Le Ministère de l’Industrie et du Commerce a procédé au lancement officiel des activités de mobilisation du secteur privé dans les agropoles et sites industriels, lors d’une cérémonie présidée par le Premier ministre Ousmane Sonko.
La rencontre s’est tenue en présence du ministre de l’Industrie et du Commerce Serigne Guèye Diop, de l’ambassadrice du Royaume de Belgique au Sénégal Hélène De Bock, du directeur général de l’Agence d’Aménagement et de Promotion des Sites Industriels (APROSI) Mamadou Lamine Ndiaye, ainsi que du représentant du patronat Alassane Sène.
Cette rencontre a réuni des acteurs du secteur privé, des partenaires techniques et financiers, des institutions financières ainsi que des investisseurs, autour des nombreuses opportunités d’investissement et de transformation industrielle qu’offre le Sénégal.
Dans son allocution, le Premier ministre Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité de passer des études aux réalisations concrètes.
« Le Sénégal dispose d’une démocratie politique solide, mais notre priorité aujourd’hui doit être l’action économique. Nous avons suffisamment étudié et conçu des projets. Ce qu’il nous faut désormais, c’est agir pour transformer nos ressources et créer de la valeur. »
Il a particulièrement mis l’accent sur le rôle stratégique de l’agriculture et de la transformation agro-industrielle dans le développement économique du pays.
« Les ressources fossiles peuvent s’épuiser, mais tant qu’il y aura des êtres humains sur terre, il y aura de l’agriculture. C’est pourquoi la transformation des produits agricoles, de l’élevage et de la pêche constitue un axe majeur pour l’avenir de notre économie. »
Le chef du gouvernement a également appelé le secteur privé à s’engager davantage dans l’investissement productif, rappelant que l’État ne peut pas tout faire seul.
« L’État doit créer les conditions, mais la réussite de cette stratégie repose aussi sur l’implication du secteur privé et des partenaires. »
Prenant la parole au nom du patronat, Alassane Sène a dressé un état des lieux du secteur industriel au Sénégal.
S’appuyant sur les données de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), il a rappelé que les industries manufacturières représentent environ 11 % des entreprises formelles, 35 % des actifs productifs et 40 % de la valeur ajoutée industrielle.
Toutefois, il a regretté l’érosion du poids de l’industrie dans l’économie nationale ces dernières années.
« Le Sénégal a beaucoup investi dans les infrastructures, mais l’industrie manufacturière n’a pas suffisamment profité de ces projets pour se développer et fournir localement les équipements nécessaires. »
Il a également plaidé pour une meilleure concertation entre l’État et le secteur privé, notamment à travers la relance d’instances de gouvernance industrielle capables d’orienter les politiques publiques.
Selon lui, une industrialisation plus dynamique est indispensable pour réduire le chômage et améliorer la productivité de l’économie sénégalaise.
Au nom de l’équipe Europe et de la Belgique, l’ambassadrice Hélène De Bock a réaffirmé l’engagement de ses partenaires à soutenir le développement des agropoles au Sénégal.
Elle a notamment mis en avant le projet de l’Agropole Centre, destiné à dynamiser la transformation agro-industrielle dans les régions de Fatick, Kaolack et Kaffrine.
« L’agropole centre vise la création de près de 350 000 emplois, des emplois durables et de qualité qui valoriseront le capital humain sénégalais. »
Selon elle, ce projet, estimé à environ 165 millions d’euros, constitue un levier majeur pour renforcer les chaînes de valeur agricoles et attirer davantage d’investissements dans les territoires.
Pour les autorités comme pour les partenaires techniques et financiers, toutes les conditions semblent réunies pour réussir cette stratégie de transformation industrielle.
L’objectif est désormais de mobiliser les investisseurs et les entreprises afin de faire des agropoles et des sites industriels de véritables pôles de création d’emplois, de transformation locale et de souveraineté économique.
