Une exécution à Buenos Aires

Dakarmidi – Tous sautillent dans tous les sens pour présenter en triomphe ce qui n’est après tout que l’attribution de Jeux Olympiques, seconde catégorie, pour les…pauvres, sans aucune utilité ni impact pour le Sénégal. Il y a eu pire dans la coûteuse et risible expédition de Mickey et de ses souris, dont l’imprudente nouvelle mairesse de Dakar, Soham: ce fut l’occasion d’une exécution publique, cynique, dernier clou sur son cercueil, la victime n’étant autre que Lamine Diack.

Il y a 6 ans, trônant au sommet de l’athlétisme mondial, parrain puissant de l’Olympisme africain, rien ne pouvait se faire sans lui, son nom était chanté sur tous les tons, par tous les troubadours disponibles dans le Sénégal-Ndiaye et alentour. Personne ne pouvait le voir sans qu’il ne soit encadré par au moins deux ombres humaines, notamment Seb Coe, et ce compatriote dont il s’était fait le devoir, l’ardente obligation, de pousser, contre vents et marées, la candidature au sein du Comité international olympique, le désormais tristement honteux cadre institutionnel du monde olympique.

C’était aussi lui vers lequel se tournaient les politiciens en quête de financement, même les milliardaires-voleurs, dans l’espoir de récolter les retombées de l’intrusion de la drogue et de la corruption dans l’athlétisme mondial.

Mais dans un de ces brefs accès de fièvre, provoquant un soubresaut déroutant, le cycle de sa vie a viré au vinaigre judiciaire.

Si bien que reclus, confiné dans une résidence-prison, Diack n’est plus qu’un taulard lâché par tous ou presque: trahi par son fils, Massata, courageusement réfugié à Dakar pendant que le papa-prodigue s’éteint dans la honte et l’angoisse d’un destin détruit. Il est oublié par la cohorte de larbins qui hurlaient à tue-tête sa geste, sa légende, son panégyrique, notamment ces journalistes et autres griots, larbins, colportés sur les bords de la Pampa, où ils sont gavés de sous pour changer leur disque, à l’image de ces patrons profitards, putainifiés, servant tour à tour Total, tous les pilleurs du pays moyennant rétribution et leur hôte corrupteur aux tournois olympiques (souvenez-vous de l’onéreuse tournée zéro médaille aux Jeux de Rio!), sans résultats pour le pays. L‘exécution publique de Diack aurait été incomplète s’il avait été enterré sans que les habituels perroquets politiciens partisans, les sympathiques Aperiens, n’aient tenté d’en profiter pour trouver une raison de saluer leur chef de file réduit en marionnette pour les chercheurs d’éclat…

Dans cette atmosphère où les arguments légers, self-serving, tympanisent le pays depuis quelques jours, pas une fois le nom Diack, celui grâce à qui tout a commencé, n’a été prononcé.

A Buenos Aires, ce ne fut donc pas seulement un déplacement suintant la fatuité mais un enterrement de première classe sous la conduite de froids tueurs.

Voila à quoi est réduit notre pays, terre, hier de décence, dignité et d’honneur, et, désormais, celle de prédilection des vautours sans foi ni loi dont le seul souci est de se gaver des restes de leur…bienfaiteur.

On en arrive à avoir pitié à l’endroit de Diack, un homme pris dans ses rêves de grandeur, dans son hubris, encouragé par tous ceux, y compris les membres de sa propre famille, qui se nourrissaient de son ascension, sans jamais le mettre en garde contre les méthodes, qu’avec leur aide enthousiaste, il couvait.

Tant pis, hélas, pour lui, qui a joué et perdu.

Maintenant, c’est au tour de Mickey et Soham d’entrer dans la partie, la danse, sous les applaudissements des perroquets et du maître de cérémonie ayant tourné casaque contre le Dieu déchu.

Dans le chant qui lui fut dédié lors du spectaculaire combat de lutte d’intronisation vers les cimes, devenu celui de la déchéance, la cantatrice Aida Samb, dans un clin d’œil et un sourire expressifs, hoche de la tête, en disant: tu n’es pas leur égal, en wolof, gniis do senn morom.

Ils l’ont ramené sous terre, en l’exécutant si loin de l’Olympe rêve.

Alors, mettez le arwatam, ce rythme pulhar: entrez donc en scène Mickey-Soham.

Les dagues sont sorties des fourreaux.

This is hotel California. Quand on y entre, on en sort que déchiqueté : comme Diack. Demandez-lui !

 

La rédaction

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