L’équation Abdoulaye Daouda Diallo

Dakarmidi – Est-il l’homme qu’il faut à la place qu’il faut ? Premier policier de la République, Abdoulaye Daouda DIALLO, qui est censé être les yeux et les oreilles du chef de l’Etat, se fait régulièrement fourvoyé. L’affaire des faux «Mbacké-Mbacké» n’est que le tissu débordant montrant un costume beaucoup trop ample pour lui.   

Les Sénégalais ont toutes les raisons du monde de craindre pour leur sécurité. Et pour cause, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Abdoulaye Daouda DIALLO, vient d’être arnaqué une fois de plus. Le premier policier de la République, a, en effet, été roulé dans la farine par de faux «Mbacké-Mbacké» qui lui ont soutiré la coquette de 500 mille francs. Le ministre, qui est, rappelons-le, un inspecteur des Impôts, est tombé dans le piège des escrocs, un peu comme un débutant. Abdoulaye Daouda DIALLO s’est fait arnaquer par une dame qui s’est présentée comme la fille de feu Serigne Saliou MBACKE. Et, sans aucune vérification, le ministre tombe dans le panneau, reçoit illico la dame à qui il remet une pompeuse enveloppe d’argent.

Si c’était la première fois, on aurait, sans doute, pu dire qu’il a été pris de sa bonne foi. Seulement, Abdoulaye Daouda DIALLO n’est pas à son premier coup d’essai. En juillet 2015, en plein Conseil des ministres décentralisé à Fatick, il reçoit un message envoyé sur son téléphone portable. Une fausse information qu’il transmettra au président de la République, selon le journal «L’AS». «Le message en question faisait état d’affrontements au cours desquels, un adversaire de Mbagnick Ndiaye a été mortellement poignardé. Dès que le texto lui est parvenu, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Abdoulaye Daouda Diallo, seule autorité à disposer de son téléphone à tout moment s’est approché du président de la République pour le lui montrer», rapporte le journal.

Rouge de colère rapporte le journal, le chef de l’Etat interpelle sur le champ le ministre Mbagnick Ndiaye qu’il sermonne devant ses autres collègues. Seulement, après vérifications, l’information d’Abdoulaye Daouda DIALLO s’est avérée totalement fausse. Il n’y a jamais eu mort d’homme.

La vérification qui est souvent demandée aux journalistes n’est pas le point fort du ministre dont les informations qu’il transmet au chef de l’Etat sont prises pour parole d’évangile. Abdoulaye Daouda DIALLO informé par on ne sait qui, ne vérifie pas, tout comme il n’anticipe pas. Et vu sa position stratégique, ses manquements peuvent être fatales.

Le 31 juillet 2015, il a certainement dû recevoir des informations biaisées sur la situation à l’université Cheikh Anta DIOP de Dakar. Macky SALL qui y a été accueilli par des jets de pierres, avait évité de justesse de se faire fracasser la tête par des étudiants qui semblaient avoir préparé leur coup. La responsabilité de ce manquent a été imputée à Anna Semou FAYE, alors directrice de la police nationale, pendant qu’Abdoulaye Daouda DIALLO faisait le dos rond.

Si la bonne information échappe souvent au ministre, du point de vue politique, il peine à rassurer. L’accusant d’incompétence, de parti pris, l’opposition l’a disqualifié quant à l’organisation des prochaines joutes électorales. Les complaintes et les demandes de sa mise à l’écart ont pris écho dans presque tous les sièges des partis politiques de l’opposition.  «Son départ n’est même plus une demande de l’opposition, mais une demande sociale. C’est quelqu’un qui a montré ses limites objectives à tout point de vue», avait dit Déthié FALL, le vice-président du parti Rewmi, lors de la présentation du rapport de la Commission de revue du code électoral. Au mois de novembre dernier, quand les statistiques de la police ont été publiées, de nombreuses langues se sont déliées accusant le ministre d’avoir gonflé les chiffres. Pour ce qui est des manifestations autorisées, le ministre aurait ajouté les sabar et les  simb.

Le tableau n’est pas totalement noir. Ce que personne ne peut nier à Abdoulaye Daouda DIALLO, c’est qu’il sait bien s’y prendre quand il s’agit de mater des manifestants récalcitrants.

 

Walfnet