La codépendance émotionnelle

Dakarmidi  – Bien que ces deux termes soient étroitement liés, la dépendance émotionnelle n’est pas la même chose que la codépendance. En fait, dans le premier cas, nous trouvons un individu dont la personnalité dysfonctionnelle le rend dépendant de l’autre pour son bonheur.

Ce type de personne est capable de poursuivre des relations même si elles sont très toxiques et destructrices, puisqu’elle est totalement dépendante de l’autre. Ainsi, elle n’est pas autonome et a une faible estime de soi. Elle considère l’autre personne comme essentielle à sa vie, une condition nécessaire, quel que soit le type de relation.

D’autre part, la codépendance émotionnelle est différente. Dans ces cas, nous trouvons des personnes qui sont dépendantes de la dépendance de l’autre personne. En d’autres termes, il s’agit d’une dépendance à la dépendance de l’autre.

Bien que ce type de relation se retrouve dans tout environnement relationnel (parents et enfants, amitiés, etc.), il est assez courant au sein du couple.

En tout cas, dans les relations où il y a dépendance et codépendance, nous parlons de deux individus qui dépendent l’un de l’autre, bien que d’une manière différente. La personne dépendante ne sait pas comment vivre sans son partenaire, alors que le codépendant est dépendant de ce besoin que la personne dépendante a de lui.

Ainsi, cela peut l’amener à s’occuper excessivement de l’autre, mais pas dans un sens altruiste, plutôt dans un sens manipulateur. Par conséquent, un contrôle excessif, la jalousie et la manipulation peuvent conduire à une relation déséquilibrée et toxique qui peut entraîner une réelle souffrance pour les deux.

Symptômes de codépendance émotionnelle

La faible estime de soi

Une personne codépendante a une faible estime de soi, tout comme la personne dépendante. Cependant, dans son cas, elle essaie de combler son vide ou son déséquilibre en se sentant utile pour l’autre personne qui a besoin d’elle.

La codépendance émotionnelle et le contrôle sur le conjoint

Le partenaire dans la codépendance peut vouloir chercher à tout contrôler.

Comme sa propre stabilité est basée sur le besoin continu de l’autre personne, la personnalité codépendante a tendance à tout faire pour maintenir cette dépendance.

Il est donc normal qu’elle surveille constamment l’autre personne, qu’elle la manipule et même qu’elle sape son estime de soi pour s’assurer qu’elle continuera à avoir besoin d’elle et à en dépendre.

Le besoin d’approbation

Comme le codépendant consacre beaucoup de temps et d’efforts à être utile à l’autre, lorsqu’il ne réussit pas ou n’est pas récompensé pour cela, il peut devenir vraiment frustré.

La crainte que l’autre personne cesse d’être dépendante augmente si elle n’est pas remerciée pour ce qu’elle fait. En d’autres termes, le doute et l’insécurité apparaissent. Le codépendant a donc besoin d’entendre de son partenaire à quel point il est bon et combien il fait pour lui , à quel point il est nécessaire à sa vie.

De plus, si l’approbation n’existe pas, il peut même entrer dans une dynamique de reproche. Et ce dans le but de faire comprendre à la personne dépendante qu’il est indispensable.

Codépendance émotionnelle : le fait de se sentir responsable des sentiments de l’autre

La personne codépendante souffre également. En ce sens, bien que personne ne soit responsable des sentiments d’une autre personne, le codépendant peut avoir le sentiment qu’il est réellement responsable de ce que ressent son partenaire.

Par conséquent, il peut prendre le dessus sur les sentiments de l’autre personne, qui peut se sentir vraiment frustrée de ne pas être capable de le faire se sentir bien et heureux. Son objectif est de devenir indispensable au bien-être de son partenaire.

L’obsession de l’autre

Comme la dépendance à l’égard de l’autre personne est ce qui maintient son estime de soi et comble son vide, le codépendant cherchera constamment des moyens de maintenir cette dépendance et ce besoin. Par conséquent, il réfléchira à tout moment à la manière d’être nécessaire et utile, et peut devenir obsédé.

En effet, il oublie souvent sa propre personne et ses besoins, se perdant dans la manière de rendre l’autre personne toujours dépendante.

Comment remédier à la codépendance émotionnelle ?

Une relation toxique entre une personne dépendante et une personne codépendante doit être corrigée le plus rapidement possible. En ce sens, toutes deux doivent réapprendre et réorienter leur façon de se comporter et de se comporter. En outre, cela exige un grand effort pour accroître l’affirmation et l’estime de soi, et pour laisser derrière soi les craintes et les insécurités.

Cela peut se faire soit par une thérapie individuelle, soit par une thérapie de couple :

  • Tout d’abord, il faut reconnaître qu’un problème existe. Si l’on n’en a pas conscience, il est impossible de la surmonter
  • Le codépendant doit surmonter sa peur d’être seul, de sa propre indépendance, de n’avoir personne pour dépendre de lui. En ce sens, il doit renoncer à s’impliquer et se préoccuper de tenter de changer, de contrôler ou de satisfaire l’autre
  • En outre, la personne codépendante doit réapprendre à aider. Elle doit comprendre que l’aide et les soins viennent de l’altruisme et non de la “manipulation” pour répondre à des besoins personnels. Il s’agit de quelque chose de libérateur et non de prétendre que l’autre personne est plus dépendante
  • Habituellement, la personnalité codépendante apprend ce type de comportement et d’attitude depuis l’enfance. Elle doit donc entamer un processus d’analyse, de prise de conscience et de correction de ce qui a été appris à tort au cours d’une vie
  • D’autre part, les deux partenaires doivent apprendre à fixer des limites, nécessaires à une relation saine

En conclusion

La personne codépendante doit comprendre qu’une relation est fondée sur un lien établi à partir de la liberté et du choix personnel. Garder l’autre “attaché” en lui faisant sentir qu’elle est une condition préalable à son bonheur ne fera qu’engendrer des problèmes. Ce n’est pas non plus une manière saine d’augmenter notre propre estime de soi.