Explosion des cas de Covid-19 en Afrique : « Les pires craintes ne se sont pas encore concrétisées » (Oms)

Ce jeudi 30 avril, l’Organisation mondiale de la santé (Oms) pour l’Afrique a organisé une réunion virtuelle. Ainsi, elle a fait le bilan de cette pandémie dans le continent noir. A ce jour, l’Afrique a enregistré plus de 36 000 cas confirmés de Covid-19 et plus de 1 500 décès. L’Oms d’indiquer que l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale sont des régions préoccupantes. 
Jusqu’à présent, avance-t-elle, 11 000 cas y ont été enregistrés, et 300 personnes sont décédées. Dans la semaine du 13 avril, les cas ont augmenté de 113% en Afrique centrale et de 42% en Afrique de l’Ouest.
« Cependant, les pires craintes des spécialistes de santé publique et des gouvernements ne se sont pas encore concrétisées. L’Afrique n’a pas encore connu d’explosion du nombre de cas de Covid-19. L’action rapide des gouvernements pour mettre en place des mesures de confinement et de distance physique, ainsi que des mesures de santé publique efficaces pour tester, retracer et traiter les cas, ont ralenti la propagation du virus », a déclaré la Directrice régionale, Dr Matshidiso Moeti.
« (…) Des mesures fortes de santé publique ont peut-être été encore plus efficaces pour ralentir le virus »
Poursuivant, elle a affirmé que le premier pays qui a mis en place le confinement dans la Région africaine de l’Oms a été le Rwanda le 21 mars, et depuis lors, 11 pays ont suivi. « Dix autres pays ont instauré un confinement partiel des villes ou des communautés à haut risque. Les données préliminaires indiquent que les pays qui ont mis en place un confinement national ont constaté que l’augmentation hebdomadaire du nombre de nouveaux cas a considérablement diminué, passant d’une hausse de 67 % la première semaine après le confinement à une hausse de 27 % la deuxième semaine », dit-elle.
En outre, fait observer Dr Matshidiso Moeti, l’analyse initiale indique que les pays qui ont mis en œuvre des confinements partiels et ciblés ainsi que des mesures fortes de santé publique ont peut-être été encore plus efficaces pour ralentir le virus.
« Nous sommes toujours en train d’analyser les données. Si d’autres recherches corroborent nos conclusions initiales selon lesquelles les verrouillages ciblés, basés sur des données et accompagnés de mesures de santé publique contribuent à aplatir la courbe du Covid-19, cela pourrait aider à équilibrer les énormes coûts sociaux de ces mesures pour les pays », a-t-elle relaté.