Conquête de la Mecque et victoire éclatante : comment le Prophète Muhammad (psl) a évité un bain de sang à la terre sainte? (par Sheikh Alassane Sène)

Dakarmidi- Le Prophète quitte Médine avec dix mille hommes, deux mille de plus vont le rejoindre en cours de route. Mais personne ne sait réellement sa destination finale ni l’objet réel du voyage. Il a évité avec cette stratégie élaborée au delà du Lotus des Confins des fuites de son plan qui tendait à libérer la Kaaba des idolâtries et à anéantir la machine de guerre financière de ses ennemis qui reposait sur le commerce en Arabie dont le centre névralgique était Makkah.

Pendant plusieurs jours à Médine, le Prophète médite, observe ses troupes, reçoit en audience ses chefs de guerre, consulte ses têtes de fil, recoupe des informations et élabore un plan géographique de la Mecque, de la grotte de Hirae où il reçut les cinq premiers versets du Saint Coran à la grotte de Thawr à l’heure de son exil vers Médine, en compagnie de Abu Bakr (ra).

Médine où depuis son Qg il prépare sa grande offensive, il sait qu’il est infiltré par l’ennemi, que la moindre information qui fuite pouvait faire échouer son plan. Alors, usant de son intelligence hors du commun, il observe le langage gestuel des uns et la démarche corporelle des autres, nuits et jours. Mais en même temps, il veut rentrer à Makkah, sa terre natale, d’où il fut rayé de l’état civil, arbitrairement, sans verser la moindre goutte de sang. Il pousse alors sa réflexion au delà des limites de la pensée.

Il avait décidé dans sa tête d’encercler la Mecque par un bouclier humain composé de douze mille hommes mais cela ne suffisait pas pour venir à bout des puissants mecquois qui avaient mis un prix sur sa tête, et le montant était mis aux enchères pour motiver davantage tous ces guerriers du désert du Hijaz, professionnels en la matière, la haute élite du vagabondage dans l’Arabie. Il manque une astuce dans sa stratégie qui doit pousser les mecquois à abdiquer, et elle doit être liée à ses troupes, sans que ces dernières ne soient exposées à un corps à corps sanglant.

L’arabe aime allumer le feu la nuit, et d’y être une dizaine autour. Le feu nocturne porte conseil, il est un signe d’union entre des personnes qui s’aiment, il éclaire et maintient fluide la circulation du sang.

À l’approche de la Mecque, ses hommes n’étaient point épuisés, car pour rappel, la fatigue est aussi un des disciples du maître Muhammad (psl). Alors le plan est dévoilé, Makkah est la cible, la libération de la Kaaba la priorité. Ainsi tout le monde semble excité par l’idée de se frotter aux mecquois et pour régler définitivement leurs comptes issus de leurs douloureuses séparations. Mais cette idée est loin d’emballer la clé de la miséricorde de Dieu sur terre, dans les cieux et partout ailleurs.

Ils s’approchent de la Mecque et les mecquois sont dans la foulée informés de l’arrivée imminente de Muhammad (psl) sur la terre sainte. Ils tentent de se préparer, de s’organiser pour le repousser loin de Makkah. Peine perdue, car l’injonction divine était déjà en marche, irréfragable elle fut.

La nuit commence à tomber, exactement comme l’avait souhaité le meilleur des hommes. Et il donna l’ordre à ses troupes de s’installer tout autour de la Mecque et instruit à chacun d’allumer un feu. Ainsi douze mille feux furent allumés et géométriquement l’incandescence de ses dizaines de milliers de feu éclaire plus le centre que les contours. Makkah était alors devenue un château de lumière. Imaginez ces feux en cercle formés autour d’elle.

Les mecquois se consultent pensant que le Prophète (psl) est accompagné de cent vingt mille hommes et non de douze mille. Impossible d’affronter pour eux cette gigantesque armée, redoutable arsenal que rien ne pourra arrêter.

Ils décidèrent de négocier pour un plan de paix qui les sauvera et qui évitera un bain de sang. Et pourtant quelques mois auparavant ces derniers vicieusement avaient rompu un premier pacte de paix, celui de Houdaybiya. Le Prophète dans sa noble générosité n’en tint point compte.

Ainsi fait, il rentra paisiblement à l’enceinte de la Mecque sans aucune forme d’obstruction, libéra la Kaaba de toute souillure et hissa haut le drapeau de l’Islam. Fort, avec une puissante armée équipée et préparée à toute sorte de combat, Muhammad (psl) pardonna à ses ennemis avec son sourire radieux, le même qu’il avait à son départ d’exil.

Un fait exceptionnel a aussi attiré notre attention. Un de ses compagnons lui dit: « vous pouvez maintenant fièrement retourner dans votre demeure avec la tête haute » et le Prophète (psl) d’un sourire si doux demanda qu’on lui trouva un lieu où se reposer, le temps de retourner à Médine, une promesse qu’il avait aussi faite aux Médinois et ainsi éviter de déranger ceux qui avaient irrégulièrement occupé sa demeure. Quelle belle leçon de vie! Sa mission à Makkah était de rendre à Dieu la Kaaba sans souillure et non d’utiliser sa puissance pour récupérer un bien matériel même si ce dernier avait une valeur sentimentale pour lui.

Le Prophète sait comment agir par le pardon, pour éviter des règlements de compte de générations en générations. Par cet acte si généreux, il avait procuré à l’Islam de l’oxygène l’éloignant des querelles familiales et intercommunautaires. Sa force était Dieu, une de ses nobles qualités fut le dépassement.

Les « dieux » de la Mecque étaient à l’heure fin de règne, l’Islam poursuivit son chemin, un long périple qui l’a mené jusque sur les terres d’Afrique noire avec comme adversaires l’esclavagisme et le colonialisme, l’un aboli, l’autre révolu. En Afrique noire où des cycles merveilleux ont été engagés par des hommes dont les noms sont étroitement liés à celui du Prophète (psl) et qui ont fait essaimé de partout la bonne intention du meilleur des hommes, sous le signe de la miséricorde, en lui (psl), incrustrée!

Shasty
Humble disciple du Prophète Muhammad (psl)

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