Saisie de cocaïne au Port : Les zones d’ombre d’une affaire

Dakarmidi- Voici une information partagée par Seneweb qui mérite une réflexion sur l’affaire de l’importante quantité de cocaïne saisie au port :

Combien ? Quand ? Comment ? Quels enquêteurs ?… L’affaire de la double saisie de cocaïne au Port de Dakar est truffée de zones d’ombre. Lesquelles couvrent de doutes la version officielle.

La douane a saisi en trois jours plus d’une tonne de cocaïne au Port de Dakar. Il s’agit exactement d’une tonne et 36 kg. Deux cent trente-huit kilos, mercredi, à bord d’un navire en provenance du port brésilien de Paranagua (Sud du pays). Sept cent quatre-vingt-dix-huit kilos, samedi, à bord du Grande Nigeria, un bateau spécialisé dans le transport de voitures, parti du même port que le premier.

Le même mode opératoire est employé pour les deux chargements illicites : la drogue est dissimulée dans quelques voitures d’un lot de Renault. La première cargaison devait finir sa route à Luanda, en Angola. La seconde, à Hambourg, en Allemagne.

L’enquête est confiée à la Brigade d’intervention de la police (Bip) et à l’Unité mixte de contrôle des conteneurs (Umcc), qui regroupe des éléments de la douane et des autres forces de défense et de sécurité.

Une quinzaine de personnes, dont le capitaine italien et l’équipage du deuxième navire, a été arrêtée.

Ça, c’est la version officielle. Celle servie par l’administration douanière et qui pose de nombreuses questions.

Où sont passés les 80 kg ?

Première question : quelle est la quantité exacte saisie ? 238 kg + 798 kg, seulement ? Davantage ?

Selon des informations publiées sur Seneweb, samedi durant la journée, donc avant l’annonce de la deuxième prise, dans la nuit du samedi au dimanche, 80 kg de la cocaïne saisie se sont volatilisés.

Aussitôt après la publication de cette information, un responsable de la douane nous a contactés pour la démentir. Catégoriquement. Sans réserve. Alors qu’il reconnaîtra que l’un des véhicules utilisés pour cacher la drogue présentait des traces de la substance prohibée. Ce qui peut laisser supposer qu’une partie de la saisie pourrait avoir été soustraite frauduleusement.

Deuxième question : les saisies ont-elles été effectuées en trois jours d’intervalle et aux dates indiquées officiellement ?

Un haut gradé des forces de défense et de sécurité en doute. Il a partagé ses réserves avec Seneweb : « Comment le même convoyeur peut-il laisser son deuxième navire rempli de drogue accoster dans un port où quelques jours plus tôt sa première cargaison contenant la même substance a été saisie ? Ça ne me semble pas logique. Je crois qu’une seule saisie a été effectuée, et elle a eu lieu avant mercredi. »

Une hypothèse crédible ? Difficile d’être affirmatif au regard de la prudence affichée par nos différentes sources. Mais une chose est sure selon un de nos contacts  : le bateau qui transportait les Renault de couleur orange dont certaines contenaient, selon la douane, les 238 kg de cocaïne, a quitté le Port de Dakar depuis dix jours.

Dic, Bip, Umcc…

Troisième question : qui diligente l’enquête ? La Bip et l’Umcc, selon la douane. Qui ne précise pas si ces entités travaillent uniquement sur la deuxième saisie ou sur les deux ?

Une de nos sources informe que la douane, après l’annonce de la saisie des 238 kg de cocaïne, avait sollicité l’aide de la Sureté urbaine en sachant que la Dic, actionnée par le procureur de la République, était déjà sur le coup.

Quatrième question : pourquoi le directeur général de la douane a décommandé son rendez-vous avec des enquêteurs français qui s’intéressent au dossier et, selon nos informations, voulaient inspecter la marchandise ?

Le Quotidien révèle qu’Omar Diallo a d’abord donné son accord pour rencontrer les Français avant d’annuler le rendez-vous « sans explication ». « Ce que personne n’a compris et qui suscite de nombreuses interrogations », signale le journal du groupe Avenir communication.

Cette affaire semble n’avoir pas révélé tous ses secrets. Le haut gradé cité plus haut soupçonne « un deal qui a éclaté alors que les parties étaient en pleines négociations »

 

Nous y reviendrons pour plus de détails