Affaire du meurtre de Cheikh Maleyni Sané : Non lieu pour les gardes pénitentiaires et 10 ans ferme pour Pape Diokhané, Boubacar Bangoura et Ngouda Cissé

Dakarmidi – Le contexte actuel dans lequel baigne le pays avec ses lots de barbaries et de meurtres  n’a pas facilité à alléger les lourdes peines infligées à Pape Diokhané et compagnie, tous, ont écopé, hier en début d’après-midi, à l’audience correctionnelle du tribunal de grande instance, de 10 ans de prison ferme, sans remise de peine et sans possibilités de liberté conditionnelle. Le juge n’a guère été tendre avec eux, et cette peine rendue, au-delà de son aspect purement judiciaire, est triplement exemplaire, une leçon servie à une frange de la jeunesse excitée et tentée par la violence et le crime.

Pour rappel, l’affaire Cheikh Maleyni Sané remonte à décembre 2013 à la Maison d’arrêt de Rebeuss, où le défunt était en détention préventive. Après quelques 03 années d’instruction, l’affaire a été finalement enrôlée le mardi 27 Septembre 2016. L’instruction avait révélé que des coups et blessures volontaires sur la personne de Maleyni Sané avaient entraîné sa mort sans qu’il n’y ait l’intention de la donner par les présumés coupables.

Pape Diokhané et compagnie étaient alors initialement inculpés pour meurtre et actes de torture, avec deux gardes pénitentiaires, par le juge du deuxième cabinet d’instruction, Samba Sall, actuel doyen des juges. Après instruction, il avait finalement disqualifié les faits et décerné le non-lieu aux deux agents pénitentiaires, Thomas Faye et Pape Mor Diamé.

L’autopsie avait révélé que Cheikh Maleyni Sané était mort « par strangulation et étouffement mécanique dans un contexte de coups et blessures par objet contondant ». Et selon toujours le médecin légiste, de multiples plaies contuses étaient notées au niveau de son dos, de son cou et du cuir chevelu. Les résultats de l’enquête avaient indexé ses codétenus qui l’auraient ligoté, étouffé et torturé avant de faire appel aux gardes pénitentiaires qui l’avaient aussitôt évacué à l’infirmerie de la prison sans prise en charge adéquate, il décèdera quelques heures après son évacuation.

Rappelons que Pape Diokhané, alors chef de la chambre 9 au moment des faits, était en détention préventive depuis le 1er Décembre 2009 pour une autre affaire dont il avait obtenu un  non-lieu total.
Ses conseils par la voix de Me Mamadou Wone comptent interjeter appel dans les prochaines heures car leur client continue de nier les faits qui lui sont reprochés, idem pour ses codétenus

La Rédaction