De la mort programmée de la Sénégalaise des Eaux ! (Par Babacar Ba)

Dakarmidi – L’adjudication du marché de l’eau portant gestion et exploitation de l’hydraulique urbaine est faite au profit de la société française Suez. Une décision de la commission des marchés du Ministère de l’hydraulique malgré une offre financière plus intéressante de la SDE, 277 FCFA le m3 contre 298,5 FCFA de Suez. Déjà, comme pour préparer l’opinion publique à une telle décision, le Ministre de l’hydraulique Mansour Faye disait que les critères d’offre financière ne suffisent pas à eux seuls pour attribuer l’adjudication d’un marché public. Admettons!!

Malgré la psychose des impairs et ratés dans la distribution de l’eau particulièrement à Dakar dans le contrat de gestion de la SDE vieux de 22 ans et devant arriver à terme le 31-12-18, la commission d’attribution du ministère de l’hydraulique a validé l’offre technique pour cet appel d’offre au même titre que Suez, VEOLIA parmi 9 prétendants. Il ne restait que le critère du mieux disant, rempli et gagné par la SDE.

En désignant Suez, le ministre Mansour Faye a fait une entorse au code de procédures d’attribution des marchés publics en marge de tout objectivisme.

En privant, l’entreprise nationale, l’entreprenariat local d’un marché de 80 milliards dans des conditions nébuleuses, le Ministère de l’hydraulique s’inscrit dans une dynamique enclenchée par le président Sall avec comme logique: la France gagne tous les marchés au Sénégal. Un choix inopportun particulièrement au grand désavantage de la SDE et de l’emploi local, au delà du 31-12-18, la SDE en perdant ce juteux marché va précariser ses emplois et desarticuler ses comptes d’affaires.

Comment ne pas avoir des suspicions par rapport à cette attribution de marché à Suez? À armes égales dans la soumission, des entreprises utilisent les moyens scandaleux et détournés de la corruption, de la surfacturation, des rétro commissions pour faire la différence et au finish remporter la palme.

Espérons tout simplement que ce ne soit pas le cas dans ce marché d’attribution. Sinon, l’OFNAC, la commission de régulation nationale des marchés publics devraient avoir leur mot à dire face à une procédure d’une telle envergure. C’est mon intime conviction.

Babacar BA
Président Alternatives Citoyennes