Contribution : De la construction historique de l’âme du Soufi par Seydi Haj Malick Sy (Sheikh Alassane Sène)

Dakarmidi- Sur Wikipedia, Seydi Haj Malick (ra) nous est présenté comme une des plus prestigieuses figures religieuses de l’Afrique noire. Un saint homme soufi, qui a par sa plume fertile, toute son existence durant, chanté le Prophète de l’Islam. La grande attraction universelle.

Maodo Malick est un disciple de Aboul Abass Ahmada Tijani (ra) qui a tout au long de sa noble mission creusé un des tunnels qui mènent au meilleur des hommes (psl), indiqué par son illustre petit-fils ci-dessus cité.

Il a incarné au cours de toute son existence, l’élégance dans la courtoisie, dans la conduite, dans la pratique de la foi et dans son intelligence raffinée, d’où d’ailleurs le complexe du colon face à lui.

Ce qui avait étonné le plus ce même colon chez Maodo, c’était cette forme d’éducation mystique religieuse qu’il avait fait essaimer dans les quatre coins du pays. Alors qu’au même moment, les peuples de l’Occident étaient agités, l’église érigée en contrepouvoir, fragilisée. La France n’a pas succombé à cela, naturellement, mais elle a cédé beaucoup plus de droits à ses citoyens au delà des exigences de la 3é République, loin de la survivance des lois monarchiques.

Maodo Malick a créé un espace religieux qui a permis de regrouper tous les hommes qui étaient à la recherche d’énergie en Dieu le Glorifié. Il était un miroir par lequel le visage de Cheikhou Tijan (ra) s’affichait clairement.

Dans sa démarche ésotérique, d’où sa puissance de mystique avéré, humblement étoffée par une science exotérique, il avait fait de ses enseignements des levains immuables pour accéder au divin, l’Ineffable.

Le soufisme tel que prôné par Maodo s’est incarné dans le corps culturel de notre pays, une évidence supralogique au delà du corps transparent de l’homme et à l’hypertrophie du droit colonial évincé par la quête de Dieu sur nos terres.

Il s’était installé à Tivaouane jadis envahie par les vices et les laudateurs païens. Mais par sa haute stratégie, il réussit à transporter tout ce monde dans un voyage vers Dieu à travers les symboles de la philosophie de Cheikh Tidiane. Et cela rappelle le Hijaz du 7é siècle, le Prophète Muhammad (psl) avait un devoir de réorganiser les consciences et de transposer chez chaque être Dieu avec un entendement progressif du livre Saint.

Il a réussi à calibrer les hommes, de sorte qu’ils n’oublient point les faits inhérents à leur foi, à leur amour, à leur tolérance et à être disciples d’un homme autre que lui, dont lui-même est tombé amoureux, Aboul Abass (ra). Il avait d’ailleurs fini par avoir accès à son intimité mystique.

Il a restauré le pacte initial du Prophète sur cette terre devenue sainte (Tivaouane) grâce à lui, se présentant comme la synthèse de deux hommes, avec l’intériorisation d’un message sous sa forme la plus pure loin de toute distanciation à opérer, et uniquement à se focaliser au message de Cheikh Tidiane Cherif (ra) qui parle de métaphysique (Dieu en tout) et de cosmophysique (la nature en son Prophète).

Maodo a su apprendre à ses disciples avec élégance comment percer les voiles de la science extérieure de l’unicité de Dieu et comment pénétrer l’état intérieur de cette unicité en passant par les canaux de la Tarikha Tijan.

D’où ce noeud fécond qui lie l’ésotérisme (quand l’initié est sur le point de manier ce qu’il ressent) et l’exotérisme (quand il s’applique dans sa démarche initiatique soufie).

Maodo fut merveilleusement l’archétype du savant soufi. Avec une haute discrétion, il avait réglé les crises spirituelles de beaucoup d’hommes agités, qui cherchaient Dieu sans réellement avoir en main la bonne posologie des secrets qu’ils détenaient. Il avait fini par se saisir des mystères du Cosmos et des essences de la lumière Muhamédienne, qu’il a diffusés avec une science raffinée partout dans le pays sous l’œil impuissant du colon.

À travers l’épistémologie soufie, il enseigna la gustation complète de la Salatul Fatihi à tout homme cherchant à assainir son paysage et ensuite à la dégustation mystique des résultantes de la première étape. Et quand un disciple finit cette initiation, il ne peut qu’être calme, serein et humble, mais aussi et surtout doté d’inspiration (Ilhâm) et de dévoilement spirituel (Kashf). Et Maodo l’avait réussi chez chaque aspirant dans cette voie éclairée à haute tension, qu’il a su réguler avec une ingéniosité hors norme.

La purification et le dépouillement qui proviennent de cette riche école des consciences qu’il a instaurée ont conféré à ce même aspirant une nouvelle chair comme le serpent qui se débarrasse de son exuvie.

Maodo n’était en concurrence avec personne, ni n’avait des ennemis dans aucun autre courant religieux. Bien au contraire il était au service de tous les hommes de sa génération dont l’unique oxygène était la Sunna. Les faits de la métahistoire prouvent cela à suffisance.

Quand on aime Dieu, on se suffit à Lui, quand on le redoute, on devient compatissant avec les autres et quand on sent sa présence à nos côtés on ne peut avoir un autre ami que Lui. C’est grâce à ces outils très sélects qu’il a instaurés ses Zawiyas dans les coins les plus stratégiques du pays. Le colon l’avait suivi dans sa démarche qui reposait sur un principe philosophique limpide et cohérent.

L’extraordinaire profondeur de sa pensée et son aptitude sans limite à accompagner chaque âme dans sa quête d’agrément du Seigneur ont capté l’attention des érudits de sa grande dimension d’émérite enseignant. Lui qui s’est complètement abandonné à Cheikh Ahmed Tijan (ra) pour qui, par Dieu et pour Dieu, il avait une toute particulière adoration.

Que de sentences dans le « Mémorial des Saints ». Pensez-vous que ceux qui s’attaquent à Maodo aujourd’hui allaient avoir l’élégance d’épargner le Prophète (psl) s’ils vivaient à son époque? D’ailleurs, quelle hérésie de s’en prendre à Seydi Haj Malick!

Pourquoi s’attaquer à un homme humble, affable, sage, comblé de grâces, gratifié de toutes les faveurs, aux viatiques exceptionnels, doué et généreux dans la transmission du savoir?

Mais cela ne doit énerver nullement car Maodo par ondes superposées dans les espaces intermédiaires s’est accompli, actif au delà de la finitude, à un niveau de contemplation qui accède aux secrets de la beauté formelle éternelle du façonnement de l’âme.

Un éminent homme avec des titres et grades aussi élevés, conférés par Dieu devant Seïdna Cheikh (ra) et son Illustre grand-père (psl), mérite de la part de chacun, affection et considérations!

Shasty
Disciple du Prophète Muhammad (psl)