10 Août 1895 – 10 Août : Anniversaire de l’arrestation de Serigne Touba à Diéwol, une grande étape de l’exil au Gabon

Dakarmidi – Samedi 10 août 1895 – Vendredi 10 août 2018 : Voilà 123 ans que le Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, Khadimou Rassoul (PSL), faisait face Seul aux troupes coloniales françaises à Diéwol dans le Djoloff.

Suite aux campagnes calomnieuses à l’endroit de Cheikh Ahmadou BAMBA, le Commandant LECLERC, Administrateur du Cercle de Saint-Louis, avait adressé en juillet 1895 une alarmante correspondance à ses supérieurs. Le Gouverneur Général par intérim du Sénégal et Dépendances, M. MOUTTET, expédia alors à Mbacké-Bâri une lettre de convocation au Cheikh qui, empêché, se contenta de déléguer son frère et bras droit Mame Thierno Birahim au dit Gouverneur qui interpréta ce geste comme un affront et un défi à son autorité.

Ainsi l’Administrateur LECLERC fut-il chargé, à la tête d’une importante troupe composée essentiellement de gardes et de cavaliers dirigés par des chefs indigènes, de s’acheminer vers Mbacké-Bâri aux fins de contraindre par la force le Saint homme à se rendre à ladite convocation. Informé, Cheikh Ahmadou BAMBA dut mander une seconde fois le Cheikh Ibrahim dans le but de dissiper le malentendu. Mais face à la détermination d’en découdre qu’afficha l’Administrateur, l’émissaire du cheikh dut informer celui-ci de l’échec de sa mission; ce à quoi, Cheikh Ahmadou BAMBA, devinant la trame de la Volonté Transcendante, qui seule pouvait présider à ces événements, confia les siens à la Grâce de DIEU et partit à la rencontre de ses ennemis.

C’est ainsi qu’il retrouva le plénipotentiaire du Gouverneur dans la localité de Jéwol dans l’après-midi du samedi 10 août 1895. Ce jour de 18 du mois de safar 1313 de l’Hégire constituera, plus tard, celui de la célébration du grand Magal de Touba, car cette épreuve préfigurait déjà aux yeux du Cheikh le Succès et les Avantages Inestimables que le TOUT-PUISSANT Dissimulait dans le Service qu’il comptait effectuer pour le Meilleur des humains (PSL).

Ayant ainsi passé la nuit à Jéwol, le saint homme reprit, en bonne escorte, son périple le matin du dimanche, fit une escale dans le village de Kokki d’où il s’achemina de nuit vers Louga. De cette localité, il prit, le lundi 12 août, le train pour Saint-Louis qu’il atteignit au crépuscule et où il restera pendant les 10 jours restants du mois de safar et presque tout le mois de Rabi’u-l-Awwal.

Le Serviteur du Prophète aura à subir sur cette île nombre d’épreuves de la part de ses persécuteurs dont la plus injuste restera sans doute la décision de l’exiler vers les contrées hostiles de l’Afrique Équatoriale. Mais ceux-là qui le bannirent et tentèrent de l’avilir à jamais ne savaient certes pas que le TOUT-PUISSANT s’était LUI-MÊME Prescrit, de toute éternité, le Devoir de Secourir Ses Amis; et où qu’ils puissent se trouver.

C’est dans le bureau du Gouverneur de l’Afrique occidentale française (Aof) où il fut condamné à la déportation loin des siens et l’immense Jean d’Ormesson ne disait-il pas à l’endroit de la distinguée Mme Simone Veil en réponse au discours de réception de cette dernière à l’Académie française en 2010 :

« La déportation n’est pas seulement une épreuve physique; c’est la plus cruelle des épreuves morales. Revivre après être passé par le royaume de l’abjection est presque au-dessus des forces humaines..»

Durant son exil au Gabon (du 21 septembre 1895 au 11 novembre 1902) Cheikh Ahmadou Bamba ne fut jamais habité par la haine envers ses geôliers qu’il considéraient comme des moyens que Dieu a mis à sa disposition pour atteindre les cimes de la Spiritualité, de l’Humanisme intégral.

En résidence surveillée à Diourbel (de 1912 à 1927), il ne dévia point de cette trajectoire sublime. Le témoignage de l’administrateur colonial de Diourbel Antoine Martin Arthur Lasselves est éloquent à cet égard :

« Celui-là (Le Cheikh Ahmadou Bamba) se distingue toutefois par une pureté de cœur, par une bonté, une grandeur d’âme et un amour aussi bien pour l’ami que pour l’ennemi, qualités dans lesquelles ses prédécesseurs l’auraient envié, quelque grand que fussent leurs vertus, leur piété et leur prestige… ».

Puisse sa vie- si hautement remplie et si utile- nous servir de viatique dans ce monde mondialisé où le fétichisme de la consommation et la tyrannie du neuf continuent de rendre l’Homme aliéné, frustré et malheureux.

Source: www.majalis.org – Dr. Ibrahima Dème

 

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