Gambie: Calme à Banjul, au lendemain du départ de Yahya Jammeh

Dakarmidi – Des manifestations de joie avaient suivi, samedi soir, le départ du président sortant à bord d’un avion privé en direction de Conakry, au terme de 6 semaines de crise politique ayant poussé à l’exil des milliers de Gambiens.

Le calme régnait dans la capitale gambienne Banjul, dimanche matin, au lendemain du départ en exil du président Yayha Jammeh après 22 ans de pouvoir, ont rapporté des témoins à Anadolu.

Des manifestations de joie avaient suivi, samedi soir, le départ du président sortant à bord d’un avion privé en direction de Conakry, au terme de 6 semaines de crise politique ayant poussé à l’exil des milliers de Gambiens.

Le président élu, Adama Barrow, qui se trouve au Sénégal depuis une semaine pour des raisons de sécurité, souhaite « le plus rapidement possible » rentrer à Banjul, a informé samedi soir, dans une conférence de presse à Dakar, Marcel Alain De Souza, président de la commission de la Commission économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) qui gère le dossier de la crise dans ce pays quasiment enclavé dans le Sénégal.

« Mais la stratégie est qu’on puisse sécuriser d’abord Banjul et l’ensemble du pays avant qu’il (Adama Barrow) ne puisse s’installer. (…) La sécurisation nécessitera qu’on puisse initier un certain nombre d’actions, sur le plan de la sécurité, la défense et l’unité nationale, pour qu’il n’y ait pas de chasse aux sorcières », a dit le président de la Cédéao.

De Souza a confirmé la présence de mercenaires fidèles au président Jammeh qui auraient déclenché des tirs de sommation à l’entrée des troupes de la Cédéao en territoire gambien, jeudi soir. « Ils ont été neutralisés », a assuré de Souza en promettant d’encourager, d’un autre côté, le retour des personnes déplacées.

Début décembre dernier, Adama Barrow, 51 ans, a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle devant Yahya Jammeh qui l’avait publiquement félicité. Le président sortant s’est rétracté quelques jours plus tard, invoquant des « anomalies électorales » et appelant à la tenue d’un nouveau scrutin.

Le début d’un assaut mené par la force de la Cédéao, alterné avec des pressions diplomatiques et des médiations de pays voisins, ont fini par acculer le président sortant à quitter le pouvoir et s’exiler en Guinée Equatoriale, après une escale à Conakry.