Vingt-deux (22) mois à la tête du gouvernement. Vingt-deux mois. Et toujours une copie blanche.
Des reniements en cascade.
Les fonds politiques, hier qualifiés de « xaram », deviennent « halal », comestibles et digestes.
L’appel à candidatures, promis comme une rupture, n’aura jamais lieu. Les compétences apolitiques sont ainsi reléguées au second plan. Le poste de PCA devient un lot de consolation pour ceux qui se sont montrés les plus insolents dans la conquête du pouvoir.
La criminalisation de l’homosexualité, portée par une volonté populaire assumée, s’est dissoute dans une abjuration à l’hémicycle, ce sanctuaire de la République. Notre souverainiste en paille accuse l’opposition d’attendre la criminalisation pour le dénoncer au « Maître blanc » ! Ridicule !
L’abrogation de la loi d’amnistie ? Une promesse suspendue, chahutée pour être transformée en tabou. On ne saura pas ce qui s’est réellement passé lors de la « révolution du jacuzzi ».
La rationalisation des agences et directions qui se chevauchent, annoncée pour juin 2025 ? Une chimère de plus.
Le vacarme a remplacé la gouvernance.
La communication tient lieu de politique publique.
L’agitation fait office de vision.
Tel un boulet de démolition, le PM fracasse la crédibilité de nos finances publiques, au risque de tout fragiliser, dans l’unique objectif de rafler les législatives pour en faire un levier de pression politique. Pendant ce temps, l’économie ploie, à genoux, essoufflée par des décisions improvisées et des déclarations intempestives.
Plus de trente mille Sénégalais licenciés.
Sacrifiés sur l’autel d’un bétail politique affamé.
Au nom d’une utopie dangereuse : le « parti-État ».
Et la transparence, dans tout cela ?
Le rapport Forvis Mazars sur les finances publiques et la dette bancaire de l’État : invisible !
Le stock réel de la dette, vingt-deux mois après l’alternance : flou artistique.
Le rapport trimestriel d’exécution budgétaire : confiné dans les tiroirs.
La redevabilité ne se proclame pas. Elle se prouve.
Monsieur le Premier ministre, il ne suffit pas d’enrober des formules creuses dans le papier doré du populisme pour gouverner un pays.
Sun Tzu écrivait dans L’Art de la guerre :
« On ne livre bataille que lorsque la victoire est assurée. »
Encore faut-il maîtriser le terrain avant de déclarer la guerre.
Assane BA
Coordonnateur du Mouvement National des Jeunes de la RÉPUBLIQUE DES VALEURS (MONJER)
