mboup

Exclu du parti, Pape Samba Mboup n’est plus membre du Pds. Mais il a un avis sur la brouille entre Wade et Me Madické Niang.

Wade et Madické Niang se sont brouillés au sujet de la candidature de Karim pour la prochaine présidentielle. À qui donnez-vous raison ?

Madické Niang a raison. Il a été l’avocat de Karim Wade. Il est au fait du dossier. Donc, s’il demande au président de la République d’envisager un plan B, c’est parce qu’il sait que Karim Wade ne pourra pas être candidat. Ce n’est pas parce qu’il est contre Karim Wade, mais plutôt parce qu’il veut sauver le Parti démocratique sénégalais d’une forclusion. C’est un secret de polichinelle, tout le monde sait maintenant que Karim Wade ne pourra pas être candidat à l’élection présidentielle de 2019. Donc, par pure amitié, par loyauté et par fidélité, il a attiré l’attention du président Abdoulaye Wade.

Il vous rejoint, donc…

C’est ce que je reproche à Madické Niang. Il le savait depuis longtemps, il aurait dû le dire. Il y a un an et demi, j’avais parlé du plan B et c’est la raison pour laquelle j’ai été exclu. Et quand je le disais, il savait que j’avais raison. Pourquoi il a attendu maintenant pour le dire alors qu’il aurait dû le dire depuis longtemps et libérer les militants ? Le seul tort de Madické Niang c’est de ne l’avoir pas fait quand il était temps.

 

Abdoulaye Wade semble focalisé sur la candidature de Karim Wade. Selon vous, pourquoi refuse-t-il d’envisager un plan B ? 

C’est la faute des autres responsables du Parti démocratique sénégalais. Ils sont sans vergogne. Il sait qu’en se focalisant sur Karim Wade, personne ne dira rien. Il veut tout pour Karim Wade et rien pour les autres. C’est cela le problème. Alors que nous sommes avec lui, on n’est pas avec Karim Wade. Si maintenant lui ne peut plus être candidat à cause de son âge, il y a des gens au sein du parti qui peuvent l’être.

Qui ?
Les responsables du parti qui sont présidentiables sont nombreux. Mais, personne ne dit rien. C’est ce que j’avais refusé et on m’a exclu alors que je ne suis pas présidentiable. Mon âge ne me le permet pas et je n’y pense même pas. Wade à un amour fou, une passion démesurée pour son fils. Nous avons tous des enfants mais nous savons les gérer. Il est trop sentimental par rapport à son fils. Il est trop faible par rapport à son fils. Je dirais même qu’il nourrit un complexe par rapport à son fils.

Oumar Sarr a déclaré, une nouvelle fois, que Karim sera à Dakar… 
On parle du retour de Karim Wade mais il ne va pas revenir pour retourner en prison. Il était pressé de sortir de prison. Il était pressé qu’on lui accorde la grâce. On lui avait infligé une amende et la contrainte par corps était fixée au maximum. Il ne sera pas au Sénégal. Donc, Abdoulaye Wade n’a qu’à “libérer” les gens. Karim ne fait pas l’unanimité au sein du Pds. Tous ceux qui sont partis, c’est à cause de lui alors que nous travaillons pour son père. Il aurait dû nous choyer. On s’est sacrifiés pour son papa.

Le Pds pourrait-il se retrouver sans candidat ? 
Le Pds ne sera pas sans candidat. Peut-être, il (Wade, Ndlr) nous réserve une autre surprise. C’est un calcul politique. Il y a deux possibilités, si Abdoulaye Wade persiste pour que le Pds collecte des signatures pour le parrainage de son fils : soit il veut récolter le maximum de parrains et poser des conditions pour soutenir un autre candidat soit il va brandir cela au niveau de l’opinion internationale pour dire qu’il y a tel nombre de personnes qui sont pour la candidature de Karim Wade.

Abdoulaye Wade a envoyé une lettre pour regretter ce qui s’est passé entre lui et Madické Niang. Quel commentaire en faites-vous ? 

J’applaudis. Je suis content que Wade revienne à de meilleurs sentiments. Je retrouve Abdoulaye Wade qui reconnait ses erreurs. Il ne faut pas qu’il s’entête. Il faut qu’il écoute bien ce que Madické Niang lui a dit parce qu’il ne fera rien qui puisse nuire à Wade. Combien de fois il m’a appelé pour me conseiller ? Madické Niang est un homme de consensus, de dialogue. Il n’aime pas la violence, il n’aime pas les invectives. Il a une bonne éducation.

La Rédaction