Adieu Adja Deguene (Par Sheikh Alassane Sène Tarëe Yallah)

Dakarmidi –

J’ai appris tôt ce matin ton voyage vers le Tout Puissant
Toute Puissante était ton adoration pour Lui, l’Exalté
Tu es partie sur la pointe des pieds, laissant derrière toi, une terre déserte remplie d’orphelins
Tu avais, dans ton discours, les mots qui pansaient les peines et les souffrances des autres
Tu étais le berceau dans lequel se réfugiaient tant d’hommes et de femmes secoués par les pénombres de la vie
Tu guérissais les plaies des êtres  blessés avec une sagesse et une patience inégalées,                                                                                                                                                               Accomplir cette noble tâche, était devenu ton « Wareef » de tous les jours
Tu aimais tout le monde, tout le monde t’aimais et tu étais le cordon ombilical qui nous liait,
Nous qui souffrons aujourd’hui de ne plus te voir ni t’entendre sur terre
Tu célébrais la vie dans une adoration de ton Seigneur et dans un amour pointu voué au meilleur des hommes.
L’annonce de ton ultime voyage a cisaillé notre espoir, et peuplé nos cœurs de vide terrible.
Tu étais toujours là, à consoler les autres, à protéger les faibles,
Tu étais cette belle rose qui, à la rencontre du soleil au zénith, étincelait les contours de la foi et les pourtours de l’exaltation du Tout Puissant
Tu fus cette source aux infinis bras qui faisait dissiper la haine de l’autre, ses colères et ses errements.
Tu avais le majestueux don de servir ton prochain, le génie du partage, le sens de l’honneur et la grandeur du pardon
Tu étais endurante et persévérante dans les tâches auxquelles la vie te soumettait.

Ô Adja Deguene

Point de colère ne se dégageait sur ton rayonnant visage, car ce dernier était empreint  de rayons qui illuminaient les cœurs au-delà de tout espoir

Jamais le temps, si fort dans sa marche, si rodé dans ses révolutions n’a conduit à l’usure ta conscience. Il t’a accompagnée de manière propre et prompte vers les cimes de la sagesse et de la science infuse.

Tu étais une éducatrice hors-pair, tu maniais avec dextérité les mots qui composent le bien, et ton regard sur ton prochain faisait fondre ses maux comme du beurre exposé en plein soleil dans le désert de Kalahari

Tu soignais les cœurs sans brusquer les ardeurs
La paix, la générosité avaient élu demeure dans tes entrailles, elles n’en sortaient que pour s’essaimer dans les tréfonds de tes prochains.

Les mots que j’utilise pour te rendre cet hommage sont d’une extrême faiblesse face aux infinis dons du Seigneur qui alimentaient ta noble vie

Oui, j’ai interpellé la noblesse pour te chanter, pour te dédier cette élégie au nom de tout un peuple qui a vu l’aube t’emporter sans qu’il ne puisse s’y interférer

J’ai interpellé la sagesse pour te parler, loin de ta terre de prédilection mais près de ses roseraies qui sillonnent ton merveilleux parcours

La Télé futurs médias pleure de chaudes larmes, mais elle n’est pas seule sur cette parcelle de douleur

La mort t’a vaincue, verdict que la vie a rendu, cet ordre ne pouvait venir que du Tout Puissant, détenteur exclusif de  l’estampille irréversible

Ta mère, Ya Khadja, cet autre disciple de ce fils émérite de Makkah, pleure dans le silence de son chapelet, et que de femmes aussi te portaient à merveille dans leur cœur

Me Babou était ton guide, n’est-ce pas toi qui le disait partout, lui, est orphelin aujourd’hui mais il n’est pas seul dans cet orphelinat dressé au virage de l’aube, cette Aube qui disait au revoir à Achoura, t’a emportée de la plus douce des manières

Tu es partie aux heures qui avaient noué intimité avec toi, car tu les avais entièrement consacrées à ton Seigneur

Tu es partie un jeudi, que de souvenirs as-tu partagé avec ce jour, par le cordon sacré du jeûne et tous ces mystères qui l’entourent.

Tu avais, sur terre, pour ami le Prophète Taha (psl), qui était le socle de ta vie, l’amour installé dans le palais de ton cœur et  la quintessence de ton souffle.

Et sous terre, nous lui demandons de te couver par l’unique volonté du Tout Puissant

Ô grains de sable, inconditionnels disciples de Mustafal ‘Alami (psl), mettez-la à l’aise en votre compagnie et dites aux vers sous terre, de ne point toucher à ce disciple fidèle du noble Envoyé (psl), ni même percer son suaire

Ô grains de sable, allumez vos feux miséricordieux qui ont pris source dans les ondes du Saint Illustre (psl) et éclairez la demeure de cette dame qui n’a cessé de servir Dieu, à travers ses créatures

Ô vers sous terre, que ressortent de votre conclave, la paix et la conservation intacte du corps de ce disciple de Taha (psl)

Ô Mounkar, ô Nakir,

Ce disciple était un grand croyant, adorait Dieu, l’Exalté,
Elle  aimait au plus profond d’elle le Saint Coran, et vouait un amour indéfectible et indicible à l’ultime Envoyé, père de Fatima Az Zahra (psl)

Elle aimait le centre du monde, Makkah
Elle pensait souvent à Beit Al Ma’mour, cette autre station connectée à la maison sacrée
Elle aimait visiter le mausolée de celui qui fit le voyage nocturne (Isra wal Mi’raj) et qui dépassa le Lotus des confins, situé à l’extrémité  du 7e ciel avec aisance car Dieu lui avait autorisé toute sorte de faveurs

Elle nous aimait tous, autant que nous sommes, dans nos qualités et dans nos défauts, elle ne jugeait personne, ni en privé ni même en public, elle éduquait en empruntant les voies de la métaphore et dans les sentiers de la raison

Ô Dieu, le glorifié, nous ne cherchons que ton indulgence pour elle, ton pardon, ta grâce, ta mansuétude et ta toute miséricorde.

Ô Dieu, ô Dieu, ô Dieu

C’est tout le peuple de Cheikh Ahmadou Bamba, d’El Hadji Malick Sy, de Cheikh Ibrahim Niass, de Limamou Al Ma’di, de Cheikhna Cheikh Sad’bou, et de tant d’autres illustres disciples du Prophète (psl) qui demandent ta clémence, ton infinie libéralité pour ce disciple qui aura durant toute sa vie, combattu l’injustice, et vécue en toute complicité dans les mystères de ta miséricorde.

Ô Dieu, de mes 13 mois d’isolement en prison, elle était là, à me soutenir et à dénoncer cette forme exécrable d’injustice qui s’était abattue sur moi,
Mais en même temps, elle avait chuchoté dans mon oreille, devenue endurant Le pardon des grands hommes qui ont un jour été persécutés, vilipendés

T’oublier dans nos pensées et nos prières, seraient trahir le pacte qui nous lie à l’honneur et à la dignité.

De ton lait pur, tu as allaité tout le monde, sans distinction de race, de culture ou de culte.

Repose en paix Adja Deguene « mou Rassullallah » (psl), et que Dieu t’élève dans ses plus hauts paradis, où coulent de ses ruisseaux, cette eau fraiche dont la source n’est autre que l’indexe droit de Seydina Muhammad (psl) et où sont régulièrement chantés ses sublimes noms – Amin –