Contribution : ASSUMONS CHACUN LE LEADERSHIP DE NOTRE DESTIN COMMUN (Par Cissé Kane Ndao)

Dakarmidi- Autant j’ai la conviction que le développement de mon pays passera par une émulation endogène en harmonie avec tous les pays du continent africain, autant j’ai l’intime conviction que nos modèles nos héros nos références en matière de leadership ne sont pas à chercher ailleurs que chez nous.
Cheikh Anta Diop a théorisé l’unité culturelle de l’Afrique qui devrait être le socle d’impulsion de son unité politique.
Vaste programme. Dont la réponse se trouve dans les initiatives d’intégration régionale et sous régionale qui pullulent dans chaque partie du continent, sans pour autant parvenir réellement à concrétiser la volonté des élites politiques d’éliminer les frontières et de créer de vastes espaces de libre échange économique sur fond de libre circulation des personnes et des biens, facteurs essentiels d’une intégration économique et politique réussie.
Un des éléments constitutifs des échecs politiques de ces dynamiques aux équilibres fragiles- car si les institutions existent, les populations ne s’en sont nullement appropriées- réside dans le fait que le substrat culturel qui fonde l’unité sociopolitique de nos états respectifs est extraverti.
Nous assumons une culture et des valeurs héritées de la Colonisation, et en conséquence l’Histoire de nos peuples respectifs est teintée d’un révisionnisme de mauvais aloi imposé par le colon selon ses intérets d’alors, et dont les survivances continuent de régir le fonctionnement de nos états artificiellement affabulés du nom glorieux de Nations !
L’indépendance les a effectivement exacerbées, ces survivances. Elles ont été portées a un si haut degré d’importance que l’émergence d’une hiérarchisation inique et démocraticide de nos sociétés a pris nos états de court, car le pouvoir est devenu un enjeu et un facteur de domination qui a conduit à la ruine et à l’effondrement de plusieurs d’entre eux, avec une ethnicisation ou une tribalisation des exécutifs dressés contre leurs propres concitoyens pour perpétuer leurs priviléges de l’époque coloniale, ou prendre leur revanche sur leur histoire récente.
L’Etat post colonial est ainsi devenu un facteur d’insécurité en Afrique, d’autant plus qu’il s’est construit sur le cadavre de la démocratie et s’est nourrie de la dépouille des droits de l’homme.
La guerre froide et les chasses gardées constitutives du néocolonialisme ont emporté avec eux les derniers rêves des leaders de la lutte pour l’indépendance, assassinés avec la complicité active des puissances étrangères, en fonction de leurs interêts géopolitiques d’alors, et d’aujourd’hui.
Dans un tel contexte, le Sénégalais que je suis refuse de considérer comme modèles des pays lointains au passé peu glorieux, en élevant au statut de héros africain leurs leaders dit charismatiques.
Sans démocratie, pas de développement économique et social durable. Sans respect des droits de l’homme, pas de liberté d’entreprendre. Sans entreprise et libre initiative, pas de croissance. Sans croissance, pas de développement
Dès lors, je me refuse à considérer ces pays frères comme référence.
Car leur modèle de stabilité tient avant tout à la toute puissance de la figure tuthélaire qui tient d’une main de fer dans un gant de velours le pouvoir dans ces contrées.
La Tunisie s’est effondrée quand un étudiant diplômé sans emploi s’est immolé par le feu. La Lybie est une menace prégnante actuellement pour tous les pays limitrophes victimes de l’effondrement du régime chanté sur tous les toits de Khadafi.
Les mêmes causes produiront les mêmes effets.
La Chine a libéralisé son économie et encouragé la libre entreprise.
Elle a assoupli sa politique du tout répressif. Elle est maintenant un pays communiste avec une économie de marché ouverte ! Quelle gagueure, serait-on tenté de dire !
Elle a simplement compris que c’était la seule alternative possible, pour pérenniser le pouvoir politique dans sa forme actuelle et donner à la population une soupape de respiration capable d’inhiber ses désirs de plus en plus irrépressibles de liberté.
Ne nous trompons pas. La question du développement de notre pays est trop sérieuse pour que nous l’agitions en s’imaginant qu’elle sera réglée, si nous avions un leader charismatique façon Paul Kagamé à la tête de notre pays.
Chacun d’entre nous sait qu’est ce qu’il devrait faire pour parvenir à l’émergence d’une citoyenneté responsable capable de poser les jalons d’un développement inclusif.
À titre d’exemple, je ne parlerai que de la saleté.
Nous salissons partout sans état d’âme, avec la seule justification que la rue, « mbéde bour leu » !
Soyons nous-mêmes les leaders dont nous rêvons pour diriger notre pays, et le Sénégal ne franchira pas de grands pas, il s’envolera littéralement vers le sommet.
Que nos autres concitoyens africains fassent de même, en assumant leur histoire véritable, et l’Afrique continent de l’avenir ne sera pas un vain espoir !